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"Toujours en train de ruminer, joli coeur ?" | Scott S.



 

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 "Toujours en train de ruminer, joli coeur ?" | Scott S.

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MessageSujet: "Toujours en train de ruminer, joli coeur ?" | Scott S.   Lun 10 Jan - 21:17

      Carol - « Emma, est-ce que tu sais où est Scott ? »


    Emma haussa les sourcils. Sa forme astrale était en cet instant précis en tête à tête avec son amie Miss Marvel, en séance à la fois de rigolade et de sérieux. Quel plaisir de la revoir ! Elle devait avouer que cette version de son pouvoir n'était pas celle qu'elle préférait utiliser, après tout, elle ne se l'était découvert que récemment, et elle se devait d'apprendre à la gérer petit à petit, jour après jour. Et elle y arriverait. D'ailleurs, elle y était. Au départ, ses légers vertiges n'étaient pas rares lorsque deux Emma se retrouvaient dans l'Institut, aujourd'hui, même pour envoyer sa forme astrale de l'autre côté de New York et même à l'extérieur de New York, derrière les remparts et tout ce qui s'en suit, elle ne souffrait pas ou plutôt plus. Elle peinait à gérer une conversation là où son corps physique était, oui, mais elle restait consciente, en forme et sur le qui-vive, et elle savait que la suite viendrait rapidement compte tenu de tous ces déploiements de corps astral qui lui rendait tellement service pour pouvoir s'entretenir avec le reste de la Résistance. Bref, une nouvelle version de son pouvoir lui était désormais nécessaire, même si elle faisait qu'elle se retrouvait à écouter des choses tout à fait intéressantes, pour ne pas dire risibles au possible. Si elle savait où était Scott ? La forme astrale d'Emma eut un léger rire moqueur et s'assit avec une élégance affligeante aux côtés de son amie. Elle croisa les jambes devant elle.

      Emma - « Si je sais où est Summers ? C'est une blague ? Je ne suis pas sa mère à ce que je sache... Et il est de ton côté de la force, chez les X Men de chez toi.»


    Cette fois, ce fut Mademoiselle Denvers qui haussa les sourcils, avec un certain scepticisme. Guère difficile d'imaginer ce qui se passait dans sa jolie tête blonde: non, Emma n'était pas sa mère, mais sa chef curieuse et un tantinet écrasante au possible, elle mettait certes un point d'honneur à montrer son mépris pour lui, mais le Reine Blanche n'était pas suffisamment inconsciente pour ne pas s'intéresser à son cas. Et tout un chacun, surtout Carol, cette fille qui la connaissait si bien et qu'elle adorait tant, savait que mine de rien, mine de crayon, elle nourrissait une certaine affection pour Cyclope. Et même que cette question posée au sujet de Monsieur Parfait réveillait une certaine forme d'inquiétude. Légère, oui, mais présente. Il n'était pas un X Men comme les autres après tout, elle avait décortiqué sa psyché, ses souvenirs, ses sentiments presque pour aller jusqu'à le connaître par coeur et pour que leurs liens se resserrent. Ils avaient partagé de profonds sentiments, après tout. Des sentiments qui n'avaient pas résisté aux paroles de Dame Parfaite, mais de réels sentiments.

      Emma - « Et puis, il fait ce qu'il veut après tout ! »
      Carol - « Je suis inquiète, Emma, vraiment. Je crois qu'il ne va pas bien …»
      Emma - « Tu crois ? Je dirai même que c'est une certitude.»
      Carol - « Va le voir. On a besoin qu'il soit en forme. Va en parler avec lui: tu l'as déjà aidé par le passé, après tout. »


    La seule chose que répondit Emma fut un « peut-être que je lui parlerai », juste un moyen de mettre fin à cette conversation qui mine de rien la dérangeait. Oui, parce qu'il semblait que Carol ignorait ce qui était arrivé la dernière fois qu'Emma avait effectivement aidé Scott. Bon, évidemment qu'elle l'ignorait, la Reine Blanche n'avait jamais raconté à personne la vérité sur ses relations avec Scott Summers. Et lui n'allait sans doute rien dire non plus, leur relation n'aurait que pût faire tâche avec son air de boy-scoot. Mais Emma, elle, savait ce qui était arrivé, et il était impossible même d'imaginer qu'elle retenterait l'expérience. Que Miss Marvel en soit sûre: si Emma Frost allait voir Summers le pauvre petit allait plus en pâtir qu'autre chose. Elle ne lui ferait aucun cadeau, son orgueil étant dans tous les cas encore trop blessé pour qu'elle ne puisse faire autre chose que de lui casser sa joie. Bref, mieux valait qu'elle ne fasse rien. Quelques rires plus tard, et quelques informations capitales après, la Reine Blanche pris congé de son amie: peut-être que ça ne faisait que peu de temps qu'elle était là, mais elle commençait déjà à ressentir une certaine fatigue. Son corps astral était loin d'être sa forme favorite. Nécessaire, oui, mais en aucun cas elle ne se vanterait d'aimer en faire usage bien longtemps. Peut-être était-ce l'aveu d'un signe de faiblesse, mais elle s'en fichait: avec Carol, les choses étaient différentes elle-même était différente. Une dernière fois, son amie lui glissa quelques mots au sujet de Scott pour recevoir un regard assassin, et Emma disparu dans une légère lueur bleue.




    Emma Frost & Scott Summers



    "Je crois qu'il va mal", "Tu crois ? Je dirai même que c'est une certitude", "Je crois qu'il va mal", "Je crois qu'il va mal", "Je-crois-qu'il-va-mal", "Jecroisqu'ilvamal" ... Emma posa sa main sur son front en soupirant. Bon, il allait mal d'accord, elle commençait à l'avoir saisi, elle s'en doutait avant, Carol lui avait certifié, provoquant d'ailleurs un certain énervement alors est-ce que maintenant cette satanée voix pourrait sortir de sa tête ?! Ce serait tellement plus simple. Elle ne comptait pas aller le voir, Summers était depuis bien longtemps plus quelqu'un auquel elle avait envie de rendre le sourire. Déjà pour sa lâcheté vis-à-vis d'elle quelques années auparavent et puis pour des raisons un peu plus actuelles... Monsieur Parfait affichait, depuis la mort de sa chère et tendre Jean, aussi appelée madame Parfaite, une mine déprimante et un sale caractère chaque jour plus détestable. Avec son visage mal rasé, ses lèvres incapables de se tordre en un sourire et ses remarques cinglantes, Scott Summers était exactement le genre de type qu'Emma avait envie de frapper de toutes ses forces. Autant pour le désagréable de la situation que pour la raison du désagréable de la situation. Il pleurait sa femme. Il pleurait une fille un tantinet exigeante qui se prenait pour une sainte et qui s'était fait un plaisir de briser leur histoire à tous les deux. Bon, dans l'absolu, ce n'était pas dramatique, Emma s'en fichait. Ou en tous cas, elle se plaisait à dire qu'elle s'en fichait. Parce que réellement, elle-même était incapable de dire clairement ce qu'elle avait ressenti pour Summers, ou ce qu'elle ressentait encore pour lui. C'était comme si son coeur s'était recouvert de cette peau de diamant indestructible et impénétrable qu'elle aimait tant arborer.

      Emma - "C'est pas vrai ! Carol, tu me le paieras !"


    D'un geste nerveux, elle ramena ses cheveux en arrière et se leva. Si pour pouvoir fermer l'oeil et arrêter d'entendre ces mots se répéter sans fin il fallait qu'elle cherche à aider ce type, elle le ferait. Ca ne l'engageait pas à grand chose de toutes façons: comme elle l'avait dit à Carol, il était de son côté à elle de la barrière, sans doute que le seul moyen qu'elle aurait de lui parler serait par le plan astral, et elle ne s'en sentait pas capable en cet instant précis. Autrement dit, elle aurait fait son maximum sans rien faire, juste en allant voir avec sa machine adorée où il était. Oui, voilà qui lui plaisait bien. Comme toujours, des miliciens étaient présents à l'Institut, mais elle s'y était habituée. Ils circulaient, et bizarrement, ça ne la choquait plus. Ca l'agaçait, l'effrayait parfois lorsque ses élèves se prenaient pour des héros, ou pour les enfants qu'ils étaient simplement, mais ça ne la perturbait plus autant, c'était normal. Et ce même si elle espérait, savait même secrètement que ça ne durerait pas. Il y avait intérêt que ça ne durerait pas parce que le poste de jeune X Men au foyer fiable n'était pas pour elle. Même si elle s'y plaisait un peu quand même, dans cette Institut où elle était de nouveau la Reine et surtout investie d'une certaine mission de les protéger, ces gamins. Et apparement pas que ces gamins puisqu'elle se trouvait en train d'aller voir où se trouvait un de ses X Men adultes et fonctionnels pour l'aider, ou plutôt essayer de l'aider en essayant de mesurer ses paroles de manière à calmer mlle Denvers et cette ignoble voix dans sa tête qui soulignait son inquiétude pour ce type qui n'en valait pas la peine. Mais attention, hein ? Faut pas tout confondre: inquiétude ne rimait absolument pas avec ménagement, affection, ou quoi que ce soit du genre ! Emma Frost, elle l'avait décidé, détestait Scott Summers pour l'affront qu'il lui avait fait au nom de sa femme.

    Bon, où il était celui-là, maintenant ? C'était pas tout ça, mais il était tard désormais elle commencait à être fatiguée. Le casque de Cérébro posé délicatement sur sa chevelure blonde, elle eut soudain la mauvaise surprise de découvrir qu'il était de son côté des murailles, et pas, comme elle le pensait et comme elle en nourrissait l'espoir du côté de Carol. Devait-elle vraiment l'aider ? Dans son esprit, une voix lui hurlait que oui, que c'était son devoir de le faire parce qu'il le méritait. Une voix qui ferait bien de se taire, mais qui avait raison. Pour son plus grand malheur d'ailleurs. Qui mieux qu'elle pourrait l'aider ? S'il finissait en larmes, elle déclinerait toute responsabilité, et ce même s'il y avait de fortes chances pour que ses bonnes résolutions passent à l'as et qu'elle entreprenne de lui casser la figure ne serait-ce que verbalement. Cet émotif du dimanche était, si elle en croyait ce qu'elle voyait, ou sentait, elle ne savait pas bien en fait sur quel snes influait Cérébro, dans un bar. Ce type était surtout un fou furieux. Dans un bar à New-York en étant de la Résistance ... " Crétin". Ca lui avait échappé tandis qu'elle reposait le casque sur son socle avec beaucoup de respect. C'était bien le moment de se la jouer adepte des coups à boire dans l'ambiance enfumée qui était agréable à une équipe, mais qui aujourd'hui puait la Milice à plein nez. Summers allait entendre parler d'elle, le pauvre allait regretter de ne pas être à la place de sa chère et tendre !







      Emma - "Laisse passer la dame, tu veux, elle est pas connue pour sa patience"


    Le jeune milicien la regarda, gêné, intimidé par le regard qu'elle posait sur lui à l'entée du bar, un regard impérieux qui lui donnait presque envie de la laisser partir et de détaler sans demander son reste. Ou alors plutôt de l'inviter à boire un verre, et après détaler comme un lapin lorsqu'elle lui décocherait son regard assassin. Il leva vers son patron un regard désemparé tandis qu'Emma ne le lâchait pas. Chapitre un, ne jamais relâcher son attention, surtout quand un seul regard peut tout changer.Son esprit pourtant était ailleurs. Elle sondait, vérifiait que dernière fois qu'elle ne s'était pas trompée d'endroit. Summers était bien le dernier des idiots. Mais un adorable idiot. A l'époque au moins, lorsqu'il était encore monsieur parfait, le Dr. Mamour de l'Institut Xavier. Là, elle le qualifierait plutôt de Dr Nefario, moche et méchant. Agacée, elle se rapprocha dangereusement du jeune homme, comme l'ancienne Emma Frost qu'elle voyait disparaître chaque jour un peu plus aurait fait. Vous savez, la Emma Frost sans scrupule, sans âme, nourrissant seulement un désir d'écraser, soutirer, gagner ? Voilà, cette Emma là qui avait fait la peur de bien des personnes. Et bien ces derniers temps, elle avait tendance à retourner au placard, alors que sa seule envie était de ressortir au grand jour, comme pour lutter à armes égales avec les autres. Juste parce que notre demoiselle se sentait bridée à cause de son poste qui offrait tellement de libertés, mais qui en même temps la faisait réfléchir et penser aux autres, choses qu'elle n'avait encore jamais eu à faire ... Bref, elle se colla donc à lui, son nez frôlant sa joue, mais ses yeux aciers braqués dans celui du jeune mutant:

      Emma - "Crois-moi, Darlin', je te demande de me laisser passer uniquement parce que tu es trop mignon pour finir éclaté contre un mur ce soir, mais si tu ne m'aide pas, je vais devoir en arriver à cette extrémité. Ça ne te ferait pas plaisir, n'est-ce pas ?" Il secoua négativement la tête, soudain paniqué. Oui, elle était dangereuse, il ne pouvait que le voir. Suffisamment proche de lui pour lui faire perdre ses moyens, assez proche aussi pour que si d'aventure une lame quelconque se tenait sous son long manteau blanc, elle puisse le blesser grièvement. Si, il s'en doutait, de loin on pourrait penser qu'elle était une quelconque groupie en train d'essayer de le séduire, lui savait que la réalité était bien moins agréable, loin de là. Et elle s'en amusait à un point qu'il ne pouvait même pas imaginer. Il s'effaça pour la laisser entrée dans ce bar miteux et quasi-désert. "Je me disais aussi"


    Avachi sur le bar d'ébène, elle reconnu sans peine la haute stature et l'imposante silhouette de Scott. A deux ou trois types près, il était le seul client du bar. Avec elle qui venait d'entrer, cela allait de soi. Elle n'était même pas certaine que les autres étaient de vrais clients. Qui était assez fou pour venir boire un verre dans un endroit aussi sombre. Un regard autour d'elle, quelques types au sol, allongé, certains gémissant parfois. Outch ! Ça avait dû chauffer, elle aurait presque voulu être là pour voir ça. Mais l'état des lieux, ne lui en déplaise, rajouter à la pièce un côté morbide au possible. Elle se doutait bien que le responsable n'était pas un gars tombé du ciel, mais bien celui dont elle entendait les sombres pensées à plein nez. Pourquoi fallait-il toujours qu'il lui complique la tâche ? Bien malgré elle, un frisson lui traversa la colonne vertébrale. Elle en avait visité, des endroits peu fréquentés et surtout peu fréquentables, elle en était même fière et avait eu le mérite de faire partie de leur clientèle. Après tout, son passé n'était pas rose, une criminelle n'allait pas dans des bars luxueux. Encore que son cas était différent de celui des autres, ou alors une grande méchante n'allait pas au pays des télétubbies. Emma Frost avait roulé sa bosse un peu partout et dans tous types d'endroits. Mais là, elle se sentait à découvert, elle se sentait dévisagée dans un lieu où elle n'était non seulement pas la bienvenue, et où, en plus elle était l'ennemie. Pas seulement de ces miliciens qui la fixaient étrangement, suspicieux et avides. Non, elle craignait de ne pas être une alliée pour Scott en cet instant. Le sujet à aborder ne la pousserait pas à une quelconque douceur, ses réactions à lui la rempliraient sans doute d'une sacrée rage. La suite des évènements était pour le moins incertaine et c'était bien ce qui la dérangeait. Elle n'aimait pas l'incertitude. Elle aimait savoir où elle allait, ce qui d'ailleurs était bien souvent contradictoire avec son impulsivité, elle-même contradictoire avec son amour des plans faits en secret pour mieux frapper. Emma Frost était une femme étrange. Une femme différente.

      Barman - "J'vous sers quoi ?" Est-il véritablement besoin de préciser que ce barman était tout sauf agréable poli et courtois. Au contraire, il y mettait de la mauvaise grâce, mais Emma décida de faire comme si ne rien n'était. Elle lui répondit avec son habituelle froideur, mais ne fit aucune réflexion, il n'en valait pas la peine, elle était concentrée sur Scott qui avait levé ses yeux vers elle. Enfin, ses lunettes quoi.
      Emma - "Un bourbon" Pas de réponse, un regard à la fois mauvais et incrédule. Parce qu'en plus elle allait devoir se passer de sa boisson fétiche. Elle leva les yeux au ciel. Décidément, dans un bar de luxe était trop demandé pour Summers ! " Whisky" Enfin, elle se tourna vers celui qu'elle était venue voir. Pas rasé, elle aurait dû s'en douter. Il ne semblait pas heureux de la revoir. Étrange, non ? Elle sourit hypocritement et pris une voix qui se voulait enjouée. "Joli Coeur, quelle surprise de te trouver là ! Toujours en train de ruminer à ce que je vois. C'est mauvais pour l'estomac ..."

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MessageSujet: Re: "Toujours en train de ruminer, joli coeur ?" | Scott S.   Mar 11 Jan - 20:49





La capuche rabattue sur son visage, Scott fixait le bar délabré en face de lui.

Il n'avait pas envie de boire, il n'avait pas envie de se saouler ou tout du moins, pas pour le moment. De toute manière, un ou deux verres seraient largement suffisants, car depuis plusieurs jours, le taux d'alcool dans son sang ne devait pas aller en diminuant. Il avait l'air fier. Il se tenait droit, bien campé sur ses positions, les épaules jetées en arrière, le torse bombé et pourtant, pourtant quelque chose n'allait pas chez lui.
Il passa une main sur son visage. Ses traits étaient tirés, ses yeux fatigués, presque vitreux. Ses joues s'étaient creusées et une barbe de plusieurs semaines les parcourait. Il avait vraiment une sale gueule...et ce n'était rien comparé au reste de son corps. Orné de cicatrices, anciennes pour la plupart et assez récentes pour quelques une d'entre elles. Celles-ci, Scott les avait récoltés lorsqu'il s'était échappé de New-York, d'autres Mutants à ses trousses. Il avait passé un mauvais quart d'heure. Eux aussi...
A une certaine époque – il y a huit mois exactement...-, Scott n'aurait pas réagit de la même manière. En fait, tout aurait été différent. Sa manière d'agir principalement, même si son hygiène de vie n'avait jamais un été problème. Enfin bref. Il y a six mois, il se serait contenter de courir et d'emmener les miliciens le plus loin possible de l'Institut, dans le seul et unique but d'en protéger les résidents...parce qu'il en était le Directeur. Aujourd'hui, il avait simplement pensé à sa vie...avant de rapidement se rendre compte que rien ici, ne nécessitait sa présence. Il avait trop rapidement comprit que sa vie n'en valait plus la peine. Au moins, dans son désespoir, Scott avait commis quelques actes isolés contre la Milice, dans le simple et unique but de défier la mort. C'était un comportement immature et indigne de son poste. Un comportement minable, un comportement de faible...

Et faible, il l'était
Depuis six mois que Jean avait disparut, il n'arrivait toujours pas à s'en remettre. Scott n'arrivait pas à passer au-dessus de la présumée mort de sa femme. Évidement, Jean était loin d'être morte, mais pour Scott, elle l'était bel et bien. Chacune de ses nuits était hanté par le souvenir de Jean. Lorsqu'il fermait les yeux et qu'il sentait que le sommeil commençait à l'emporter, Scott avait peur. Parce qu'à chaque fois qu'il fermait les yeux, c'était pour voir le visage de Jean...et pour revivre sa mémoire. Cette nuit encore, il avait fait ce même cauchemar.
Elle était juste devant lui, à seulement quelques mètres, elle avançait vers lui et inversement, mais une force invisible semblait les vouloir les empêcher de se rejoindre. Le temps passait au ralentit lorsqu'il revivait cette instant. Puis Jean, le visage déformé par la douleur, s'écroulait dans les bras de Scott. Ce-dernier se laissait alors tomber à genoux et passait une main fébrile sur le front de la jeune femme, retirant les quelques mèches de cheveux couleur de feu qui s'y étaient collées. Elle était brûlante et en sueur, Scott s'en souvenait encore comme si la scène s'était déroulée la veille.
Ce qui avait été le plus étrange, ce que Jean semblait savoir ce qui était entrain de se passer, vu qu'elle ne paniquait pas réellement. Seule une lueur de désespoir dans son regard, indiquait qu'elle appréhendait cet instant. Et puis brusquement, après qu'elle lui ait murmuré quelques mots, son corps tout entier sembla s'embraser, sans que la moindre particule de chaleur vienne brûler les mains de Scott. Alors, Jean disparut...

A la suite de ce tragique événement, Scott était devenu quelqu'un d'autre, l'ombre de lui-même...peut-être même pire. Il avait changé du tout au tout et s'était retrouvé incapable de gérer l'Institut. Voilà pourquoi il s'était enfui. En fait, dans un très court moment de lucidité, il avait comprit que son état pourrait compromettre le bon fonctionnement de l'Institut -surtout en des temps aussi difficiles- et il était partit, pourchassé par des miliciens. Maintenant, une seule question subsistait : pourquoi revenir ?
Non, Scott n'avait absolument rien à se prouver, ou tout du moins, c'était ce qu'il pensait. S'il mettait à nouveau les pieds en ville c'était bien pour se prouver qu'il était encore en vie...et que celle-ci valait quelque chose. Et pour ça, Scott avait une idée bien précise en tête. Une idée qui était extrêmement dangereuse et qui lui aurait valu les foudres de beaucoup de personnes...dont Charles Xavier. Seulement, ce-dernier n'était plus là pour l'aider ou le guider, alors forcément Summers ne faisait pas les bons choix et ne savait plus réellement où il en était.
Scott laissa échapper un soupir qui en disait long sur sa condition à l'heure actuelle, puis, il traversa la rue et alla pousser la porte du bar.




« Hey ! Mais regardez qui voilà ! », s'écria l'un des miliciens, l'air enjoué, alors que la porte claquait derrière Summers. « Scott Summers ! Le mutant le plus inutile de cette putain de Terre ! », ajouta t'il en se levant de son siège, alors que les rires fusaient autour de lui.
Scott ne répondit pas à cette provocation et pourtant, c'était exactement ce qu'il avait espéré. Il avait besoin de se battre, de se sentir la douleur, pour prouver qu'il valait encore quelque chose...et qu'il était loin d'être inutile.

« Alors Summers, ça te fais quoi de savoir que Magneto s'en tape totalement de toi ? », renchérit un autre mutant, rejoignant son collègue par la même occasion, afin de faire face à Scott. « Tu sais, tu devrais profiter de ta chance vieux, y en a beaucoup qui voudraient pouvoir se trimballer sans avoir peur de se faire buter... », dit-il, donnant ainsi une explication à ce qu'avait dit le premier milicien.
Cette seconde remarque fit tiquer le trentenaire, mais ne le fit pas pour autant réagir. Il n'était pas réellement blessé parce qu'il venait d'apprendre...mais savoir qu'il n'intéressait même pas Magneto...lui faisait mal au cœur. Plus précisément, ce n'était pas cette nouvelle qui le vexait, mais la confirmation qu'il n'avait plus rien à apporter à cette guerre.

« Ouais... », commença un troisième alors qu'il rejoignait ses petits camarades, une aura étrange entourant ses mains. « On peut te trouver un appart' en ville si tu veux... », ajouta t'il, de nouveaux rires répondant à sa remarque. « Aller, casses-toi maintenant, t'as rien à foutre ici. Casses-toi avant qu'on ait envie de s'amuser avec toi ! », menaça t'il, un sourire mauvais faisant une lente apparition sur sur son visage.

Scott rejeta la capuche en arrière, laissant aux miliciens découvrir son visage torturé, fermé et pour le moins inquiétant. Il ne portait pas sa visière de combat, mais de simple lunettes en quartz-rubis, qui, jusqu'à maintenant, retenaient la dangereuse énergie qui bouillonnait derrière ses yeux.

« Je sens qu'après ce soir, ma côte de popularité va grimper en flèche », susurra t'il à l'adresse de ses futures adversaires. Et brusquement, tout ne fût plus que chaos.

Le premier milicien s'élança sur lui en hurlant des insanité, alors qu'une arme formée d'énergie pure était entrain d'apparaître entre ses mains. Son visage était pour le moment déformé par la colère et l'envie de voir Summers baigner dans son propre sang. Ce-dernier retira ses lunettes et balança une première rafale qui frappa le sol juste devant le mutant. Celui-ci trébucha et partit en avant. Une seconde rafale le heurta de plein fouet et cette fois, son corps fût propulsé en arrière dans un mouvement de rotation et, alors que sa tête allait faire connaissance avec la dureté du sol, une troisième et dernière rafale le percuta au niveau du plexus solaire. C'est ainsi que le premier mutant finit encastré, tête vers le bas, le corps encastré dans le mur du fond : K.O. Scott remit ses lunettes en place et fixa les deux autres miliciens qui n'avaient pas encore bougé. Une seule seconde venait de s'écouler.
Fou de rage, les deux autres s'élancèrent à leur tour. Prévoyant la menace, Scott pivota sur le côté et balança une rafale d'énergie qui alla rebondir contre le mur, avant de frapper le mutant le plus reculé. Alors qu'il était entrain de remettre ses lunettes en place, un violent coup de poing lui coupa le souffle, l'obligeant à faire un pas en arrière alors qu'un autre coup fit vibrer sa mâchoire. Le halo qui entourait les mains du mutant lui conférait une force prodigieuse, qui mettait à rude épreuve la résistance de Scott. Mais il n'était pas la pour se laisser battre. Après avoir encaissé plusieurs coups, il contre-attaqua. Poussant un cri de rage, il envoya un crochet du droit et sentit la mâchoire de son adversaire se déchausser. Enchaînant très rapidement, il l'attrapa par le col et lui envoya un coup de boule...très spécial. En fait, lorsque Scott envoya sa tête en arrière pour préparer le coup, ses lunettes remontèrent d'elles-même sur son front. Ensuite, alors qu'il s'apprêtait à percuter violemment le visage du mutant, il ouvrit les yeux et la rafale partie en même temps que son front heurtait le nez de l'autre...ce qui le plaqua au sol et, l'y enfonça de plusieurs centimètres.
Finalement, le dernier mutant -qui venait tout juste de se relever-, décrocha plusieurs couteaux à sa ceinture et les envoya, les uns à la suite des autres, en direction de Scott. Ce-dernier en esquiva deux, en contra trois autres avec ses rafales optiques et fût touché au niveau de l'épaule par le dernier. Emporté par le combat, Summers ne ressentit qu'un très léger pic de douleur...qui ne l'empêcha pas de se ruer sur le milicien, de le plaquer au sol et de le rouer de coups, comme s'il ne s'agissait que d'un vulgaire sac de sable. Une fois le visage de celui-ci suffisamment déformé, Scott s'arrêta, les mains rougies par le sang...

Quelques minutes plus tard, alors qu'Emma Frost pénétrait dans le bar, Summers était entrain de récupérer de ce précédent combat. Il avait vérifié la blessure à son bras et avait constaté avec soulagement que la lame n'avait fait que l'effleurer. Le vêtement et sa peau étaient déchirés, mais il n'y avait rien de grave à proprement parlé. Il avait commandé un whisky et, c'était servit d'une serviette pour en mettre un peu sur ses blessures ouvertes...afin de désinfecter plus rapidement les plaies.
Le regard qu'il avait jeté à Frost alors qu'elle venait d'entrer, ne laissait rien présager de bon. Ce n'était pas qu'il ne l'appréciait pas ou qu'il avait quelque chose contre elle, mais il n'avait que très moyennement apprécié le fait qu'elle ne cherche pas à entrer en contact avec lui. D'ailleurs, il ne lui porta que très peu d'intérêt, puisqu'il reporta rapidement son attention sur son verre, bientôt vide. Il fit un petit signe de la main au barman et, alors qu'il venait tout juste de servir Emma, celui-ci vint remplir le verre de Scott.

« Qu'est-ce qui t'amènes Emma, t'as des remords ? », demanda t'il sèchement, jouant franc-jeu avec elle...ce qui n'était pas réciproque pour le moment. C'était peut-être elle la télépathe, mais Summers voyait clair dans son petit jeu. Avec ce qui s'était passé entre eux, il la connaissait suffisamment pour savoir que là, à cet instant précis, elle était fausse.
« Non, dis rien », ajouta t'il suffisamment vite, pour qu'elle n'ait pas le temps de répondre à sa première remarque. « T'es pas ici de ton plein grès, c'est ça ? », questionna t'il en lui jetant un regard en coin, ses lunettes empêchant la jeune femme de deviner son regard. Mais de toute manière, elle n'avait pas besoin de ça. Elle avait juste à s'introduire dans sa tête pour savoir ce qu'il pensait...voilà pourquoi Scott ne passait pas par quatre chemins.
« Si t'es venue pour me faire la morale, tu peux partir maintenant... »


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MessageSujet: Re: "Toujours en train de ruminer, joli coeur ?" | Scott S.   Mer 12 Jan - 23:21

    Rêvait-elle ou il n'en avait vraiment rien à faire de sa présence ? Un regard en biais qu'elle imaginait mauvais malgré ses lunettes de quartz rouges. Il ne s'interessait désormais plus qu'à son verre, ou en tous cas à tout ce qui n'était pas elle. Elle l'avait repéré de loin, silhouette encapuchonnée et massive. Il était le seul à ne pas se tourner vers elle. Les autres la fixaient, ou l'observaient à la dérobée. Les autres, tous les autres, elle ne les laissait pas indifférent. Mais lui. Lui, même pas il ne l'avait regardée, que lui avait-elle fait ? Elle ne montra rien, elle avança, toujours avec ce même air décidé, cette démarche altière, assurée, puissante. Elle ne devait pas montrer que quoi que ce soit, notamment pas que lui et son indifférence la touchaient d'une quelconque manière. Et lorsqu'elle s'asseya à côté de lui, sur ce grand tabouret et qu'il ne broncha pas, sa colère ne pouvait que se multiplier. Une colère sourde. Une colère parce qu'elle n'avait pas l'habitude d'être invisible, d'être ignorée. Depuis sa naissance elle était habituée à être le centre du monde et là. Elle le détestait. Elle repéra sa blessure sur le bras. Si quelqu'un d'autre l'avait vu, sans aurait-il cherché à le soigner, le rassurer. Pas Emma. Emma lui jeta juste un regard dédaigneux, et dégoûté, commandant son whisky, lui lançant une pique avant de finalement serrer les dents. Une seule envie la prenait: appuyer de toutes ses forces sur cette plaie béante, juste pour le faire souffrir. Mais elle ne le ferait pas. Ce n'était pas assez classe pour elle, pas assez notable, pas assez fort. Il allait souffrir. Le pauvre n'aurait pût que préférer qu'elle ne vienne pas, s'aurait été bien plus agréable pour sa personne. En avait-il conscience ?

      Scott - « Qu'est-ce qui t'amène Emma, t'as des remords ? »


    Sa voix était sèche, très sèche, trop sèche. Et même si la Reine Blanche dont le plus beau masque était celui de la froideur ne laissa rien paraître, elle accusa le choc. Silencieusement. Encore une fois. Comment osait-il ? Comment osait-il lui demander ce qu'elle fichait là alors même que c'était lui, lui qui était parti, lui qui faisait n'importe quoi, lui qui l'avait forcée à ramener ses fesses parce que son état inquiétait les membres de la Résistance. Comment osait-il ?! Monsieur se croyait-il tout permis ? Pensait-il vraiment que parce qu'il venait d'amocher sérieusement trois miliciens il avait le droit et le pouvoir de se montrer aussi désagréable avec elle ? C'était elle qui avait le droit de criser et pas l'inverse. Elle n'avait rien fait. Ce n'était pas elle qui était responsable de la mort de sa femme, pas plus qu'elle n'était responsable de ce qu'il était devenu. N'en déplaise à Scott. Ce type incarnait l'exemple même de ce qui la rendait folle, et pas dans le bon sens du terme, croyez-moi. Lâche et lâcheur étant les qualités qu'elle lui prêtait le plus facilement. Emma, en cet instant précis le haïssait, le détestait. Sa seule envie étant de lui arracher cet air de loubard grincheux qui lui allait si mal et qui ne rimait pas à grand chose. Emma Frost avait le droit d'être désagréable. Non, elle en avait le devoir. Après tout, elle était la méchante de l'histoire, l'ex-méchante pour être exacte. L'ex-criminelle sarcastique et violente pour qui le meurtre ne représentait pas une fin en soi. Lui avait seulement pour rôle celui de l'archétype du gars parfait, alors il fallait qu'il arrête son numéro, ou elle risquait de ne pas être maîtresse de ses actes. De quel droit était-il si désagréable, et de quel droit se permettait-il de lui demander ce qu'elle faisait dans ce bar avec un tel dédain sans même prêter attention à elle ?

    Pour être totalement honnête, elle-même ignorait ce qu'elle faisait là. Enfin, non, elle savait plus ou moins que l'inquiétude était communicative et que son amie qui sans doute l'avait héritée des autres lui avait ensuite transmise. Mais il n'empêche qu'elle avait du mal à comprendre comment elle avait pût se décider à venir pour ça, pour lui dont la seule idée était de se montrer désagréable envers elle. Elle n'aurait pas dût, elle aurait mieux fait de s'abstenir. S'inquiéter pour les autres n'était pas dans son habitude, elle aurait dût continuer comme ça. S'aurait été bien plus pratique. Si elle était venue, ce n'était qu'à cause de cette affection qu'elle avait pour lui malgré toute la rancoeur qui l'étreignait lorsqu'elle le voyait et même lorsqu'elle ne le voyait pas. Si elle était venue, c'était parce que l'état de Scott était décisif pour l'état de la Résistance et des X Men, même si ça la tuait même de le dire ou de le penser. Et puis d'ailleurs, qu'est-ce que ça voulait dire, des "remords" ? En quel honneur devrait-elle avoir des remords ? Elle n'avait rien fait, et de toutes façons ne se sentait responsable de rien, comme toujours. Emma Frost n'avouait jamais ses tords, et n'avait jamais tord. C'était quelque chose d'impossible pour elle. Elle était parfaite, tout ce qu'elle faisait été parfait, .. Elle ne connaissait simplement pas les mots regrets ou remords. Elle faisait ce qui lui plaisait toujours, elle faisait ce qu'elle voulait et rien que ça et à ce titre elle n'avait pas de regrets. Quant au mal qu'elle pouvait provoquer, elle n'en ressentait pas de remord. Elle était prête à tout pour arriver à ses fins, ou pour se faire plaisir. Son égoïsme prenait alors le deçu. Si elle doit faire mal alors elle fera mal.

    Alors comment pouvait-il lui parler de remord ? Non, elle n'éprouvait aucun remord, de rien du tout. Et puis d'abord quels remords devraient-elles avoir vis-à-vis de Scott ? C'était lui qui l'avait laissée ! Non, qui lui avait dit qu'ils ne pouvaient pas continuer compte-tenu du fait que sa femme avait dit que ... Bref, elle, elle n'avait rien à se reprocher, elle n'était pas sa mère et n'avait pas pressé la détente contre Jean, si elle osait dire. Sa curiosité attisée, Mlle Frost ne put s'empêcher de lire les pensées du jeune mutant. Ca faisait longtemps qu'elle n'avait pas lu les esprits de Summers, qu'elle ne les avait pas fouillé et décortiqué. Cette fois, elle n'eut pas besoin de chercher bien longtemps, mais ce fut quand même un réel ... délice. Oui, un réel délice, c'était bien le mot. Ainsi il lui en voulait parce qu'elle l'avait laissé ?! Non mais, c'était quoi cette histoire de fou ! Scott Summers était définitivement barge, un gars à problème par excellence. A moins que ce ne soit l'alcool qui lui fasse penser cela ? Mais non, elle avait bien clairement l'impression qu'alcool ou pas - d'autant qu'il n'avait pas encore but de trop - il ressentait ce sentiment d'abandon. Et elle, elle ne pouvait s'empêcher de trouver cela puérir et déplacé: il ne voulait pas non plus qu'elle lui mette un noeud et une laisse et qu'elle le suive sept jours sur sept vingt quatre heures sur vingt quatre tout ça parce qu'il avait des problèmes de coeur ! Non, mais il ... D'ailleurs, elle ne pût retenir une expression à la fois abassourdie et mauvaise. Oui elle était surprise, mais elle trouvait cela d'un pathétique terrible qu'elle ne pouvait s'empêcher de le lui montrer. Sa moue avait tout pour être vexante, elle le savait, elle s'en fichait, c'était Summers. Il l'avait bien plus blessée. Elle ouvrit la bouche pour lui répondre sur le même ton que lui, une once de méchanceté en plus, mais il pris la parole rapidement, trop rapidement pour qu'elle puisse parler.


      Scott - « Non, dis rien. T'es pas ici de ton plein grès, c'est ça ? »
      Emma - « T'es sérieux, Summers, tu crois vraiment que quelqu'un pourrait me pousser à venir, moi ? Tu frôles le pathétique. D'ailleurs, tu l'as toujours frôlé et tu marches en plein dedans: regarde-toi, même pas capable de te remettre sur pieds tout seul, en train d'espérer qu'un tiers, moi pour le coup, viendrai te soutenir à bout de bras parce que ta femme, ta précieuse femme parfaite est morte.» Elle ne criait pas. Emma avait cette fâcheuse capacité, celle de pouvoir dire les pires choses du monde sans hurler, sans crier, sans montrer de signe de colère. Elle avait cette capacité de briser des gens, des coeurs sans pour autant présenter aucun signe normal de rage. Elle était froide, impassible. Même le cas de sa colère contre Scott était semblable aux autres, malgré qu'elle était plus proche de son coeur que n'importe quelle autre. « Tu crois quoi ? Que partir, boire, et te battre va changer quoi que ce soit ? Ridicule, Scott ! ... »
      Scott - « Si t'es venue pour me faire la morale, tu peux partir maintenant... »

    C'était une blague ?! Une blague, ça ne pouvait être que ça, on ne pouvait pas en étant sérieux, ou saint d'esprit, dire à Emma Frost de partir, ou l'empêcher de nous faire la morale. C'était impossible, tout bonnement impossible. La Reine Blanche faisait ce qu'elle désirait, rien d'autre, rien de plus. Elle était libre de faire ce qu'elle désirait. Elle pouvait si elle le souhaite lui faire la morale comme elle le désirait. Un sourire mauvais s'afficha sur ses lèvres carminées. Un de ses sourires spéciaux, synonymes du fait qu'elle avait fini de jouer. On ne pouvait garantir qu'elle allait être franche: Scott avait raison, elle n'était pas franche avec lui. En fait, elle était franche avec peu de monde. Mais ce sourire avait déjà provoqué bien des frissons chez énormément de monde. Elle ne pouvait garantir d'avoir revu ceux qui avaient vu ce sourire. Certains n'avaient pas survécus parce qu'elle n'était pas un petit ange innocent, d'autres n'avaient plus voulu croiser son chemin. Dans tous les cas, ce sourire d'un blanc éclatant ressemblait plus à un rictus mauvais qu'à quoi que ce soit d'autre. Tranquillement, elle but une gorgée de son whisky, se délectant du silence pesant, inquiétant qui s'installait. Sa posture changea aussi. Elle se redressa, toujours plus, droite, ses yeux à hauteur de ceux de Scott qu'elle ne pouvait malheureusement voir, plus encore vu comment il s'arrangeait pour qu'elle n'y voit plus rien ce qui l'agaçait prodigieusement. Ses jambes fines et infinies se croisèrent tandis qu'elle reposait son verre, passant sur son contour de sa longue main. Cette ambiance commençait à lui plaire, peut-être parce que c'était sa réponse qui était attendue ? Peut-être parce que c'était elle qui rendait la situation angoissante ? Elle ne savait pas.

      Emma - «Que je parte ? » Elle éclata d'un rire, un faux rire. Oui, elle était fausse envers lui. Non, elle ne jouait toujours pas franc-jeu. Ses mots étaient vrais, elle pensait vraiment qu'il était pathétique, et tout ce qu'elle lui avait dit, ou tout ce qu'elle lui dirait. Mais voilà tout. Son rire était clair, comme s'il était rempli de joie, d'un véritable bien-être, d'une réelle tranquillité, un de ces rires que l'on ne voit que dans les films, un de ces rires qui réchauffe le coeur. Sauf lorsque c'est Emma Frost qui rit parce que lorsque c'est Emma Frost qui rit ainsi, on sait que c'est faux, on sait qu'en réalité ce n'est qu'un moyen de préparer le terrain pour enfoncer le clou. «Tu as mangé un clown ? Je ne partirai pas, pas plus que je cesserai de te faire la morale, Summers. Tu as décidé d'être le dernier des imbéciles qui a besoin d'une maman derrière toi pour te tenir la main. Tout ce que tu gagnes, c'est que tu inquiètes les autres. Tout ce que tu exhibes c'est ton égoïsme. Qu'est-ce que tu attends, Joli Coeur ? Tu crois qu'elle va revenir pendant que tu prendras des risques inconsidérés, c'est ça ? Elle est morte, Summers. Morte tu entends, elle est capout, finie, ailleurs, dans l'au-delà, comme tu veux. Morte.»


    Le son de sa voix s'était fait plus élevé, son rythme s'était accéléré tandis qu'elle insistait sur ces derniers mots, tous synonymes du même. La mort. C'était fini, autant qu'il se fasse une raison. Mlle Parfaite avait disparu alors autant qu'il arrête de prendre quatorze mille risques. Qu'il arrête de mettre la Résistance et surtout les X Men en danger. A mesure qu'elle parlait, qu'elle essayait de lui faire comprendre les choses, de lui faire entendre raison avec la colère qui la gagnait, elle faisait apparaître dans l'esprit de Scott les dernières images de la vie de sa femme, elle lui laissait écouter encore et encore, inlassablement ses paroles, son dernier souffle, tout ce qu'elle avait vu, omniprésent dans l'esprit de Cyclope, en plus fort. Elle insistait. Difficile à dire même pour elle à quel moment elle avait abandonné la prise de conscience. Elle ne savait plus bien quel était le but de cela. Sans doute avait-il déjà compris avec toutes ses images qui le hantaient, que sa femme était morte, et elle ne prenait pas plaisir à diffuser ces images. Non, ce n'était qu'une vengeance. Une vengeance dans laquelle elle s'était perdue.
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MessageSujet: Re: "Toujours en train de ruminer, joli coeur ?" | Scott S.   Ven 14 Jan - 22:14

Cette petite mise en jambe lui avait fait un bien fou et pourtant, il se sentait toujours aussi vide...comme s'il n'était pas assez rassasié. Il lui manquait encore quelque chose. Le combat l'avait aidé à se focaliser uniquement sur sa survie et sur rien d'autre. Il avait pût se concentrer sur les coups qu'il portait, sur les rafales optiques qu'il tentait tant bien que mal de maîtriser et croyez le ou non, c'était loin d'être évident. Même pour lui, Scott Summers, directeur de l'Institut Xavier depuis un petit bout de temps. Même s'il avait fournit des efforts considérable pour garder la main mise sur son pouvoir, même s'il s'était principalement concentré dessus, Scott s'était quand même régalé.
Il avait apprécié le fait de sentir ses poings heurter la chaire de ses ennemis, tout comme il avait apprécié sentir les os se briser sous ses doigts. Il avait adoré même, parce que d'une certaine façon, toute cette violence lui avait permit de se vider l'esprit...et de l'oublier.
Au début du combat, Jean hantait encore ses pensées et, il avait presque dû imaginer que ses poings frappaient la Mort en personne. Comme si cette vision avait pût être libératrice. Puis, lorsqu'il avait fait usage de son rayon, il s'était sentit beaucoup mieux. Quelque chose avait lâché en lui et, toutes ses sombres pensées s'étaient évanouies. Cette façon de se battre, de frapper et d'encaisser les coups, l'avait pour le moins marquer et, alors qu'il rejoignait le comptoir du bar, il se sentait encore euphorique...comme s'il éprouvait soudainement une sorte d'avidité, de faim vis-à-vis de la violence.

« Sors de ce bar ... », avait menacé le patron, alors qu'il semblait à Scott que par endroit, la peau de l'homme commençait à fumer...voir même à fondre. Summers avait alors relevé les yeux et, il avait fixé l'autre avec un sourire sans joie, un sourire qui ne laissait rien présager de bon.

« Pas avec moi », répliqua sèchement Scott en désignant vaguement les épaules fumantes du barman. « Ou alors, tu aimerais peut-être que je te raconte l'histoire tragique du barman mutant et de ses acolytes ? », demanda t'il, menaçant à souhait, tranchant comme il n'avait pas l'habitude de l'être...aussi froid que Frost en personne.
« Donnes-moi un torchon...et un whisky. Tu peux laisser la bouteille », dit-il alors que l'autre redevenait parfaitement normal et se détournait de Summers afin de le servir.

Froid comme Frost ? L'expression était extrêmement puisque justement, la trentenaire venait de faire son apparition dans le bar. Scott ne s'attendait pas du tout à la voir ici, mais lorsqu'il la vit entrer, c'était comme s'il était au courant. Comme s'il avait prévu un certain timing, qu'il avait procédé à un décompte et qu'il savait qu'elle pousserait la porte à ce moment précis. Il ne lui avait donc jeté qu'un très bref regard et même si le Monde qu'il voyait à travers ses lunettes de quartz était marqué de nuances de rouge, ce regard avait été suffisamment long pour lui permettre de détailler Emma.
Absolument sublime, était la première chose qui lui était passée par l'esprit...avant que cela ne soit remplacé par quelques jurons. Bref. Frost paraissait toujours extrêmement fier d'elle, sereine et Ô combien supérieure. Elle avait une démarche on ne peut plus assuré et une façon de se tenir droite qui la rendait diablement sévère...sexy même. Tout comme cette robe qu'elle portait...d'ailleurs, c'était la seule à porter ce genre de robe. En fait, Scott n'avait jamais sût s'il s'agissait de robe ou de morceaux de tissus placés stratégiquement sur son corps. En attendant, elle portait ces vêtements avec une élégance hors du commun qui la plaçait bien au-dessus d'un probable lot.
En tout point, Emma était absolument sublime. Parfaite sous tous les angles, désirable à un point qu'il était difficile d'imaginer. Elle n'était pas la femme parfaite, mais son corps, la manière qu'elle avait d'agir faisait d'elle un fantasme vivant. Lorsqu'elle était entrée, Scott n'avait pas croisé son regard, mais il l'avait sentit peser sur lui. Un regard franc, fort et dérangeant. Néanmoins, ce soir, ce regard n'avait pas encore le moindre effet sur lui et pourtant, il devait se douter que ça ne durerait peut-être pas bien longtemps. Personne ne résistait à la Reine Blanche, pas même Scott Summers.

Il ne fit probablement pas le meilleur choix en l'accueillant aussi froidement, parce qu'elle allait prendre cette manière de l'ignorer et de lui parler comme une sorte de provocation...à laquelle elle se ferait une joie de répondre. Mais c'était de loin le cadet des soucis de Summers, il se foutait royalement dont Emma allait interpréter ses paroles. Ce soir -et les autres soirs- il était dans un espèce de spirale infernale qui le forçait à s'autodétruire et à détruire tout ce qui l'entourait. Il ne ressentait pas forcément de faire le mal autour de lui, c'était juste sa manière de voir les choses qui avait subtilement changée et ainsi, forcément, il ne faisait pas les meilleurs choix. Mais là, il était en face d'Emma Frost, alors il devait s'attendre à ce qu'il y ait des représailles et celles-ci le ferraient souffrir, parce qu'elle trouvait toujours les mots justes. Lorsque la Reine Blanche parlait, ses mots étaient des pics à glace.
Brusquement, il cessa de penser à ce verre de whisky et tout ce qu'il lui rappelait. Il venait de sentir quelque chose de froid immiscer dans sa tête...dans ses pensées. Ce n'était pas une sensation désagréable. La première fois que quelqu'un cherchait à les lire les pensées d'une autre personne, l'appréhension rendait le processus difficile et parfois même douloureux, Scott en avait été témoins. Après, il s'agissait d'une sorte d'habitude, d'un procédé commun qui ne posait aucun soucis aux télépathes de haut niveau...comme Frost par exemple. Les barrières mentales de Summers étaient loin d'être puissantes et impénétrable, surtout en cette période de doute et surtout pour Emma. Pas étonnant qu'elle se soit invitée aussi rapidement dans ses pensées les plus intimes. Scott essaya d'ignorer cette présence, se concentrant uniquement sur les paroles de la jeune femme.

« T'es sérieux, Summers, tu crois vraiment que quelqu'un pourrait me pousser à venir, moi ? Tu frôles le pathétique. D'ailleurs, tu l'as toujours frôlé et tu marches en plein dedans: regarde-toi, même pas capable de te remettre sur pieds tout seul, en train d'espérer qu'un tiers, moi pour le coup, viendrai te soutenir à bout de bras parce que ta femme, ta précieuse femme parfaite est morte. » Et tout ça sans hausser le ton. Elle avait prononcé ses mots à la manière Frost. Elle n'avait jamais élevé le ton de sa voix, elle était restée extrêmement calme et froide...et c'était pour ça que ses vérités étaient toujours plus dures à entendre. Lorsque Scott l'entendait lui parler ainsi, il avait l'impression qu'elle le faisait avec suffisance et joie...
« Tu crois quoi ? Que partir, boire, et te battre va changer quoi que ce soit ? Ridicule, Scott ! ... » ajouta t'elle par la suite, sur le même ton que précédemment...et c'est la que la colère de Scott commença à se faire entendre.

Sur l'instant, visiblement trop blessé parce qu'il venait d'entendre, il ne dit pas le moindre mot, se contentant simplement de boire une gorgée supplémentaire d'alcool. Emma venait de lui faire mal, très mal même et le pire dans tout ça, c'était qu'elle devait en avoir conscience. Elle devait être fier d'elle, parce que tout ces mots, même s'il s'agissait d'une vérité censé faire réagir Scott, c'était surtout une petite vengeance. Les prémices d'une vendetta qu'elle allait mener avec brio.
Sans tourner la tête, Scott lui jeta un regard coin et repéra bien trop rapidement le sourire qui ornait ses lèvres. Il connaissait ce sourire. Cela signifiait clairement que personne ne pouvait se permettre de donner des ordres à Emma Frost, sans que des représailles ne suivent. Ce qu'elle venait de dire, ce n'était pas des représailles, mais presque une déclaration de guerre. Seulement, Summers savait parfaitement qu'elle avait raison et qu'elle ne faisait que lui raconter la réalité. Il était devenu l'ombre de lui-même et nourrissait des espoirs qui n'avaient pas lieu d'être. Sauf qu'elle avait prononcé ça avec ce mot, ce qui rendait la chose plus difficile à entendre.

« Arrêtes tout de suite Emma » , coupa Scott, sans pour autant que cette phrase ne soit perçu comme une menace.
« Tu sais parfaitement où ça nous mène, alors arrêtes toi maintenant » , dit-il en tournant la tête sur le côté afin de la fixer brièvement. Summers ne la suppliait pas, il n'avait juste pas envie d'entendre son discours et sa morale. Il avait seulement besoin qu'elle sorte de ce bar et qu'elle le laisse seul. Il savait aussi que si elle continuait sur ce ton, la situation ne tarderait pas à dégénérer.

« Que je parte ? Tu as mangé un clown ? Je ne partirai pas, pas plus que je cesserai de te faire la morale, Summers. Tu as décidé d'être le dernier des imbéciles qui a besoin d'une maman derrière toi pour te tenir la main. Tout ce que tu gagnes, c'est que tu inquiètes les autres. Tout ce que tu exhibes c'est ton égoïsme. Qu'est-ce que tu attends, Joli Cœur ? Tu crois qu'elle va revenir pendant que tu prendras des risques inconsidérés, c'est ça ? Elle est morte, Summers. Morte tu entends, elle est kaput, finie, ailleurs, dans l'au-delà, comme tu veux. Morte. » S'il n'y avait eu que ces douloureuses paroles, Scott aurait certainement essayé de contenir la colère sourde qui était entrain de gronder au fond de lui...mais ce n'était pas tout.

Non, pour Emma les mots ne suffisaient pas. Au-lieu de se contenter de ses simples paroles, elle ajouta à cela des images de Jean alors que celle-ci était encore dans les bras de Scott. Des images terriblement douloureuses qui étaient sur le point de faire exploser Summers. Il savait pourtant qu'elle était capable de beaucoup de choses pour montrer et prouver que personne ne pouvait être plus fort que la Reine Blanche; mais Scott n'aurait jamais osé penser qu'un jour elle oserait aller aussi loin...et encore moins, qu'elle oserait le faire à lui. Toutes ces images étaient entrain de le faire souffrir et d'agrandir la plaie qui s'était rouverte après la mort de Jean. Comment Emma pouvait oser lui faire revivre une telle chose ?

« SORS DE MA TÊTE FROST !! » , s'écria t'il en se redressant brutalement, renversant le tabouret sur lequel il était assit.
« SORS DE MA TÊTE BORDEL !! SORS FROST !! ARRÊTE CA ! » , hurla Summers...alors que sa main droite était entrain de se refermer sur fragile cou d'Emma et qu'il venait inconsciemment de la plaquer violemment contre le comptoir. Son visage était déformé par la rage et le pire dans tout ça, c'était qu'Emma pouvait déceler de la folie dans le regard de Scott.
« Arrêtes... » , murmura t'il finalement, dans un sanglot à la limite de la rage et du désespoir, avant de finalement desserrer sa prise sur son cou.

Soudainement, Scott prit conscience de ce qu'il venait de faire et, il se demandait si un tel acte pouvait être justifié. Parce qu'il n'avait pas réagit avec l'énergie du désespoir, mais avec la rage et la haine. Il avait saisit le cou de Frost dans le but de la faire sortir de sa tête, dans le but de la faire souffrir autant qu'elle était entrain de le faire souffrir. Soit elle se rendait compte de ce qu'elle faisait et elle totalement inconsciente, soit elle ne s'en rendait pas compte et alors, la réaction de Summers lui prouverait que cette fois-ci, elle avait dépassé les limites.
Il recula d'un pas afin de laisser Emma reprendre position et, son regard descendit naturellement sur sa main droite. Comment avait-il pût oser, ne serait-ce qu'un seul instant, penser tuer Emma ? Il ne rêvait pas, cette idée lui avait bien traversé l'esprit...Pour le coup, Summers était entrain de prendre conscience de ce qu'il était devenu et de la manière dont il traitait les gens qui l'entouraient.

« Pardon...pardon, excuses-moi... » , marmonna t'il, le regard toujours rivé sur cette main qui aurait pût provoqué quelques dégâts de plus. « Je sais que tu m'en veux, pour ce que je t'ai dis, pour ce que je fais... et pour ce qui s'est passé » , reprit lentement Scott, faisait évidement allusion à leur aventure mentale. « Mais par pitié Emma, ne refais plus jamais ça » , demanda t'il en relevant les yeux afin de la fixer et de lui faire comprendre que cette fois, elle avait vraiment été trop loin.
« J'ai des torts » , reconnu Scott après avoir remit le tabouret sur ses pieds et s'être assit dessus, « mais j'crois que tu comprends pas à quel point s'est difficile de savoir Jean morte... » , continua t'il, espérant presque qu'elle comprendrait...même s'il savait qu'il était entrain de se confier à Emma Frost.
« Je te connais Emma » , reprit-il après un court instant de silence, sa voix ayant retrouvée de sa dureté. « Je sais ce que tu penses de tout ça et je sais aussi que ça te fais bien rire, que ça te dégoûte » , ajouta Scott, son regard toujours rivé au sien. « Si c'est le cas, et ça l'est, alors vas-y Frost, craches ton venin et casses toi. J'ai pas besoin de l'aide des personnes comme toi » .
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MessageSujet: Re: "Toujours en train de ruminer, joli coeur ?" | Scott S.   Sam 15 Jan - 1:42

    Le bien-être en faisant du mal ? Emma connaissait. Ce n'était pas la souffrance en face qui faisait du bien - quoi que - mais l'impression de pouvoir se libérer d'un poids. En fait, c'était pour elle l'impression - et pas que - de se libérer de ses problèmes. A la manière de ceux qui partent courir lorsqu'ils sont angoissés, nerveux, tristes ou en colère, Emma Frost se plaisait à attaquer, à prendre le taureau par les cornes, même si elle ne s’attaquait pas au bon taureau. Elle déversait ses problèmes sur les autres, elle crachait son venin pour se faire du bien. Enfin, ça c'était avant. Elle ne le faisait plus vraiment depuis quelques temps. Ou en tous cas moins, et moins fortement. De machine de guerre, de tueuse sans état d'âme, de serpent sans scrupule, elle avait fini par ne rester qu'une demoiselle à la langue bien acérée. Certes, elle se plaisait encore à voir l'angoisse dans les yeux de ceux qu'elle croisait, de les voir pâlir brusquement lorsqu'elle leur parlait, ou de les voir fondre en larmes lorsqu'elle avait enfin cessé de dire toutes ses horreurs. Non, elle n'était pas tendre. On ne faisait pas d'un Rottweiler puissant et redoutable un caniche joueur et peureux. Non, elle n'avait pas changé, elle était toujours dangereuse, mais elle avait dût cesser de montrer les crocs, un temps au moins. Et ne lui en déplaise, elle savait que cette soirée, ce temps avec Cyclope dans ce bar miteux et dangereux risquait de faire ressortir de son trou la vraie Emma Frost, la Reine Blanche par excellence, celle qui se refusait à courber l'échine ou à s'avouer vaincue. Celle qui avait déjà maintes fois tué de sang froid, celle dont la violence restait légendaire et même posait encore des problèmes, celle qu'il ne fallait jamais négliger ou laisser de côté. Celle qui en quelques secondes pouvait devenir le pire cauchemar de quiconque. Du reste, elle ne s'en cachait pas.

    Et Summers avait intérêt à faire attention. Très attention. Parce qu'avec cette nouvelle impression d'être invincible, ou ce sentiment que rie de pire ne lui arriverait parce qu'il avait perdu sa femme, il marchait un peu trop près des limites qu'Emma Frost était en mesure de cautionner. Indifférence passait encore, difficilement oui, mais passait encore. Le reste risquait de ne pas passer. Le simple fait d'avoir eu à venir, de mettre de côté son orgueil le temps de quelques heures, de se heurter à ce mur la rendait folle de rage. Scott Summers, même avec cette barbe de trois jours, cette mâchoire carrée que tous feraient bien de lui envier, malgré toutes ses qualités physiques indéniables qui le rendait incroyablement sexy aux yeux d'Emma ferait bien de se faire petit. Non, elle ne nierait pas qu'elle ne restait pas insensible à sa haute stature, à ce nouvel air sombre et dangereux qui lui allait si bien et qui plaisait tant à Emma, mais cela ne le sauverait pas. Parce qu'elle savait faire des concessions, parce qu'elle avait une armée de princes charmants, de mannequins, de bad boy qui devaient penser à elle. Si lui s'amusait à lui rester indifférent malgré son entrée fracassante, malgré cette robe qu'elle chérissait tant et qui rendait fous bien des individus de sexe masculin, malgré son regard dur et perçant qu'elle avait posé sur lui et qui en général faisait se sentir gênée la personne en face, grand bien lui fasse. Qu'il ne s'attende pas à ce qu'elle en reste-là. Pour l'orgueilleuse et susceptible Reine Blanche tout était un déclaration de guerre.

    Non, le terme n'était pas exagéré. Pas pour Emma en tous cas. Tout pouvait prendre des dimensions exagérées avec elle, et à ses yeux, entre indifférence totale et envoi d'une bombe à son domicile, il n'y avait qu'un pas. C'est un peu pour ça, outre sa curiosité implacable face aux paroles du mutant, qu'elle entreprit de lire ses pensées. Pour comprendre ce qu'il entendait par remords, et en même temps ce qu'il avait en tête, pourquoi elle lui était totalement indifférente. Elle ne s'attendait pas à ce qu'il lui saute dans les bras. Oh non. S'il faisait ça, il s'exposerait aux risques d'une gifle monumentale qui aurait pour but de lui remettre les idées en place. Elle n'était pas - plus - son amie depuis un petit moment maintenant. Ils étaient alliés. Voilà tout. Il était pour elle un allié qui avait du soucis à se faire dès lors qu'un ennemi ne les menaçait pas parce qu'il n'avait pas eu pour elle - à ses yeux eu moins - le respect qui lui était dût. La psychologie d'Emma était particulière, oui, dotée à la fois d'orgueil et d'esprit de vengeance, mais Scott avait une chance qu'il ne mesurait pas. Sans se méfier forcément d'elle, il ne dormait déjà pas sur ses deux oreilles. Elle était dangereuse. Il l'avait compris. Elle sentait dans son esprit que petit à petit il prenait conscience de ce qu'il venait de lui balancer, de ce qu'il avait dit, de ce qui allait suivre. Après tout, ils se connaissaient bien tous les deux. Il savait qu'elle ne faisait pas dans la dentelle. Et voir le cheminement dans son esprit, voir l'image qu'il avait d'elle représentait un réel délice. Oh oui, il la connaissait. Il reconnaissait le sourire. Pour l'avoir déjà vu. Pas toujours envers lui. Elle savait combien les X Men avaient douté de son calme, de sa patience, de sa loyauté à cause de lui. Parce qu'il n'était pas en accord avec ce qu'ils voulaient tous. Il représentait le danger, ils représentaient la paix envers tous. Et aujourd'hui pourtant, il pouvait sauver des fesses.


      Scott -« Arrêtes tout de suite Emma. Tu sais parfaitement où ça nous mène, alors arrêtes toi maintenant »


    Ce n'était pas une menace, mais quelqu'un de normal aurait pût se sentir menacé. Aurait dût se sentir menacé. Pas Emma. Elle ne craignait pas Scott, comme elle ne craignait personne d'ailleurs. La peur n'était pas pour elle, mais pour les autres. Ce n'était pas du courage, même si elle aimait penser cela. Ce n'était que de l'orgueil, une confiance en soi démesurée, de l'impulsivité aussi parfois. Ce n'était pas de la bravoure. Et dans ce cas-là, il avait raison. C'était une vendetta, une vengeance personnelle qui faisait que peur ou pas peur, elle ne reculerait pas. Elle était emportée, transportée par les représailles qu'elle se devait de lui prodiguer. Elle avait un sale caractère, était rancunière et ne doutait pas d'elle. Tout cela ne pouvait que faire qu'elle lui ferait payer sa lâcheté envers elle, ou ce qu'elle voyait comme de la lâcheté. Il voulait qu'elle le laisse ? Savait-il à quel point le simple fait de savoir qu'elle le rendait fou, qu'elle avait le pouvoir de déclencher chez lui une souffrance et une colère noire par des simples mots était jouissif ? Apparemment non. C'était bien dommage, sinon, il aurait compris qu'elle ne lâcherait pas le morceau. Elle qui était si têtue ne pouvait simplement pas s'en aller sans avoir eu une vengeance totale. Parce que oui, il l'avait fait souffrir. Son orgueil en avait pris un coup, mais pas seulement, et ça, elle ne l'avouera jamais. Mais les faits étaient là, et il allait souffrir par sa faute, comme elle avait souffert par la sienne.

    Ce qui avait commencé comme une visite - pas de courtoisie mais presque - dont le but était de prendre des nouvelles, de lui faire admettre la vérité comme une amie l'aurait fait , était devenue une vengeance, un tourbillon dans lequel Emma se retrouvait bloquée, dans lequel elle prenait un monstrueux plaisir à le rendre fou. Le "soutien" [parce que même à la base ça n'en était pas vraiment un] de l'amie était devenu la vengeance de l'ex-maîtresse bafouée. Elle n'y arrivait plus, elle ne parvenait plus à s'en extirper. Mais le voulait-elle ? Non, ce n'était pas ce qu'elle voulait. La succession d'images qu'elle lui affligea après les paroles qu'elle lui avait dites en étaient la preuve. Elle n'avait pas lésiné sur les moyens, et même, elle n'en était pas resté au stade de la conversation. Après la bande-annonce, la voilà qui passait au film, et plus précisément à la scène finale. Ce qui hantait les cauchemars de Scott Summers en amplifié. Son ancien elle revenait. Oui, elle osait le faire, elle avait même fait pire. La lecture des esprits était bien infime par rapport à tout ce qu'elle pouvait faire, et surtout à tout ce que sa conscience laissait faire. Elle n'en avait pas, de conscience. En tous cas, ce devait être l'impression qu'elle donnait. Elle ne ressentait pas de pitié, elle respirait la fierté. Fierté de la faire défait, démuni face à ces visions. Il ne pensait pas qu'elle lui ferait à lui ? Elle le faisait parce que c'était lui. La situation en était drôle. Pensait-il vraiment qu'elle faisait de lui un être intouchable, sur un piédestal ? Non, si c'était le cas, il se trompait lourdement.


      Scott - « SORS DE MA TÊTE FROST !! »
      Emma - "Ça ne te dérangeait pas avant, que j'y sois dans ta tête, Summers".


    Elle était froide, elle était fière, elle le défiait. Son corps entier le défiait. Son regard perçant hurlait, sa posture séductrice et sexy au possible le défiait aussi, lui rappelant le passé. Parce que oui, Emma parlait de cette période du passé où Scott, le mari parfait, trompait sa femme. Peut-être n'aurait-elle pas dût jouer ainsi ? Des mains se refermèrent sur sa gorge fine tandis qu'il laissait éclater sa colère. Ses reins heurtèrent violemment le comptoir tandis que la douleur la prenait. Sa gorge serrée, son dos violenté. Elle prit peur. Pour la première fois depuis un temps qui lui semblait infini, la Reine Blanche eut peur. Une de ces peurs contrôlables qu'à son grand malheur elle laissa voir. Pas longtemps, quelques millièmes de secondes, trop pour elle. Quelques millièmes de secondes durant lesquels elle put sentir ses mains commencer à se durcir, signe chez elle qu'elle revêtait sa peau de diamant. Le bouclier le plus parfait, l'arme contre laquelle il ne fallait pas se frotter. Le problème ? Elle ne voulait pas changer de forme. Ce n'était qu'un geste inconscient que la peur faisait venir chez elle. Son instinct de protection. Elle se devait de se calmer, elle ne devait pas montrer de faiblesse. Pas devant lui, pas devant la milice. Devant personne en fait. Compte tenu de la situation en était-ce vraiment un ? Elle ne savait pas. Mais elle devait se calmer. Sa peur était ridicule. Il ne lui ferait rien, pas plus. Non, il était fou, elle le savait rien qu'en entendant ses pensées décousues, les images de son esprit soulignant le fait qu'il ne se rendait même pas compte de ce qu'il faisait. Mais il ne ferait rien.

    Elle ne savait pas ce qui lui faisait dire ça, mais instantanément cela la calma. Et elle sentit la douleur, enfin. La peur lui avait laissé place. Son regard redevint dur, froid et insondable tandis qu'elle observait son agresseur. Mâchoires serrées, veines des tempes saillantes. Elle l'avait rendu furieux. Elle le savait. N'était-ce pas son but de base ? L'air lui manquait déjà. Ses mains, redevenues normales vinrent se poser sur celles de Scott pour essayer de desserrer ses doigts sur sa gorge. Plus question de Reine
    .

      Emma - "Summers, ça suffit ! Arrêtes-ça, tout de suite." Bon, sa voix n'était pas aussi audible et aussi forte qu'à l'accoutumée. Même la voix n'existait pas, et c'est bien ce qui la rendait malade. Ce n'était qu'un chuchotement douloureux, qu'elle trouva ridicule même si étrangement il ne perdait rien de son autorité et de sa froideur. Elle aurait pût, dût réagir autrement. Une violente attaque psychique, un violent coup donné par du diamant qui lui aurait fait s'écraser contre le mur avec violence. Mais elle ne l'avait pas fait. Parce qu'ils n'étaient pas la Reine et le Cyclope en cet instant, ils étaient Emma et Scott, deux humains égaux qui se faisaient souffrir. Les mains se desserrèrent, et elle porta les siennes au même endroit douloureux à souhait, comme pour protéger sa gorge d'une nouvelle attaque, ou comme pour s'assurer qu'elle était libre de respirer. Elle repris son souffle. "Plus jamais, Summers"


    Le souffle n'était pas encore revenu à la normale. Ses mains blanches n'avaient pas bougé de sa peau qu'elle imaginait encore rouge pour très peu de temps, celle-ci marquant très peu. Elle était chancelante, elle le sentait. Dès lors qu'il s'était éloigné d'elle, qu'il avait cessé de la maintenir par son étranglement, il lui avait fallu se retenir au comptoir pour ne pas tomber. Ses jambes ne la tenaient plus. Du regard, elle balaya la salle. Les trois Miliciens les fixaient, tous les deux. Ils attendaient. Devant eux, deux X Men, et pas des moindres se battaient. Le doux et gentil Scott Summers venait d'attaquer sa co-équipière après avoir abîmé des leurs, et la Reine Blanche, si forte habituellement était affaiblie, prête à se laisser glisser le long du comptoir. Mais elle ne le fit pas. Tout en elle la poussait à revêtir sa peau de diamant pour être au mieux, mais elle ne devait pas le faire, ne le voulait pas. Elle se devait d'avoir l'esprit et les sentiments au clair. Le regard qu'elle leur lança, lui, n'avait toutefois rien de faible. Il était dangereux. Oui, elle était abîmée, oui, elle ne venait pas e montrer l'image d'elle la plus flatteuse, mais elle restait la Reine Blanche. Et ils le sentirent. Ils se ratatinèrent. S'ils ne savaient pas ce qu'il se passait, ils savaient au moins qu'ils feraient moins de se faire discrets.

      Scott - « Pardon...pardon, excuses-moi... Je sais que tu m'en veux, pour ce que je t'ai dis, pour ce que je fais... et pour ce qui s'est passé»
      Emma - "Non, tu crois ? Tu crois vraiment que je t'en veux ? Tu l'as deviné tout seul ? Félicitions Sherlock, vraiment." Elle soupira. il s'installait sur son tabouret, elle fit de même. Elle en avait besoin. Vraiment besoin. Elle ne savait pas si elle avait besoin de savoir parce qu'il s'excusait ou parce qu'il venait de la priver de son oxygène. Elle attrapa son verre qu'elle but, tranquillement. Le whisky lui brûla la gorge. Mais là encore, elle en avait besoin. . "Oui, je t'en veux, Summers. je crois que tu n'imagines même pas à quel point. Tu m'as larguée, si on peut appeler ça larguer, pas parce que je ne te plaisais pas, pas parce que tu avais du remords, mais parce que ta femme t'as sifflé. Tu m'as larguée parce que tu as voulu jouer le bon chien-chien à sa maman. C'est pathétique, Scott. C'est ridicule, pathétique et pitoyable. Tout comme tu l'es à cet instant." Elle marqua une pause, le temps d'attraper la bouteille que le barman avait laissé à Scott et se resservir un verre qu'elle but à moitié. Ce n'était pas dans ses habitudes, mais il lui fallait se donner une certaine contenance. Alors elle agitait les mains, elle se donnait un air assuré alors qu'en réalité elle était en train de jouer frac-jeu envers celui contre lequel elle ne voulait pas jouer à dire la vérité. "Tu croyais me faire taire avec des mains serrées sur mon cou ? Manque de bol Summers, j'ai de la ressource. Et je ne tiens pas à t'épargner pour une histoire de deuil ou je-ne-sais-quoi d'autre?"
      Scott - « Par pitié Emma, ne refais plus jamais ça » En général, elle lui aurait répondu avec son sarcasme habituel, mais pas cette fois. Cette fois, elle le laissa faire, elle attendit. Il lui semblait que le temps était à la confidence, et elle le laissa faire malgré son envie de clore tout cela et de lui dire sa façon de penser.« Mais j'crois que tu comprends pas à quel point s'est difficile de savoir Jean morte... Je te connais Emma. Je sais ce que tu penses de tout ça et je sais aussi que ça te fais bien rire, que ça te dégoûte. Si c'est le cas, et ça l'est, alors vas-y Frost, craches ton venin et casses toi. J'ai pas besoin de l'aide des personnes comme toi »
      Emma - "Tu crois quoi, Summers ? Que je vais me casser comme tu dis parce que tu me le demandes ? Alors il faut croire que tu me connais mal. Que tu ne me connais pas même. Mais tu as raison. Ça me fais bien rire. Pas qu'elle soit morte. C'est bien triste pour tout le monde, Miss Parfaite a retrouvé le paradis, paix à son âme" Elle n'avait pût retenir ces derniers mots, mais Emma ne serait pas Emma sans son habituel humour noir. "Ce qui me fais bien rire, c'est ton état. Tu es là à te la jouer bad boy, dangereux, fier et violent, alors qu'en réalité tu es un chihuahua apeuré qui se fait peur seul lorsque le personnage prend le pas sur l'acteur. Regarde-toi: je t'ai agacé, je t'ai torturé, tu n'as pas été capable de me tuer. Et ce qui me dégoûte, c'est ton hypocrisie. Tu me dis fausse, tu dis que je ne joues pas franc-jeu avec toi. Aurais-tu oublié qu'il n'y a pas si longtemps, cette femme que tu pleures avec ces larmes de crocodiles salées et pathétiques, tu la trompais ? Pas eu besoin de forcer, pas eu besoin de te tenter, pas eu besoin de te séduire. Aucune résistance. Alors excuse-moi, mais je pense que j'ai des raisons d'être dégoûtée et de rire." Elle marqua une pause, sans quitter le regard de Scott du sien. Personne n'aurait pût penser qu'il l'avait effrayée quelques minutes auparavant tant elle se sentait forte à ses côtés. Elle était fière, elle ne mâchait pas ses mots. Chacun d'eux avait pour seul but de lui faire mal. Ou de lui montrer le pathétique de la situation. "Et non, je ne vais pas partir. Ta présence m'est tellement agréable et affectueuse, Summers."La dernière pique lancée sur sa tendresse, parfaite allusion à la violence dont il avait fait preuve, elle lui offrit un sourire magnifique, hautin au possible. On ne faisait pas Echec et Mat à la Reine Blanche, il l'apprenait à ses dépend.


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MessageSujet: Re: "Toujours en train de ruminer, joli coeur ?" | Scott S.   Mar 18 Jan - 19:38

Scott savait qu'il avait tort d'être aussi égoïste, mais il n'y pouvait rien. C'était un ressentit qui était beaucoup plus fort et il ne semblait pas pouvoir aller contre. Il avait la curieuse que chacun de ses actes était dicté, qu'il n'avait pas son mot à dire...que quelqu'un d'autre contrôlait son corps. Parfois, il lui arrivait d'avoir la sensation de se réveiller dans un endroit alors qu'il ne se souvenait pas y avoir été. Personne ne contrôlait son corps, il n'était la marionnette d'aucun mutant -mis à part Emma- et restait maître de lui-même.
Sauf que son subconscient devait lui jouer des tours. Il était tellement perturbé, dérangé et anéantit parce qu'il avait vécu il y a de ça plusieurs mois, qu'il se demandait parfois s'il était éveillé ou s'il était en plein cauchemar. Parfois même, il n'arrivait plus à faire la différence entre la réalité et le monde des songes. Il semblait totalement déconnecté du monde, une sorte de fantôme qui voguait ça et là sans objectif réel. La journée, il pensait souvent à Jean...mais ce n'était pas volontaire. Certaines choses l'entourant lui rappelaient sa femme, des images s'imposaient aussi à lui. Et puis la nuit, ce n'était pas rare qu'il se réveille en sursaut après avoir vécut encore et encore la mort de Jean.
Elle lui avait murmuré de vivre, mais il n'y parvenait pas. Scott était complètement dépassé par les événements et par sa propre condition même. Il n'arrivait pas à se faire à ses nouvelles responsabilités, il n'arrivait pas à tourner la page et à apprendre à vivre avec.
Quelque chose le bloquait, mais il ne savait pas quoi. Peut-être était-ce toute cette colère et ce profond mal être qu'il avait enfoui au fond de lui.

Cette colère lui faisait peur. Il la redoutait comme il n'avait jamais redouté personne. En combat, il pouvait forcer un ennemi à faire les mauvais choix, à aller dans telle ou telle direction, il pouvait même contenir une armée toute entière en relâchant la totalité de l'énergie derrière ses yeux. Il était capable de beaucoup de choses, la moindre de ses paroles pouvait fédérer des centaines d'hommes ou de mutants. Le moindre de ses gestes pouvait calmer, apaiser n'importe qui ou presque. Scott était un leader hors pair, un meneur d'homme comme il en existait si peu.
Et pourtant, en cet instant, il avait peur d'une chose qui n'était pas réelle, qu'il ne pouvait pas toucher, qu'il ne pouvait frapper. Il fallait qu'il affronte ce nouvel ennemi avec sa force mentale...et vu son état actuel, c'était un combat qu'il était sûr de perdre.
Seulement, il ressentait un infime besoin de s'en sortir. Il avait beau se complaire dans sa solitude et dans sa déchéance, il n'en éprouvait pas moins l'envie de sortir la tête de l'eau, de bomber le torse et de faire face. Mais ce sentiment était si minuscule comparé à la peur de cette colère qu'il s'en trouvait trop rapidement vaincu.

Lorsqu'il avait sentit cette colère commencer à gronder, il avait tenté de prendre les devants et de prévenir Emma. Il avait essayé de lui faire comprendre que si elle continuait avec de tels mots, elle finirait par rencontrer quelque chose qu'elle n'aimerait pas du tout. Il lui avait dit pourtant. Ils savaient l'un comme l'autre où même cette discussion les guiderait. Scott s'était fait prévenant, mais peut-être que ses avertissements n'avaient pas été assez percutants. Et forcement, alors que l'orgueil de Frost la poussait à envoyer des images terribles à l'esprit de Scott, celui-ci réagit.
Il explosa littéralement et dans un cri de rage absolument effrayant, il saisit le cou d'Emma avec une puissance non retenue, la fit décoller de son tabouret et envoya son dos heurter le comptoir avec une violence inouïe. L'étau que formaient les doigts de Scott sur le coup d'Emma, se resserra tout doucement, comme s'il prenait plaisir à la faire souffrir, à l'asphyxier. Son visage était déformé par une rage qui ne l'avait jamais habité et le pire, ce fût lorsqu'il croisa le regard de Frost. L'espace d'une demi-seconde, il lut de la peur dans ses yeux. Elle, Emma Frost, la glaciale Reine Blanche avait peur de lui et, cette vision procura un plaisir immense à Scott.
A cet instant, il avait la vie d'Emma entre ses mains et pourtant, malgré la détermination lisible sur son visage, ses yeux montraient clairement qu'une lutte sans merci se jouait à l'intérieur même de son esprit. Il se battait contre sa propre fureur, cette rage déversée contre lui-même, parce qu'il n'avait jamais eut les moyens de sauver Jean. Cette colère existait uniquement parce qu'il n'avait pas pût sauver Jean.

« Summers, ça suffit ! Arrêtes-ça, tout de suite. », susurra t'elle d'une voix rauque, déformée par la pression exercée sur son cou. Ce n'est pas l'ordre en lui-même qui fit que l'étau se défit. Le déclencheur fût la voix de Emma. Elle qui était d'habitude si provocante, si sûr d'elle, si impérieuse...en était rendu à un point ou elle dépendait de quelqu'un. Ses mains étaient venues se poser sur celle de Scott et enfin, alors qu'il croisait une nouvelle fois son regard froid, il comprit ce qui était entrain de se passer.
« Plus jamais, Summers », ajouta t'elle alors qu'il venait de se détourner d'elle, le regard fixer sur ses propres mains. Scott était entrain d'avoir une sorte de révélation quant à ce qu'il était entrain de faire depuis plusieurs mois. En s'autodétruisant, il n'était pas le seul à se condamner. Il tenta tant bien que mal de s'excuser, comprenant aussi pourquoi elle était aussi dure avec lui. Mais les mots lui échappaient et il n'arrivait pas à trouver les formules justes. Et quand bien même il aurait mit le doigt dessus, la vengeance d'Emma serait restée la même.

« Non, tu crois ? Tu crois vraiment que je t'en veux ? Tu l'as deviné tout seul ? Félicitions Sherlock, vraiment. Oui, je t'en veux, Summers. je crois que tu n'imagines même pas à quel point. Tu m'as larguée, si on peut appeler ça larguer, pas parce que je ne te plaisais pas, pas parce que tu avais du remords, mais parce que ta femme t'as sifflé. Tu m'as larguée parce que tu as voulu jouer le bon chien-chien à sa maman. C'est pathétique, Scott. C'est ridicule, pathétique et pitoyable.
Tout comme tu l'es à cet instant. Tu croyais me faire taire avec des mains serrées sur mon cou ? Manque de bol Summers, j'ai de la ressource. Et je ne tiens pas à t'épargner pour une histoire de deuil ou je-ne-sais-quoi d'autre ? »
, dit-elle avec cet aire supérieur qui lui allait si bien. Elle se servit du whisky et en but une gorgée, comme si cela pouvait lui donner une certaine contenance.

Emma n'avait jamais digéré ce qui s'était passé entre eux il y a de ça quelques années. Cette histoire de relation mentale lui était restée en travers de la gorge et il était fort possible que depuis ce jour, elle rumine sa vengeance. Quelque part, Scott ne pouvait pas lui en vouloir parce qu'elle n'avait pas forcément tort d'agir ainsi seulement, il s'était peut-être attendu à un comportement un peu plus mature. Mais elle avait dû réellement souffrir pour en arriver à ce point aujourd'hui...elle avait vraiment dû l'aimer.
Cette relation mentale était censée être une thérapie à la base. Emma devait aider Scott à vivre avec les souvenirs d'Apocalypse, celui-ci ayant fusionné avec lui lors d'un fabuleux combat. Au départ, il ne se passait strictement rien entre Emma et lui et, il n'aurait jamais rien dû se passer si Jean avait jouer son rôle. Au lieu d'aider son mari, elle le laissa se débrouiller...ce qu'il ne pouvait pas faire face à l'afflux de souvenirs d'Apocalypse. Alors, il se rapprocha un peu plus d'Emma, obtenant l'affection qu'il n'avait pas avec sa femme avec elle.
Physiquement, ils ne s'approchèrent jamais et ne s'effleurèrent même pas. Mentalement, c'était autre chose. Il existait entre eux une sorte de connexion extrêmement forte, créée par un partage de souvenirs massif. Difficile de décrire une telle relation, mais il ne fallait pas non plus mettre tout sur le dos de Scott. S'il avait succombé au charme d'Emma ce n'était pas pour rien et lui aussi, il l'avait aimé. Peut-être mieux, peut-être plus fort que n'importe quel autre homme l'aurait fait et ce, grâce à leur relation si particulière.

« Tu voudrais que je me relève, mais tu m'enfonces avec ta vengeance », répondit-il alors qu'il venait de reprendre place prêt d'elle et qu'il semblait avoir digéré ce qu'il venait de faire. « Je ne t'ai jamais abandonné Em'...tu aurais dû me laisser du temps, juste un peu plus de temps... », expliqua Scott, son regard maintenant rivé à son verre à moitié vide. « J'aimais Jean, mais avec toi...tu le sais Em', c'était différent...Je t'ai aimé différemment, je...je n'avais jamais ressentit quelque chose d'aussi fort, d'aussi puissant, juste...juste avec un lien mental », continua Scott, réellement franc alors qu'il se doutait que Frost n'avait que faire de ses explications et ressentis. Il marqua alors une pause, jeta un coup d'oeil à Emma -toujours accoudée au comptoir- visiblement entrain de récupérer du précédent incident et revint à son verre, dont il bût une gorgée.

« Tu crois quoi, Summers ? Que je vais me casser comme tu dis parce que tu me le demandes ? Alors il faut croire que tu me connais mal. Que tu ne me connais pas même. Mais tu as raison. Ça me fais bien rire. Pas qu'elle soit morte. C'est bien triste pour tout le monde, Miss Parfaite a retrouvé le paradis, paix à son âme. », reprit-elle, profitant certainement du fait que Scott s'était tut pour remuer un peu plus le couteau dans la plaie.

Alors, encore une fois, il sentit cette même colère bouillonner au fond de lui et, eut un mal fou à la contenir. Sa mâchoire se crispa, il tiqua et ferma doucement les yeux, tête baissée. Comme le disait si bien l'expression, Scott était entrain de ravaler sa colère. Il se contenait avec une difficulté hors du commun et vu de l'extérieur, il faisait probablement peine à voir.
De son côté, il avait l'impression de lutter contre quelque chose qui voulait absolument prendre possession de son corps et, il sentait que s'il laissait sa colère le contrôler, il ferait des dégâts, beaucoup de dégâts...et même d'autres choses qu'il ne serait certainement pas capable d'assumer. Finalement, il rouvrit les yeux et reporta son attention sur les mots d'Emma.

« Ce qui me fais bien rire, c'est ton état. Tu es là à te la jouer bad boy, dangereux, fier et violent, alors qu'en réalité tu es un chihuahua apeuré qui se fait peur seul lorsque le personnage prend le pas sur l'acteur. Regarde-toi: je t'ai agacé, je t'ai torturé, tu n'as pas été capable de me tuer. Et ce qui me dégoûte, c'est ton hypocrisie. Tu me dis fausse, tu dis que je ne joues pas franc-jeu avec toi. Aurais-tu oublié qu'il n'y a pas si longtemps, cette femme que tu pleures avec ces larmes de crocodiles salées et pathétiques, tu la trompais ? Pas eu besoin de forcer, pas eu besoin de te tenter, pas eu besoin de te séduire. Aucune résistance. Alors excuse-moi, mais je pense que j'ai des raisons d'être dégoûtée et de rire. Et non, je ne vais pas partir. Ta présence m'est tellement agréable et affectueuse, Summers. », acheva Emma, comme si elle venait de porter le coup de grâce, alors que finalement, elle venait de réveiller un peu plus l'animosité de Scott envers elle.

« Parce que pour toi c'était un jeu alors ? Tu parles de ça comme si...comme si tu t'étais amusée avec moi ! Je suis venu vers toi, Emma, parce que j'avais entièrement confiance en toi. Ça n'a jamais été une question de séduction ! C'est beaucoup plus compliqué que ça...c'était beaucoup plus compliqué que ça », corrigea Scott, à présent tourné sur le côté afin de faire face à la jeune femme.
« Tu ne te demandes même pas ce que ça m'a coûté de partir avec Jean, tu n'en as pas la moindre idée. Tu vois pas plus loin que le bout de ton nez Frost...Toi, tu t'es peut-être foutue de ma gueule et maintenant j'en suis même certain, mais figures-toi que je t'aimais vraiment et...et ce n'était pas que des sentiments, c'était...c'était plus compliqué ! », continua Scott sur un ton qui laissait clairement entendre qu'il avait été blessé par les dernières remarques d'Emma. Sa voix était parfois chevrotante, parfois hésitante, parfois brisée.
« Tu ne peux pas te permettre de me torturer juste parce que ça te fais du bien, je ne suis pas ton jouet Emma...Tu ne peux pas faire ça, parce que tu es incapable de te mettre à ma place. Tu ne sais pas ce que je ressens...Est-ce que tu as déjà aimé quelqu'un ? », demanda t'il, plongeant à nouveau son regard dans celui de la jeune femme...maudissant intérieurement ses lunettes, parce qu'elles empêchaient Emma de voir ses yeux. « J'ai eu tort de partir, mais...qu'est-ce que tu as fait pour me retenir ? Rien...Parce que la Reine Blanche n'éprouve pas de sentiments ! La Reine Blanche n'a PAS DE COEUR ! », termina Scott, haussant bien involontairement la voix alors qu'il terminait sa phrase.
« Tu veux que je t'expliques Em' ? », demanda Scott, pivotant totalement cette fois afin d'être complètement face à elle. « Lis dans mes pensées, vas-y, fais toi plaisir ! », dit-il, se remémorant alors la période de leur relation mentale afin qu'elle sache, qu'elle se fasse une idée de ce qu'il pouvait ressentir à l'heure actuelle.

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"Toujours en train de ruminer, joli coeur ?" | Scott S.

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