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 A Dustland Fairytale [PV Pepper]

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Anthony E. Stark
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MessageSujet: A Dustland Fairytale [PV Pepper]   Mar 26 Jan - 23:44




A dustland fairytale



No Cinderella don't you go to sleep
It's such a bitter form of refuge
Oh don't you know the kingdom's under siege ?
And everybody needs you



« Et ça te fait rire ? » « Excuse-moi. » Je ris encore, incapable de m'en empêcher, d'empêcher ce cynisme récurrent teinté d'un âpre désespoir de se manifester. Happy était furieux mais il se contenait, je le connaissais par coeur. Il était furieux parce que depuis deux jours déjà les informations relataient en boucle le naufrage boursier de la Roxxon Corporation, totalement inattendu, suite à une action financière hostile de la part de Stark Industries. Il était revenu de ses vacances post-guerre Skrulls exprès suite à cette annonce, cumulée à celle du départ de Pepper pour Seattle. Il était revenu pour me faire la morale, autant que pour s'assurer préventivement que je n'allais pas faire de bêtises comme j'en avais si souvent fait par le passé lorsque des événements émotionnellement mauvais venaient me frapper. Pour le coup, j'avais provoqué les deux moi-même, tout seul comme un grand garçon, d'où mon rire peu enclin à se calmer. Je dérivais. Je le savais. Je perdais pied lentement mais sûrement, perdant la notion des réalités. Une emprise que j'avais toujours eu du mal à garder du fait de mon intellect, de mon instabilité affective, et du pouvoir et de l'argent que j'avais toujours eu à portée de main. « Tu te sens mieux peut-être ? Dis-moi, ça t'a changé quelque chose ? » s'énerva-t-il de plus belle. Je levai les bras pour mieux les laisser retomber contre mes flancs. Que voulait-il que je lui dise. Que j'étais content de m'être vengé du meurtrier de mes parents ? Il pensait qu'il s'agissait de cela. Mais si je riais jaune, et si au fond, derrière mon air de sale gosse ayant accompli sa petite vengeance personnelle, j'avais envie de fondre en larmes, ce n'était pas pour ce qu'il croyait.



DEUX JOURS AUPARAVANT

They say that time is a healer
and now my wounds are not the same
I rang that bell with my heart in my mouth
I had to hear what he'd say


Je refermai la porte dans un "clic" significatif. Par des gestes lents et calmes, à l'inverse de ce qui bouillonnait dans mon esprit, je tournai la clef ainsi que le second verrou de sécurité. J'avais un certain temps devant moi avant que les agents de sécurité privés ne trouvent un moyen de convaincre la police d'intervenir. Ce n'était pas un risque que beaucoup d'agents voudraient prendre pour autant de bonnes raisons liées à mon nom, synonyme de pouvoir et de respect, qu'à mon alter-égo d'acier virtuellement invincible, surtout pour de simples forces de l'ordre. De toute façon, comment convaincre qui que ce soit que Iron Man allait commettre un quelconque acte réellement répréhensible ? J'étais du bon côté. Mes déboires avec la justice se limitaient à mes frasques de milliardaire excentrique et mes excès de vitesse dans mes voitures de course. Et je ne parlais même pas du respect plus grand encore qui m'enveloppait en tant que Vengeur et récent sauveur de l'Humanité, comme tout héros ayant aidé à la reconquête de la Terre. Non. Définitivement, leur combat était perdu d'avance, quand bien même essaieraient-ils à terme de rameuter tous les gorilles de tout le Manoir. Je serais seul avec lui. De toute façon, quelque chose me disait qu'il ne chercherait pas longtemps à me faire expulser.



« Finalement, ils ont eu pitié de toi. » La voix était encore vigoureuse malgré la toux violente qui s'en suivit. Pour un vieil homme en phase terminale, Hugh Jones semblait avoir encore de la ressource, ne fusse-t-elle guidée que par sa fierté de grand homme d'affaires véreux, craint et respecté. Me retournant, je fis quelques pas autour du grand lit en bois sur lequel il était allongé. Mains dans les poches, je pris mon temps pour observer les multiples machines médicales qui bipaient paisiblement, raccordées à son organisme mourant.

« Je n'ai pas peur de toi. Tu n'es pas un assassin. Tu n'as pas ce qu'il faut pour ça, » ricana le vieil homme avant de prendre quelques bouffées d'oxygène dans le masque qu'il tenait en main. « Non, effectivement. Je laisse le meurtre aux lâches dans votre genre, » répondis-je en allant chercher la chaise posée devant la baie vitrée. Je pris le temps de regarder le paysage à travers celle-ci, celui de l'immense parc verdoyant appartenant à cette propriété isolée et destiné à conférer au malade un soupçon de beauté à voir dans ses dernières semaines. Il n'était pas compliqué d'imaginer les dimanches sous le soleil, en famille, avec des amis, à jouer quelques parties de polo sur de somptueux cheveux hors de prix. Je n'y avais aucun mal à le faire, car le style de vie de la famille Jones était identique à toutes les familles riches et huppées de ce genre, y compris la mienne. Les photos de mon père, jeune, en tenue dominicale décontractée et chic à la fois, chemise blanche à col ouvert, lunettes de soleil, jouant au polo dans le jardin bordant le Manoir, à l'époque où le terrain autour était encore conséquent, étaient légion dans les coffres de souvenirs que je gardais verrouillés au fin fond du sous-sol du bâtiment désormais arpenté par les Vengeurs. Les hommes, allant du frère de mon père Edward à son meilleur ami Obadiah en passant par tous les riches du voisinage, jouaient, joutaient, et les femmes, véritable cour autour de ma mère, bavardaient sur les transats alentours. Cocktail et vie dorée. Un monde à part que celui de la haute société, avec ses codes et ses règles, autant qu'il y avait d'absence de règles d'ailleurs.

« Pourquoi tu es là alors ? » m'agressa-t-il, sur le ton de celui qui n'a pas de temps à accorder à des broutilles. Alors que le temps lui était certes compté, mais paradoxalement, il n'avait que ça à faire. Je devinais qu'il se sentait intouchable dans sa situation. Un mourant n'avait plus grand chose à craindre. Mais un mourant incapable de se déplacer devait forcément s'ennuyer. J'étais persuadé que ma présence ici l'enthousiasmait. Je devais représenter un nouveau jouet à torturer pour passer l'après-midi.
« Je veux tout savoir, » déclarai-je en posant enfin la chaise à son chevet. J'y pris place, remettant correctement ma veste et ma cravate pour ne pas les froisser, avant de poser sur mon interlocuteur mon regard noir et brillant d'une lueur de colère contenue. Ma maitrise, mon calme, n'étaient qu'apparence. Au fond, je bouillonnais de rage, de mépris, de frustration face à l'injustice que la vie venait de me balancer à la figure. J'avais tellement envie de tuer cet homme. Mais il était déjà condamné, et le tuer ne ferait qu'abréger ses longues souffrances. Hors de question de lui faciliter la tâche. Et je n'étais effectivement pas capable de tuer quelqu'un de sang froid de la sorte. « Qui savait. Pourquoi ils n'ont rien dit. Quelles sont les sales petits secrets qui lient la Roxxon et le SHIELD depuis leurs débuts, » énumérai-je avec ce même ton faussement calme, mais clairement autoritaire. Mon intonation laissait entendre toute la menace dont j'étais capable, et la terrible détermination qui l'accompagnait à faire payer chaque nom qui tomberait.

Mais j'avais d'abord besoin de comprendre toute les ramifications, tous les enjeux, toutes les raisons et les implications de chaque acteur. Et il allait me les donner. Il n'avait, une fois encore, plus rien à perdre, ni de comptes à rendre à personne ainsi placé face à la Mort. Même si nous étions ennemis, je savais qu'il cracherait le morceau. Il me le devait bien, et il voulait bien trop s'amuser avec moi pour résister à cette tentation. C'est ce qu'il finit par faire, après quelques jeux verbaux. Il répondit à mes questions, et toutes celles qui suivirent, prenant malin plaisir à me prendre de haut face à mon ignorance, ricanant quand sa santé le lui permettait. J'endurais sans le quitter du regard. J'avais besoin de saisir mentalement chaque rictus, chaque regard qu'il me jetait à la figure pour savourer ceux qui suivraient quand ce serait à mon tour de parler. J'avais besoin de capturer l'image du meurtrier de mes parents, enfin révélé au grand jour, tant qu'il était encore présent pour l'être.

Lorsqu'il eut fini, je laissai le silence s'installer sans commenter ses révélations. Je laissai mon esprit appréhender toutes les informations, calculer les liens et les différentes façons de faire payer à chacun son crime à hauteur de sa participation, dans les limites de l'acceptable et aux frontières de la loi. Exactement comme j'étais en train de le faire pour Jones, sans qu'il ne le sache encore. Ce ne fut qu'une question de secondes cette fois. Rusé, il sentit le piège. Je le soupçonnais même de l'avoir compris dès le début, et d'avoir pourtant parlé quand même.

« Crache le morceau, mon garçon. » Je détestais qu'on me surnomme ainsi. Cela me rappelait bien trop toutes ces fois où l'on me rabaissait, où l'ombre de la grandeur de mon paternel passait devant mon existence en tant qu'être à part entière. Comme si je n'étais toujours, malgré mon âge, malgré toutes mes actions, que le fils d'Howard Stark. Pour la génération de Jones, c'était toujours le cas, la vision qu'ils avaient et auraient toujours de moi. « Malgré vos immoralités et votre dévotion à peine voilée à toute la racaille de ce monde, vous aimez votre famille. Vous détestez votre fils qui n'est qu'un bon à rien sans aucune ambition, mais vous adorez votre petite fille, » fis-je en attrapant le cadre posé sur la table de chevet, où trônait une photo de sa petite fille. Son "trésor" à n'en pas douter.



J'avais passé ces derniers jours à me renseigner plus que jamais sur la vie personnelle de Jones, car je connaissais déjà tout depuis des années de sa vie professionnelle et "extra-professionnelle" auprès d'HYDRA et de la Pègre. Ce n'était pas comme si Iron Man n'avait pas un nombre incalculable de fois combattu les sbires envoyés par la Roxxon pour espionner Stark Industries ou tenter d'en tuer ses actionnaires et dirigeants, moi en tête de liste. Anaconda, Spymaster, le Fantôme, et toute la clique, avaient fait bien des tours par la case prison par ma faute. Sans que jamais en revanche je ne parvienne à prouver leur mercenariat payé par Jones. J'avais ensuite monté mon plan, calculé les pertes que ma vengeance provoquerait certes pour lui mais aussi pour moi. Je m'en fichais au fond de pertes matérielles, mais je ne voulais pas laisser des ruines derrière moi. Surtout pas si Pepper devait les récupérer. Je devais faire ça le mieux possible. C'était ce travail fastidieux du bulldog rongeant son os qui m'avait d'ailleurs permis de tenir à peu près sur mes jambes depuis que j'étais revenu de Seattle. Il m'empêchait de penser trop souvent à elle, à nos disputes enchaînées, à ces paroles qui résonnaient malgré cela ponctuellement dans mon esprit, en particulier lorsque je commençais à m'écrouler de fatigue, reclus dans mon atelier.

« Pendant que vous parliez, votre empire, celui dont vous êtes si fier, était en train de faire l'objet d'un rachat massif. Vous me savez assez intelligent pour pouvoir écrouler n'importe quel concurrent sans m'exposer aux représailles juridiques. A l'heure où je vous parle, vous ne possédez plus que deux actions d'une valeur de 12,34 dollars chacune. Ce qui signifie qu'HYDRA perd une source de financement de plusieurs millions de dollars. Ce qui signifie que votre petite fille adorée règnera sur un empire d'une valeur de 24,68 dollars. Ce qui signifie que votre nom si important, si respecté, a déjà commencé à plongé dans l'oubli, que vous pouvez dire adieu à la postérité parce que l'Histoire ne retient que le nom des vainqueurs, comme vous aimez le dire dans vos discours. Je vous laisse partir avec l'idée de n'être plus rien, de ne léguer plus rien, hormis un vieillard mourant dans un vieux manoir isolé et oublié du reste du monde. Je paierai les dernières factures pour votre enterrement, car votre petite-fille ne mérite pas d'être endettée par votre faute. » La réaction fut d'abord silencieuse, me laissant me délecter des éclairs d'incompréhension, de choc, puis de colère qui traversèrent ses yeux à tour de rôle.

« Salopard. Petit con, » cracha-t-il. Il toussa. « Vous avez tué mes parents. Deux personnes. Juste pour de l'argent. J'estime qu'une vengeance matérielle est peu cher payé pour ce que vous avez fait, alors fermez-la, » maugréai-je en ne pouvant retenir un mouvement agressif vers l'avant face à son culot de m'insulter vu ce dont il était responsable. « Je n'ai pas tué tes parents. » « Comment osez-vous... comme si vous pensiez que ça allait annuler ce que vous méritez... » m'énervai-je en serrant le poing. Son culot décupla mon envie d'écourter sa misérable vie. Je ne m'attendais pas à des excuses en venant ici, mais pas à autant de mépris après un temps si long de prescription. Ma main alla trouver le bouton contrôlant la morphine sur l'appareil le plus proche. Bouton que je réduisis. « Je n'ai pas tué tes parents, » répéta-t-il. « Ah oui ?! ET CA C'EST QUOI PEUT-ETRE ? » explosai-je en sortant de l'intérieur de ma veste un dossier mal plié et que je balançai sur le torse avec violence, le faisant faiblement sursauter sous la surprise de mon acte, et cracher ses poumons de plus belle. Le dossier. Celui que Morgan m'avait donné. « Tu ne... comprends... pas... Je n'ai pas... tué... tes parents, » insista-t-il en reprenant maladroitement son souffle, fixant mon regard, « J'ai tué... Howard... et Maria... Stark... » acheva-t-il. Mon coeur eut un soubresaut étrange qui fit bondir mon sang contre mes tempes en un quart de seconde, frôlant l'étourdissement alors que le silence retombait dans la chambre tel un couperet. Je me figeai sous ce coup de massue irréel, alors que mon esprit comprenait sans vouloir comprendre. Ca ne pouvait pas être vrai. Il mentait. Il mentait forcément. Jones se remit à ricaner entre deux bouffées d'oxygène vitales. Il me regarda de nouveau, avec ce même air supérieur, méprisant et plein de déception qu'il avait toujours eu envers moi lorsque j'étais jeune. Cet air que je détestais autant que les paroles qui l'accompagnaient la plupart du temps. Comme s'il revenait du passé pour me le rappeler. « Howard a toujours... su te cerner... Tu es... et seras toujours... un perdant... Anthony... »

He sat me down to talk to me
He looked me straight in the eyes, he said
You're no son, you're no son of mine
Oh, his words how they hurt me, I'll never forget it




Je refusais d'y croire. Ca ne pouvait pas être réel. Rien de tout ça ne pouvait être réel. Rien de ce que Carol était en train de me décrire en larmes au téléphone ne pouvait être réel. Carol. Captain Marvel. En larmes. Il en fallait énormément pour briser une femme aussi forte. Même bien assis dans le fauteuil confortable de mon jet privé, j'eus l'impression de me retrouver fracassé sur du bitume pour la deuxième fois de la journée alors que je rentrais vers New York. Je laissai derrière moi Hugh Jones pour me retrouver projeter dans un drame que tout mon être rejeta en bloc. Je posai question sur question les quinze premières minutes, mon esprit cartésien refusant d'accepter la part émotionnelle de l'évidence quant à ce que mon amie m'annonçait. Pourtant je sus qu'elle disait la vérité. Qu'elle n'avait aucune raison de m'appeler sur le canal d'urgence ainsi en larmes. Je sus que c'était vrai car malgré ma résistance morale, je n'allumai pas mes hologrammes pour consulter les informations ni les serveurs des Vengeurs et du SHIELD. Pour vérifier par d'autres sources que c'était réel. Ce fut finalement lorsqu'elle se trouva définitivement incapable de parler de manière cohérente, ne laissant s'exprimer que ses sanglots au bout du fil, que je sentis le flot d'émotions déferler comme un raz-de-marée pour briser le peu de retenue qui m'était restée. Je raccrochai juste pour mieux craquer et fondre en larmes. Janet était morte.





Après des heures de débats, d'analyses des faits, d'hypothèses, de briefing et de concertations avec les X-men, qui eux aussi avaient subi une perte simultanée à la nôtre dans de mêmes circonstances inexplicables, la colère et l'incompréhension avaient laissé place au deuil. A l'enterrement. Depuis l'annonce, New York était frappé des orages dûs à la colère de Thor, au même titre que celle de Tornade malmenait l'île utopienne. Jamais Manhattan n'avait été aussi vite bouclé et investi par le SHIELD autant que les Vengeurs en quête d'indices. Pourtant, aujourd'hui, le soleil était revenu sous l'impulsion du Dieu du Tonnerre, pour rendre un dernier hommage à notre amie.

J'avais l'impression de vivre dans une sorte de gélatine oppressante, qui rendait chacun de mes mouvements lents et difficiles. Et cela ne datait pas de la mort de Janet. Ca n'avait fait qu'empirer les choses. Non. J'avais la sensation de vivre dans un cauchemar éveillé depuis Seattle. Je dus refaire cinq fois ma cravate tant ma concentration était inexistante. Tant cela me rappelait qu'il y avait de cela quelques jours à peine auparavant, c'était ses mains délicates qui parcouraient par derrière mes épaules pour venir m'aider à la faire. La façon dont elle m'appelait Monsieur Stark pour plaisanter résonnait alors à mes oreilles avec une cruauté sans pareil. Tout dans mon quotidien ravivait sa présence, tout mon être criait pour la voir revenir. Mais j'étais seul. Et j'en étais le seul responsable. Cette adoption sonnait comme un prix à payer pour mes erreurs, pour avoir fait souffrir un être qui ne le méritait pas.

J'étais adopté. Pepper était partie. Janet était morte. J'avais lutté mais échoué à sauver la vie de milliers de personnes lors du mariage de T'Challa la semaine dernière, noyées sous les eaux atlantes. Je ne comprenais plus vraiment ce qui se passait. Je traversais New York sans y être. J'appelais Pepper sur la route. Répondeur. Encore. Je raccrochais, le coeur lourd, la gorge nouée, comme à chaque fois que ce bip froid et mécanique me répondait à la place de sa voix chaleureuse. Je voyais les buildings flambant neufs, les tramways aériens, les installations futuristes que j'avais aidé à construire grâce à la Future Foundation, qui reflétaient les rayons du soleil comme si tout allait bien. Comme si rien de ce que je ne vivais n'avait d'importance, alors que je sombrais désespérément.



Je mis mes lunettes de soleil aux verres les plus teintés possibles en arrivant au cimetière. Une foule considérable y était réunie, me forçant à me garer assez loin et à devoir marcher pour m'y rendre ensuite. Je n'avais pas eu la force d'arriver en armure. Je tenais à ce que mon costard reste impeccable, en l'honneur de la styliste qu'elle était. Combien de mes costumes sur-mesures avaient été dessinés et conçus de ses mains. Les journalistes, vautours se délectant du malheur et des drames, attitude qui avait jalonné mon existence de personnage public, se précipitèrent à mon arrivée. Je passai au travers, lointain.

J'avais bu avant de venir. Pas beaucoup, mais assez pour gagner le minimum de courage requis afin de ne pas m'effondrer encore, assez pour ne pas perdre mon sang froid face à ces reporters qui m'assaillaient pour recueillir mes commentaires et réactions. Ils espéraient voir un Vengeur craquer avant de ne plus pouvoir les accaparer une fois passés les barrières qui sécurisaient le périmètre de la cérémonie. Janet avait été mon amie depuis les débuts des Vengeurs, elle avait été celle qui nous avait baptisés. Celle qui était la seule à ne pas être un soldat par nature, celle qui n'était pas froide et cassante comme les autres Vengeuses. Celle vers qui chacun pouvait se tourner sans mal pour se confier ou délirer, sans avoir à penser auparavant à la portée du secret qui lui serait confié comme cela pouvait être le cas à chaque fois que l'on parlait avec Natasha, Bobbi ou Jessica. Non, avec Janet, il n'y avait jamais d'arrière pensée sinueuse et possiblement néfaste. Elle était celle-là même à qui j'avais pensé parler de ma situation avec Pepper, afin d'éviter les habituelles remontrances de Happy et Rhodey.

Pepper. Son absence rendait ces épreuves plus dures encore. Je me sentais tellement incapable d'y faire face sans elle à mes côtés. Je n'en avais pas envie, en vérité. Je savais un peu trop bien depuis le couperet de Hugh Jones sur mon adoption, que je ne passerais pas la fin du mois. Tout ne faisait que refermer un peu plus le tunnel inextricable dans lequel mon coeur et mon esprit s'étaient retrouvés prisonniers. Cette fois, pour la dernière fois. Je me le promettais sombrement au milieu des flashs des appareils photos. J'étais épuisé. Epuisé de me battre pour justement mieux me faire battre en retour. Cette fois, je savais qu'elle ne viendrait pas, que le miracle du Hangar ne se reproduirait pas. C'était tant mieux, car je ne le voulais pas.



TEMPS PRESENT


Hello from the other side
I must have called a thousand times
To tell you I'm sorry for everything that I've done
But when I call you never seem to be home


J'avais perdu le compte. Ving-quatre. Trente-et-un. Cinquante. Cent. Je ne savais plus et ça n'avait plus d'importance. Elle avait beau ne pas avoir changé de numéro - sans quoi je l'aurais su via mes technologies - je savais qu'elle n'écoutait aucun de mes messages. J'avais tenté de ruser, d'utiliser d'autres numéros, d'avoir des nouvelles par Rhodey et Happy et d'autres encore. Mais elle me connaissait. Et elle ne voulait plus rien savoir de moi. J'avais perdu le compte du nombre de messages que j'avais laissé sur son répondeur depuis Seattle, plus encore depuis ces quelques dernières heures où j'errais dans la pénombre de mon atelier. J'avais surtout perdu le compte du nombre de verres, de gorgées, que j'avais bu depuis ce début de soirée. J'avais envie d'en finir. C'était une envie oppressante, terrible, tragique, mais bien réelle, alimentée de surcroit par tous les cartons que j'avais ouvert en éparpillant leur contenu un peu partout. Des photos, des films, des souvenirs, des dossiers. Toute la vie de mes faux parents y était, mais aussi toutes ces années depuis mes vingt ans, quand elle était entrée dans mon univers. Tout pour me rappeler ce que je n'avais finalement jamais eu, couvert par un parfait mensonge. Tout pour me rappeler ce que j'avais perdu de plus précieux.  

Wheels are turning
I remember when you were mine
Now just to reach you
Baby, I'd stand in line
But there's another world
We're living in
Tonight


Il y avait de tout dans ces cartons. Des morceaux de mes premiers réacteurs, des plans de mes premières armures, les ordonnances des médicaments que je devais prendre tous les jours pour éviter que mon corps ne rejette le réacteur qui bardait mon torse depuis peu et me rappelait mon sursis depuis l'Afghanistan.
Jarvis avait dit un jour que je n'étais jamais vraiment revenu de ces grottes. Ce soir, je réalisais à quel point il avait raison. Ces grottes avaient pris ma vie et m'avaient recraché en sursis perpétuel avec une pile à la place du coeur, comme un mort marchant parmi les vivants, dans une bulle sans rien pouvoir toucher et vivre quoi que ce soit de concret. J'avais vu le monde différemment mais le monde avait été différent avec moi, inaccessible.  Comme autant de vies que je ne pourrais jamais avoir du fait de mon état suspendu au bord du gouffre. Impossible de construire une vie personnelle alors que je construisais de mes propres mains des villes entières. Une farce cruelle qui avait probablement empiré mon instabilité émotionnelle déjà conséquente. Mais je n'avais jamais arrêté de penser à ce qu'aurait pu être ma vie si je n'avais pas été kidnappé. Peut-être n'aurais-je pas changé d'état d'esprit, peut-être n'aurais-je pas été Iron Man, peut-être n'aurais-je pas essayé de faire le bien, mais peut-être aurais-je réussi à terme à changer par moi-même et à me bâtir quelque chose à moi. Peut-être que quelqu'un aurait réussi à aimer un petit peu le connard que j'étais alors. Surtout en sachant que je l'étais finalement resté malgré cela au vu de ce que j'avais fait à Pepper. Oui, peut-être que j'aurais appris à changer pour elle, sans craindre aussi longtemps de l'aborder sérieusement du fait de ma vie sur le fil.

Je raccrochai maladroitement une énième fois mon téléphone. J'étais ivre mais je persistais. Je ne pouvais pas partir sans lui dire. Pourquoi ne répondait-elle pas ? Est-ce que vraiment rien de notre passé n'avait assez compté pour elle pour au moins répondre une dernière fois ? Ou alors était-elle trop occupée avec un autre pour ça ? Je jetai la bouteille vide contre l'armure en réparation un peu plus loin, sur laquelle elle éclata en mille morceaux dans un bruit de verre. Pourquoi ne voulait-elle pas entendre que je l'aimais. Je passai mes mains sur ma tête, dans un état proche de la folie. Rien n'avait de sens.
Je me laissai tomber lourdement sur le sol, calant mon dos contre le bas du sofa et face à la table basse sur laquelle je pris la bouteille suivante. Anthony. Les mots de Jones revenaient se mêler à ceux de Pepper dans un chaos dévastateur. Je m'étais toute ma vie identifié à un père qui n'était pas le mien. J'avais voulu m'en démarquer autant que j'en étais devenu la copie conforme. Les mêmes costumes, le même bouc, les mêmes passions, les mêmes mimiques de playboy. La même dualité de surdoué, de blagueur et d'homme d'affaires sérieux. Tout ça pour imiter un inconnu. Je n'étais pas un Stark. Je ne m'appelais peut-être même pas Anthony à la base. J'avais toujours eu ce malaise depuis mon plus jeune âge, mais j'avais mis ça sur le compte de l'isolement que me causait mon intellect.



Au fond, j'avais peut-être toujours eu ce doute, à force de ne jamais comprendre pourquoi mes parents étaient si distants et méchants avec moi. Je n'étais pas leur fils. Juste un leurre pour protéger la vie de leur véritable enfant. Un pantin de substitution qu'ils punissaient et laissaient à leur majordome pendant qu'ils sortaient, sûrement parfois pour aller choyer celui qui était leur chair et leur sang. Tout était devenu si clair. Les paroles des Stark Seven sur la volonté de fer des Stark d'avoir un enfant, de trouver une solution à leurs difficultés pour en concevoir. Cette anomalie de savoir qu'une fois qu'ils m'avaient eu, ils avaient agi à l'opposé, qui m'avait taraudé depuis lors, trouvait ainsi son explication. La fin d'un questionnement intérieur de longue haleine, au profit de nouvelles interrogations. Qui étaient mes vrais parents, pourquoi m'avaient-ils abandonné aux Stark, avaient-ils eu le choix, ou étaient-ils morts, ou que sais-je. Tout pour éreinter un peu plus mon âme trop amochée pour survivre à de nouveaux traumatismes. Je n'avais plus la force de continuer. De chercher à savoir. A chaque fois, cela ne m'apportait que plus de souffrances encore.

Je venais de perdre mon identité. Tout ce sur quoi j'avais cru bâtir ce qui me définissait. Malgré les malheurs qui y étaient attachés, cela n'en avait pas moins été des repères. L'enfance était toujours le premier de tous les repères, les fondations du reste de l'existence. La mienne venait de voler en éclats sous le poids des mensonges. Je ne savais juste plus qui j'étais, ce que je devais faire, où je devais aller. Je ne pouvais aller nulle part en vérité. Le premier point de ma vie n'existait plus, et celui qui aurait pu représenter mon avenir non plus. La vie était une ligne, une droite qui comme toute droite ne pouvait se tracer qu'au minimum requis de deux points pour obtenir une direction. Sans mon point du passé, sans mon point de l'avenir, je n'avais plus de raison d'être. C'était aussi simple et mathématique que cela. J'étais perdu dans le noir et trop fatigué, trop las pour chercher à tout recommencer.

J'étais déjà à la moitié de la bouteille, la tête posée dans ma main, elle-même accoudée sur l'un de mes genoux fébriles. Je repris le portable et le collai à mon oreille. J'avais mal à la tête. Tout tournait autour de moi mais mon obsession suffisait à me faire effectuer ces quelques gestes d'appel mécaniquement. Pour la dernière fois, je l'appelai. Je ne raccrochai pas en entendant le répondeur. Une larme tomba sur le sol lorsque j'entendis sa voix enregistrée me dire de parler après le bip sonore. Ce que je fis. Je ne sus même pas vraiment ce que je lui racontai. Rien ne fut très cohérent. Tout ce que je savais, c'était que je pleurais et que je voulais qu'elle revienne. C'était que je regardais le réacteur que je tenais ma main.

Your body was tanned and your hair was long
You showed me your smile and my cares were gone
Falling in love filled my soul with fright
You said "Come on babe, it'll be alright"


Que je lui parlais et parlais encore, que je me souvenais de chaque moment passé avec elle, de la première fois où nous nous étions rencontrés, de toutes nos premières fois, en amitié comme après.
Que je me souvenais de toutes ces soirées où nous mangions des plats commandés assis sur le bord du toit de la Tour à regarder les lumières de la ville. Que je me souvenais de tous ces petits moments plus précieux que tout le reste à mes yeux. J'étais dans un état lamentable, incapable de gérer tout ce qui m'arrivait, son absence en tête de liste, plus cruelle que mon adoption au fond, car si elle avait été là je savais que j'aurais pu l'encaisser avec le temps. A tel point que dans un sursaut de jalousie mal placée et de désespoir, je lâchai à demi-mot ce que jamais je ne pensais pouvoir lui dire un jour. Mais dans mon état je n'avais plus rien à perdre, et je n'aurais jamais plus d'autre chance.

No Cinderella don't you go to sleep
It's such a bitter form of refuge
Don't you know the kingdom's under siege ?
And everybody needs you.


« ...personne ne pourra jamais... t'aimer comme je t'aime... je... mais j'espère... avoir tort... j'espère que tu trouveras quelqu'un de bien... que tu mérites... qui te traitera bien... qui te rendra heureuse... J'ai réglé... Stane... je m'en occupe... tu peux être heureuse... il faut que tu sois heureuse... il te fera plus aucun mal... il aura plus aucune raison... je m'en occupe... je m'en occupe... je suis tellement désolé... sois juste heureuse... je te laisse tout... Industries... tout... sois juste heureuse... je te laisse... tranquille... je te laisse... je suis tellement fatigué... sois heureuse... tout ce qui compte... que tu sois heureuse... »



Ma voix s'éteignait progressivement. Le portable finit par me glisser des mains alors que je me sentais partir. Cela faisait plus d'un quart d'heure que je parlais ainsi sans réelle logique, libérant ce que j'avais sur le coeur, lâchant prise sur toute réalité. L'alcool avait tellement anesthésié mes muscles que je ne sentis aucune des douleurs que j'aurais dû subir du fait des crispations et tétanies, qui avaient pourtant commencé leur travail à mesure que mon organisme mourrait sans l'énergie du réacteur. Je voulais juste que ça s'arrête. Puis une première crise survint, je me laissai tomber de côté sur le sol, le tâchant du sang qui perlait de mes oreilles et de mon nez. Dans un dernier instant je me souvins le temps d'une seconde de cette journée, de ce picnic au bord du lac. Puis ce fut la crise fatale. Enfin.


Is there still magic in the midnight sun,
Or did you leave it back in '91 ?
In the cares of a young man's eyes.
Out where the dreams all hide




Non. Non. Non. Non.
Ca ne pouvait pas arriver une fois encore.

Je ne perçus d'abord quelques formes indistinctes, refermant aussitôt les yeux. Ma tête était comme prise dans un étau, et mon torse semblait avoir été broyé sous un rouleau compresseur. Tout mon corps était en souffrance, et en même temps, c'était comme si cette souffrance était lointaine. Je me doutais, lorsque mon esprit s'éveilla assez pour une déduction simpliste, que la morphine jouait un grand rôle là-dedans. Je rouvris les yeux avec peine, ayant du mal à respirer, et pour cause, un énorme tuyau était planté dans ma gorge pour m'y aider. Je suffoquai, pourtant. Mais ma toux naissante se stoppa lorsque je tournai légèrement la tête, apercevant une silhouette dans mon champ de vision. Mes yeux finirent par faire l'appoint en même temps que je sentais une main se poser sur la mienne. Ils n'auraient pas dû. Pepper. C'était Pepper. C'était elle. Elle était là et elle me parlait. Ca n'aurait pas dû arriver. Elle ne devait pas. Je ne voulais pas. Mon coeur s'emballa avant même que je ne puisse en prendre le contrôle et la douleur se fit sentir cette fois pleinement. Les machines s'affolèrent. Je sombrai de nouveau dans le noir.

Are you really going to love me
When I'm gone
I fear you won't
I fear you don't


Le second réveil se passa plus doucement. Même douleur lancinante, même état brumeux et déshydraté. Je mis de longues minutes à laisser mon organisme se réveiller sans ouvrir les yeux, pour ne pas risquer un nouveau choc, une nouvelle rechute. Cela me laissa le temps aussi de rassembler les miettes de mon esprits drogué aux médicaments, mais surtout brisé par les derniers événements. Chacun d'eux se raviva à tour de rôle, me rappelant que c'était malheureusement bel et bien arrivé. Que j'avais tout perdu, et qu'en plus, j'étais encore là pour l'endurer. Je ne devrais pas être réveillé. Je ne devrais pas être vivant. Je ne comprenais pas comment cela avait pu arriver une fois de plus, mais l'amertume, la déception, l'envie de fuir pour mourir ne tardèrent pas à reprendre leur place au-delà du reste.  

Lorsque je le pus, j'avisai la chambre d'hôpital dans laquelle on m'avait placé. Chambre grand luxe bardée de bouquets de fleurs un peu partout avec diverses étiquettes, et des peluches à l'effigie d'Iron Man aussi. La culpabilité et la honte s'ajoutèrent au reste. Le soucis de survivre à une tentative de suicide échouée était ce qui s'en suivait. Le regard des autres, les réprimandes ou la pitié, souvent les deux à la fois. Comment avais-je pu me rater. La pièce était silencieuse, hormis concernant ce bruit d'eau qui coulait dans la petite pièce d'à côté. La salle de bain. Il y avait quelqu'un. Je vis le sac à main sur le fauteuil à mon chevet. Il y avait aussi un sac ouvert rempli de vêtements de change et une trousse de toilette. Ceux de Pepper. La peur, cette fois. Il fallait que je parte. J'avais passé les derniers jours à mourir d'envie de la voir revenir, mais en cet instant, dans cette situation, j'aurais tout donné pour qu'elle ne soit pas là. Pas elle. Je ne supporterais pas son regard. Je n'avais pas fait ça pour la faire revenir. J'avais fait ça pour la sauver de Stane. Pour la sauver de moi. Pour ne plus souffrir de ce chaos qu'était mon existence.

Je me fis violence pour bouger mes jambes et mes bras, pour les sortir de leur immobilisme. Puis je me hissai assis sur le bord du lit, débranchant lentement par manque de force, mais sûrement grâce à ma détermination, chaque câble relié à mon corps. Électrodes comme intraveineuses, je me libérai de ces chaînes de survie. Je respirai plusieurs fois ainsi assis pour reprendre possession de mon corps endormi. Un énorme bandage barrait mon torse en forme de croix, encerclant mon dos et mes épaules pour maintenir ce que je devinais être le nouveau réacteur que Rhodey, ou Pepper, avait dû trouver pour combler celui que j'avais arraché sans ménagement. La cicatrisation semblait prendre du temps, j'avais dû y aller fort dans mon état d’alcoolémie, avec l'idée d'empêcher quiconque d'en remettre un en suivant. J'avais échoué.

Je me laissai glisser lentement jusqu'au sol en me tenant au lit, vérifiant que mes jambes pouvaient me porter. Je tanguais sous la nausée de la morphine à peine coupée, mais réussis à me stabiliser assez pour quitter le lit. J'allai chercher en silence quelques vêtements à moi dans l'étagère non loin, que j'enfilai non sans mal. Je me contentai de mettre seulement un boxer et un jeans, des chaussettes et des chaussures. Je n'eus pas la force de changer la chemise d'hôpital et me contentai là aussi de mettre par-dessus ma veste en cuir en grimaçant. Je me dirigeai ensuite vers la porte avec la ferme intention de filer en douce de ce bâtiment. Un vertige me fit ralentir une fois près de la porte, à laquelle je me retins de tomber. Je ne bougeai plus quelques instants pour reprendre mes esprits et un semblant d'équilibre. Ca allait être fastidieux, mais ça ne serait pas la première fois que je faisais ça, vu toutes les fois où je m'étais retrouvé à l'hôpital. Lot récurrent de tout héros. Nous étions tous passés maîtres dans l'art de braver les interdictions médicales pour repartir sur le terrain. En l'occurrence, je voulais juste fuir Pepper et cet endroit et m'isoler loin de tout ça. Je tournai la poignée et ouvris la porte de quelques centimètres seulement pour observer le couloir. Dans quelques secondes, lorsque les deux infirmières auraient tourné au fond du couloir, je pourrais y aller à mon tour.

Lyrics from : Here with me (The Killers), A Dustland Fairytale (The Killers), No son of mine (Genesis), Hello (Adèle)


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Mama told me when I was young,
Forget your lust for the rich man's gold
All that you need is in your soul,
You'll find a woman and you'll find love,
Be a simple kind of man, something you love and understand,
Won't you do this for me, son, if you can ?

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Virginia P. Potts
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MessageSujet: Re: A Dustland Fairytale [PV Pepper]   Jeu 4 Fév - 12:15


A Dustland Fairytale




    - Et vous voyez que si on ajoute tout ça on n’arrive pas au bon résultat. M’expliqua pour la quinzième fois la comptable de mon nouveau lieu de travail.  Je me retins de justesse de lâcher un soupir de frustration lorsqu’elle déclara que je n’avais toujours pas compris et qu’elle allait me réexpliquer.  Une fois avait été largement suffisant mais apparemment cette femme avait décidé de me pourrir la journée.  

    - Ecoutez, commençais-je avec un sourire crispé. La jeune femme fit comme elle ne m’avait pas entendu et continua de me fourrer ses papiers sous le nez et manqua de me crever un œil.  Okay maintenant ça suffit ! M’énervais je finalement à bout de nerfs en haussant la voix. Je sais lire une facture, je n’ai pas besoin de votre soit disant expertise Mlle. Continuais-je sur la même lancée. La réflexion fit mouche si j’en jugeais par son regard colérique et effarouché.  Vraiment ce n’était pas du tout comme ça que j’imaginais cette journée de travail. Une semaine que je travaillais pour Voight, une semaine que l’on venait me casser les pieds sans raison. Et je ne parlais même pas des bruits de couloirs et rumeurs sur mon compte ou des petits papotages féminins qui avaient lieu dans mon dos.

    - Excusez-moi mais je suis la comptable en chef de cette entreprise Mlle Potts. Me déclara t-elle en redressant le buste avec mépris. Vous avez fait une faute en renvoyant ce document, je vous en fais pars c’est tout. Me sourit-elle en me montrant une belle rangée de dents blanches.

    - Ah oui  vraiment ? M‘étonnais je faussement me retenant de lui planter mon poing dans le visage de justesse. Et bien sur en tant que comptable en chef de cette entreprise, vous avez bien évidemment pensé à enlever le trop plein payé à la dernière facture du à une majoration non justifiée n’est ce pas ? Questionnais-je de manière rhétorique puisqu’elle et moi savions très bien que ce petit détail était tombé à la trappe dans ses petits calculs.  Je vous conseille de faire attention quand vous me passez les factures pour approbation. C’est la troisième erreur que je corrige depuis que j’ai commencé à travailler en début de semaine. Lui signalais-je finalement en lui remettant ses papiers dans les bras.



Sans plus de mots, je la congédiais.  Furieuse, elle quitta mon bureau en faisant claquer ses talons lourdement sur le sol. Elle ne claqua pas la porte mais c’était comme si. Une fois de nouveau seule dans mon espace, je me laissais tomber sur ma chaise et renversais la tête contre le dossier en soupirant.  Quelle journée ! Et dire qu’elle était loin d’être terminée, c’était vraiment déprimant. Un grognement m’échappa lorsqu’un coup fut frappé contre ma porte. Je n’eus à peine le temps de me redresser pour prendre une position plus professionnelle que le grand patron rentra dans mon bureau.  Et ça ce n’était jamais bon.


    - J’ai eu vent des déboires que vous avez eu avec la directrice du service comptabilité. Me dit il en guise de salut avant de s’installer confortablement sur la chaise me faisant face. Pepper… m’arrêta til d’une main en me voyant près à ouvrir la bouche pour répliquer et me défendre. Je sais qu’elle est nulle. Reprit-il. Ne faites pas cette tête là je ne suis pas aveugle. Ria t-il gentiment devant ma surprise. Même moi j’ai du rattrapé quelques unes de ses erreurs parfois à la dernière seconde. M’apprit-il avec un sourire paisible.  Cependant c’est la fille de notre plus gros client et c’est une faveur que je lui fais pour sa fidélité… alors essayez d’être un peu gentille avec elle okay ? Me demanda t-il plus par politesse. Je n’avais pas le choix dans cette histoire.  Parfait ! Souffla t-il en se redressant lorsque je hochais positivement la tête. J’ai plusieurs rendez vous clients importants cette après midi, je ne serai pas dans les locaux. Je compte sur vous et Audrey pour vous occuper de la maison en mon absence. Me sourit il avant de refermer sa veste de costume et de prendre congé.

    - Une faveur pour sa fidélité, tu parles. Marmonnais-je lorsqu’il fut parti.



Je connaissais les hommes comme lui et les femmes comme elles. Il ne lui faisait pas qu’une faveur professionnelle, ça c’était certain. Et la manière dont elle était accourue pour lui raconter ses mésaventures ne faisait que me prouver que j’avais raison. Quelle pauvre fille. Elle ne savait définitivement pas ce qui l’attendait. Elle devait déjà s’y voir. Une belle robe de cocktail, un somptueux  loft au dessus de la ville, des vacances aux quatre coins du monde. La chute serait rude. Tout cela n’était qu’un rêve cruel qui prendrait bientôt fin. Comme toujours. Je ne le savais que trop bien. Au moins le rêve était beau le temps qu’il durait. Je supposais que c’était ça et qu’il fallait s’en contenter. Néanmoins, le retour à la réalité était tellement brutal qu’il était difficile de se rappeler après coup les bons moments. Décidée à ne pas me laisser importer par ce flot de pensée qui me ramenait toujours au même endroit, à la même personne et aux mêmes conclusions, je secouais la tête et me forçais à reprendre le cours de mon travail. J’avais fait une erreur et j’en avais payé le prix.  J’étais assez mature pour le reconnaitre et assez intelligente pour en retenir la leçon. Maintenant tout cela était derrière moi et devait le rester. Les coups de fils incessants de Tony, ou de Rhodey ne changeraient rien à cela. J’avais pris une décision, et je comptais bien m’y tenir. Et je me fichais que cela puisse paraitre égoïste aux yeux des autres. Seul l’égoïsme primait lorsque notre cœur était en jeu. Ici au moins, tout était nouveau et frais. Tout était encore pur, encore jeune et non terni par les souvenirs. Seattle était peut être moins grande, moins belle, moins animée que New York mais au moins ici j’étais libre. Et pour cela je pouvais supporter les heures de boulots, les dures journées, le vent et le froid du nord et les comptables incompétentes et hystériques. Après tout, la liberté n’était il pas ce que tout le monde recherchait ?



_ _ _ _ _ _




    - Oui Lindsey ? Déclarais-je en décrochant le téléphone de mon bureau.

    - Mlle Potts, j’ai un certain Colonel Rhodes sur la ligne 4 pour vous, il dit que c’est urgent. Dois-je vous transmettre son appel ? Me demanda ma secrétaire alors que je pinçais l’arrête de mon nez.

    - Est-ce que le colonel Rhodes avait une voix qui vous a rappelé celle de M. Stark ? La questionnais-je. Avec ses innombrables appels, il n’était plus à ça près.

    - Je ne crois pas non Mlle. Me répondit-elle après quelques secondes de réflexion, sans être vraiment très sûre d’elle.

    - Très bien passez le moi. Soupirais-je. De toute façon, que ce soit Rhodey ou Tony, il fallait que ce petit manège cesse. Ils me pourrissaient la vie. Mon téléphone sonnait à toute heure du jour et de la nuit.  A tel point, que j’avais peur d’aller me coucher pour être réveillée au moment où je commençais à m’endormir. Du coup depuis que Tony était venu, je fonctionnais avec beaucoup de café et peu d’heures de sommeil. Quoi ? M’exclamais je avec humeur dans le téléphone sans chercher à être sympathique, polie ou même à dire bonjour.

    - Pepper … souffla Rhodey avec une drôle de voix. Le ton me mit de suite en alerte. Rhodey ne se mettait pas dans de tels états pour rien. Il s’était passé quelque chose. Quelque chose de grave.



_ _ _ _ _ _




Les heures qui suivirent furent longue et chaotiques. Sans rien expliquer de plus que quelques mots baragouinés à la va vite, j’avais réservé un billet dans le premier vol pour New York et avait tout laissé en plan. Je n’avais même pas pris la peine de rentrer chez moi prendre des affaires. J’avais juste directement pris la poudre d’escampette vers l’aéroport. De toute façon, j’avais laissé bien assez de vêtements derrière moi à New York pour ne manquer de rien. Et si mon séjour s’éternisait, il me suffirait juste d’aller acheter deux trois bricoles. Le vol avait été particulièrement éprouvant du à mon anxiété. Je n’avais cessé de gesticuler dans mon siège jusqu’à en agacer mon voisin qui me demanda plus ou moins gentiment de me tenir tranquille. Après cela j’avais essayé de me calmer sans succès. Je ne pouvais pas m’empêcher de me sentir coupable, de me sentir responsable ce qui venait de se passer. Peut être aurais je du prendre ses appels finalement. Appels qui désormais sonnaient plus comme des appels à l’aide et non des comme des enfantillages. Le trajet de l’aéroport jusqu’à l’hôpital se passa dans le même état d’angoisse permanent.  Malgré tout ce qui pouvait nous opposer en ce moment, je ne voulais pas le perdre. Et surtout pas de cette façon. Qu’est ce qu’il l avait pris ? J’avais beau connaitre ses tendances autodestructrices je n’aurais jamais imaginé qu’il puisse en arriver là. Et pourtant cela n’aurait pas vraiment du me surprendre. Tony avait toujours dansé sur la corde raide et ses tentatives de suicide cachées avaient été nombreuses. Néanmoins, elles n’avaient jamais été aussi… directement exécutées. Et c’était peut être ça au final qui me surprenait le plus et me terrifiait le plus. Personne ne pouvait être sans arrêt là pour le surveiller. Bien sur il y avait JARVIS. Mais JARVIS était une IA, un élément, un programme dématérialisé. A part appeler de l’aide, il ne pouvait rien faire de physiquement concret.



A l’entrée de l’hôpital, je retrouvais Rhodey, le visage grave et je ne pouvais m’empêcher de penser légèrement accusateur. Mon sentiment de culpabilité se renforça et le nœud que j’avais à l’estomac s’intensifia. Et là pas question de cacher mon mal être derrière un sourire de circonstance. Je le laissais me serrer brièvement dans ses bras avant de le suivre au travers des dédales de couloirs de l’hôpital central de la ville.   Cœur serré et tête basse, je me confortais à toutes les mesures de sécurité mise en place par le SHIELD et récupérais mon badge visiteur. Je saluais d’un maigre sourire les quelques vengeurs ou amis présents  avant d’atteindre Happy et le chirurgien en charge de Tony. J’écoutais sans rien dire ses commentaires et nouvelles.  La chirurgie en elle-même était terminée mais cela ne voulait pas dire qu’il était hors d’état de nuire pour autant. Comme toujours la première nuit et les premiers 24 étaient toujours les plus critiques. Je décrochais de la conversation lorsqu’il commença à décrire  en détails els blessures que Tony s’était lui-même infligé au torse. Je n’avais ni l’envie ni le besoin d’écouter ça. Mon imagination était déjà assez en ébullition comme ça. Je ne préférais pas en rajouter. Manquant soudainement d’air, je laissais mes amis avec le docteur et m’éloignais. Etant habituée des lieux, je ne mis que peu de temps avant d’atteindre la partie accessible du toit.   J’avais besoin d’être seule pour un petit instant. J’avais besoin de respirer et de mettre de l’ordre dans ce que je pensais et ressentais. Avec un soupir, je m’accoudais au rebord et fixais mon regard sur les petits points lumineux que je voyais bouger en contre bas. Plusieurs minutes passèrent ainsi dans le silence relatif de la ville.  Un fin sourire trouva son chemin jusqu’à mes lèvres lorsque mes yeux se posèrent sur la haute silhouette de verre et de métal de la tour. New York m’avait manqué. Bien plus que je ne souhaitais me l’avouer.  


    - Ils vont le remonter dans sa chambre. Souffla Happy en se positionnant à mes côtés.

    - Okay. Répondis-je dans un léger souffle sans bouger d’un millimètre.

    - Je vais rentrer à la tour me changer, je te ramène quelque chose ? Me demanda t-il après quelques secondes de silence en plus. T’es sure ? Insista t-il lorsque je secouais négativement la tête. Même pas une paire de chaussures sans talons ? S’amusa t-il un instant alors que je grognais. J’avais pour un instant totalement zappé que j’étais encore en tailleur et chaussures à talons. Et il était certain que j’allais regretter de ne pas avoir pris le temps de me changer avant de prendre l’avion. Si pour l’instant mes pieds avaient décidé de se faire oublier, je savais que dans une heure  au maximum, j’allais souffrir le martyre.

    - Bon une paire de chaussures plates alors. Concédais-je en me tournant finalement vers Happy qui lâcha un maigre rire. Et un pantalon aussi peut être. Rajoutais-je faisant ainsi rire mon ami plus franchement. Le tailleur n’était clairement pas adéquat pour déambuler dans un hôpital.

    - C’est comme si c’était fait. Lâcha t-il en prenant la direction de la porte. T’es sure que tu ne veux pas rentrer ? Prit-il néanmoins le temps de me demander avant de disparaitre une fois que je lui assurais mon envie de rester ici encore un peu. Je n’étais pas prête.




_ _ _ _ _ _



    - Je commençais à croire que tu t’étais volatilisée. M’interpella Rhodey lorsque je retrouvais le couloir dans lequel se trouvait la chambre de Tony. Un peu plus et j’appelais les aéroports pour voir si t’avais pas repris un vol pour Seattle. Reprit-il sur un ton légèrement venimeux.

    - Désolée de te décevoir.  Répliquais-je de la même manière en plantant mon regard émeraude dans le sien. Finalement, je n’avais peut être pas imaginé sa colère latente à mon égard.

    - Ce n’est pas le moment. S’interposa Happy avant que Rhodes ait pu en remettre une couche. J’ai laissé tes affaires de rechange dans la chambre. M’apprit-il par la suite.



J’hochais la tête avant de prendre mon courage a deux mains et de rentrais dans la pièce. Je n’oubliais pas de lancer un regard noir à Rhodey avant de refermer la porte. Non mais pour qui se prenait-il au juste ?  Le front contre le bois de la porte fermée, je l’insultais à voix basse. Je me ressaisissais néanmoins et comptais jusqu’à dix avant de me retourner.  Mon regard se posa presque instantanément sur la silhouette allongée de Tony.  Par peur de déranger son repos, je m’approchais sans bruit jusqu’à me trouver aux côtés de son lit. La gorge nouée, j’embrassais le triste spectacle qu’il représentait. Peu sure de moi, je restais immobile à le fixer. Les larmes que j’avais réussi à retenir jusqu’à présent, roulèrent silencieusement sur mes joues. Le voir dans cet état était bien plus difficile que tout ce que j’aurais pu imaginer. La pâleur de sa peau et l’immense bandage sur sa poitrine ne rendait la situation que trop réelle. J’hésitais un moment avant de laisser le bout de mes doigts chassaient une mèche de son visage. Même sa peau avait perdu de sa chaleur.  Me sentant prête à craquer, je tirais la chaise la plus proche de moi jusqu’aux abords du lit médicalisé et m’y laissais tomber. Je laissais finalement libre cours à mon chagrin et à la peur de le perdre qui me tiraillait le ventre. Il m’avait fait du tord mais je l’aimais. Le voir ainsi me faisait souffrir et me rappeler de bien trop mauvais souvenirs.  La tête dans mes mains je me laissais aller pendant de longues minutes avant de finalement m’endormir dans la même position.


_ _ _ _ _ _



    - Je vais chercher un café , tu en veux un ? Demandais-je à Rhodey en guise de signe de paix. Je ne supportais plus la tension qui régnait entre nous depuis que j’étais arrivée il y avait de cela de longues heures. C’était insupportable.  Même dormir après ma première somnolence s’était révélé impossible au vu de l‘air chargé de la pièce.  Difficile de l’ignorer qui plus est quand la personne dont laquelle elle émanait était juste en face de vous.  Rhodey acquiesça et je n’attendis pas plus pour me volatiliser.



Je profitais de la queue à la cafétéria pour rallumer mon téléphone portable. A peine allumé ce dernier se mit à sonner.  Je quittais la queue pour répondre à mon patron qui m’appelait certainement pour la millième fois. Ne voulant pas lui donner la raison exacte de mon départ précipité, j’inventais une excuse bidon mais assez grave pour être crédible. Néanmoins, l’excuse ne prit pas et Voight m’ordonna littéralement de rentrer sur Seattle. Mon père m’avait toujours dit que je n’étais pas une menteuse très douée dans ce genre de situation. Pendant dix minutes, je lui expliquais que ce qui me demandait été impossible pour moi au vu de la situation dans laquelle je me trouvais. Dire qu’il était furieux était un euphémisme. Je ne me démontais cependant pas devant sa colère et sa frustration. J’avais plus grave et important à gérer que sa crise passagère.  Il pouvait bien dire et penser ce qu’il voulait de moi. Cela n’avait guère d’impact. Deux minutes plus tard, il mit fin à son appel et je me retrouvais sans emploi. Ma crédibilité professionnelle allait en perdre un coup. Moi, Pepper Potts, venait de me faire virer. Cela allait en faire rire plus d’un et plus d’une dès que cela paraitrait dans la presse le lendemain.   Sur le coup, cela ne me fit pas grand-chose. Je détestais son entreprise, je détestais ses manières et détestais la façon dont tout était géré. Seul mon égo et ma fierté en prirent un coup. Au moins je n’aurais plus à supporter sa comptable/maitresse.  Je supposais que c’était déjà ça. Et même si cela voulait dire renoncer à ce petit bout de liberté que j’avais réussi à acquérir en partant à l’autre bout du pays.


Coupant à nouveau mon téléphone, je me remis au bout de la queue et attendis mon tour.  Je commandais les deux cafés et attendis qu’on me les serve avant de moi-même ajouter sucre et crème dans le mien. Rhodey en parfait militaire ne mettait rien dans son café.  Je ne comprenais pas comment il faisait pour en supporter le gout amer. Avant de reprendre le chemin de la chambre où reposait Tony, je m’arrêtais au distributeur automatique pour acheter deux trois trucs à me mettre sous a dent ainsi qu’une brosse à dent jetable et une brosse à cheveu rétractable. De nos jours on trouvait vraiment de tout dans ce genre de machine.  Perdue dans mes pensées, je ne remarquais pas la personne qui venait dans ma direction et qui comme moi regardait partout sauf devant elle. La collision fut inévitable. Surprise, je me renversais le contenu des deux tasses brulantes sur le chemisier blanc que je portais par-dessus le pantalon que m’avait ramené Happy.  Par reflexe, j’éloignais le tissu trempé  et chaud de ma peau.  Ça ne faisait vraiment pas du bien.  Je réprimais néanmoins le hoquet de douleur qui voulut franchir mes lèvres pour lever le visage vers la personne dans laquelle j’étais rentrée.


    - Tony … soufflais je surprise de le voir debout devant moi.  Stupéfaite, je le regardais sans vraiment en croire mes yeux.  Que diable faisait-il ici debout ?  Tony ! M’énervais-je instantanément après m’être remise de mes émotions. Qu’est ce que tu fais debout ?! Questionnais-je sans vraiment le faire. Non mais t’es malade ! Grognais-je finalement.  L’envie de lui crier dessus jusqu’à en perdre mon souffle était vraiment très tentante. Mais au vu de son état, il était plus important de le remettre dans son lit avant qu’il ne se blesse un peu plus ou qu’il fasse sauter ses points de suture. Il avait besoin de se reposer.  Il avait besoin de reprendre des forces. Non pas de déambuler dans les couloirs en essayant de fuir. En soupirant, j’attrapais le fauteuil roulant qui était positionné sur ma gauche et le plaçais face à moi. Assis toi, je te ramène dans ta chambre. Lui appris-je. Tony, assis toi ! lui ordonnais je avec humeur en ne le voyant pas bouger. Sentant sa défaite, Tony s’installa non sans grommeler à voix basse.  Sans m’en soucier, je le poussais jusqu’à sa chambre ou docteur et infirmières se jetèrent sur lui pour le remettre dans son lit et sous morphine et autre sédatif pour le faire dormir.

    - Vous voulez que je jette un coup d’œil ? me demanda le médecin après que Tony fut de nouveau installé là où il devait être et endormi.

    - Non ça ira merci. Refusais-je poliment en secouant mon chemisier pour espérer le faire sécher. Le café avait fini par refroidir.

    - Je vais quand même demander à l’infirmière de vous apporter une crème au cas où. On n’est jamais trop prudent avec ce genre d’incident. Déclara til avant de prendre congé.

    - Je suppose que ça veut dire pas de café. S’exclama Rhodey, le regard fixé sur l’immense tache brune.  Amusée malgré moi, je laissais échapper un pouffement. Ma mésaventure avait au moins eu le mérite de ramener un sourire sur le visage de Rhodey. Après tout, fallait bien que l’un de nous arrive à en rire.


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Follow me into the jungle
I lost my mind, in the city of lights, in the backstreets buildings and the neon lights. When I heard the thunder, I could feel the rain. It's the same to me, just a different name.
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MessageSujet: Re: A Dustland Fairytale [PV Pepper]   Dim 28 Fév - 22:54




A dustland fairytale



Back then this thing was running on momentum, love and trust,
That paradise is buried in the dust,
All of our plans have fallen through,
Sometimes a dream, it don't come true,

But darling,
If we go on, can it be
The way it was, when we met,
Did you forget all about those golden nights?



« Tony … Tony ! Qu’est ce que tu fais debout ?! Non mais t’es malade ! » Aïe. Bien sûr il avait fallu que je percute non pas un inconnu ou un Vengeur dans ce couloir, mais bien elle. Pepper. En cet instant, j'aurais donné tout mon argent - et j'en avais beaucoup beaucoup - pour ne pas me trouver précisément dans cette situation. Encore un peu sonné, et paralysé par la honte, la gêne et une certaine forme d'angoisse, je tentai par instinct d'attraper son chemisier pour l'écarter de sa peau et éviter une éventuelle brûlure, mais elle fut plus rapide. De plus, je réalisai vite au premier contact maladroit avec sa main que je ne devais précisément pas la toucher, quoi qu'il arrive. Elle était devenue comme quelque chose de brûlant, qui m'était interdit, refusé, que j'avais perdu et qui risquait d'exploser au moindre de mes mouvements tant tout son agacement à mon égard, toute sa rancœur, transparaissaient à mon approche. « Excuse-moi... » marmonnai-je, incapable de croiser son regard. J'eus un léger vertige dû à la surprise de cette collision. Et probablement aussi un peu - beaucoup - dû au fait qu'il s'agissait d'elle en particulier. Trop d'émotions trop tôt après un retour d'outre tombe. Je posai une main contre le distributeur à ma gauche pour me maintenir debout, serrant l'arrête de mon nez de l'autre main en plissant fortement les yeux pour calmer cette migraine naissante. « Assis toi, je te ramène dans ta chambre. » Je secouai la main devant elle, tête toujours baissée, dans un signe de refus. Il me fallait juste quelques secondes pour me reprendre, et je pourrais repartir. Hors de question que je reste plus longtemps ici, pire encore que je m'assoie dans ce fauteuil roulant. Je n'étais pas grabataire ni sénile. Je détestais les hôpitaux, je voulais rentrer chez moi, au calme, loin de tout le monde et des émotions chaotiques qu'ils provoquaient chez moi. « Tony, assis toi ! » Je m'assis, plus parce que je compris que mon corps ne suivait pas ma volonté de partir et menaçait de me faire faux bond qu'autre chose. Et parce que c'était elle. Encore. Toujours.

Résigné, je me retrouvai bien vite de nouveau dans mon lit d'hôpital, nourri de sédatifs. Avant de sombrer, mon regard demeura fixé sur la silhouette de Pepper au pied du lit, discutant avec Rhodey. Je la vis sourire à sa blague que j'entendis de manière lointaine. Cette seule vision de mes deux amis renouant malgré tout suffit à me faire partir le coeur plus léger. Dans un dernier instant de lucidité, je me souvins de cette caresse à travers mes cheveux, de sa chevelure rousse autour de son visage penché près au-dessus du mien. L'avais-je rêvée ? Ou étais-je vraiment près à tout pour me raccrocher à l'espoir qu'elle ne me déteste pas complètement au point d'imaginer des signes d'affection ? Peut-être n'était-ce que des réminiscences de nos moments passés ensemble, de toutes ces caresses que j'avais eu à foison sans penser un instant que j'en serais de nouveau privé un jour. Peut-être pas. Quelle importance. Elle était venue. Elle était là. Je me sentais honteux, plus encore de ressentir du soulagement au fait d'avoir réussi à la faire revenir pour moi, malgré l'extrême qu'il avait fallu pour ça. Mais quelle importance que la honte. Elle était là et c'était bien tout ce qui comptait. La morphine acheva son travail avant que je ne m'inquiète de savoir si elle le serait toujours à mon réveil, et si elle le serait longtemps.



Le réveil fut à peine moins calamiteux que le précédent. Les sédatifs avaient un certain don pour assommer et engourdir au point que je mis une bonne grosse minute à déterminer si j'étais bien vivant ou non, tant je ne sentis pas immédiatement mon corps. La première pensée cohérente qui émergea dans mon esprit embrumé fut sans surprise tournée vers Pepper, dès lors que le souvenir de la veille fut ravivé. Elle était venue. Elle était là, elle était forcément encore là, elle ne pouvait pas être déjà repartie même en m'ayant vu maladroitement debout à tenter de fuguer. Non, je la connaissais, et même si elle me détestait aujourd'hui, elle restait cette femme dotée d'une trop grande bonté pour repartir ainsi sans s'assurer que j'allais définitivement bien. Je comptais aussi et surtout sur Rhodey et Happy pour l'avoir retenue jusqu'à ce second réveil, que j'espérais être le bon cette fois.


« Laisse Pep', je vais les porter, reste tranquille, » entendis-je. Happy. Mon coeur s'emballa bien vite en l'entendant parler à Pepper, confirmant sa présence. Electrisé par cette seule idée, je me bougeai pour me redresser et me désengourdir au passage en m'asseyant sur le bord du lit. Mes vertiges se firent moins violents et moins nombreux que la fois précédente, me permettant d'observer les lieux sans manquer de sombrer dans les pommes au premier mouvement de tête. « Hey, » dis-je faiblement pour attirer son attention peu après que Happy ait quitté la pièce avec deux valises dans les mains. Détail qui accéléra mon rythme sanguin sous une certaine angoisse. Elle était peut-être toujours là, mais ça ne semblait pas parti pour le rester très longtemps. Je me laissai glisser pour toucher terre, sans lâcher le lit afin de ne pas risquer de chute. Je voulus venir vers elle mais ce fut elle qui arriva rapidement vers moi. Sa main trouva le haut de mon bras pour me retenir d'aller plus loin et me garder adossé contre le rebord du lit. Je vis à son seul regard son habituel mélange d'exaspération et d'inquiétude. Malgré sa volonté de me faire rasseoir, je résistai et restai debout face à elle, ma main se refermant doucement sur son bras en retour pour l'empêcher de s'écarter de moi. De s'en aller.

« Tu repars déjà ? » murmurai-je maladroitement, d'une voix presque éteinte du fait de la gêne qui m'habitait par le seul fait de poser cette question. Pour ne pas dire cette supplication à peine voilée de la voir rester un peu plus. Le malaise entre nous devint plus palpable encore alors qu'elle fuyait mon regard, soupirant, cherchant ses mots. Je sentais mon coeur malmené battre de manière désaccordée sous la douleur de la savoir sur le départ. Elle allait retourner à l'autre bout du continent. Encore. « Est-ce que... est-ce que je peux au moins t'offrir un café ou... quelque chose... avant que... enfin... pour te remercier... d'être v... » bégayai-je, prêt à me raccrocher à toute minute que je pourrais grappiller à ses côtés avant de la perdre de nouveau. « Je me suis permise d'appeler ton jet privé... Il attend déjà à l'aéroport pour t'emmener... enfin, nous emmener à Malibu... » Je me figeai en la regardant, mon sang manquant un battement. Je cherchais la faille, le mensonge, le signe que j'étais en train d'halluciner, encore dans le coma. Mais elle ne plaisantait pas, elle avait bien dit "nous". Nous. Après une hésitation certes, qui laissait comprendre qu'elle peinait toujours à me côtoyer après ce que je lui avais fait, mais peu importait sur le moment : elle venait avec moi.

Je ne sus pas exactement si ce fut du fait d'un nouveau vertige sous le coup de l'émotion ou de ma faiblesse physique encore prenante, mais je ne pus m'empêcher de laisser tomber ma tête au creux de son cou, serrant son bras toujours dans ma main avec un profond soulagement. Mon autre bras trouva son dos pour la serrer contre moi. J'en profitai pour m'imprégner du parfum de sa peau qui m'avait tant manqué. J'avais besoin d'elle. Tellement besoin d'elle. C'était comme une bouffée d'oxygène respirée à plein poumons, faisant voler en éclat l'étau oppressant qui avait eu tôt fait de revenir à peine réveillé. Mon adoption, mon alcoolisme, ma connerie de l'avoir trompée, blessée, perdue, mon suicide foireux et douloureux, la honte qui s'en suivait. Et tout le reste. Malgré tout ça, elle acceptait de revenir. Je ne pouvais pas ne pas m'effondrer ainsi contre elle, face à une âme si belle, si humaine. Tout ce que je ne méritais pas, elle me l'accordait malgré tout.

« Ca y est, tout est chargé, plus qu'à attendre qu'il se rév... oh, pardon. » Happy venait de revenir. D'un même mouvement, Pepper et moi nous écartâmes l'un de l'autre comme piqués par une fourche, gênés. « Je vais prévenir les médecins, tu n'as qu'à l'aider à se préparer, on se rejoint à la voiture, » dit-elle précipitamment en quittant la pièce. Tournant le dos, honteux moi-même, j'espérais qu'Happy ne profite pas de ce moment seul avec moi pour me parler de ma tentative de suicide encore ratée, mais passée plus près que jamais. Je sentis qu'il en avait envie, mais pour autant, il ne dit rien et m'aida à m'habiller. Je l'en remerciai intérieurement, ça et le fait qu'il ait probablement joué grandement dans le fléchissement de notre amie commune pour qu'elle m'accompagne à Malibu. Un regard lui suffit pour y appréhender toute ma reconnaissance autant que ma fierté plus bas que terre. Je sus que son silence provenait d'un accord tacite avec Pepper. Nul doute qu'elle avait promis de s'en charger, de se charger de me parler, ou quelque chose du genre. Je les connaissais par coeur, mes trois amis éternels. Qu'importe, j'aviserais le moment venu par une énième pirouette. En attendant, tout ce que je voulais, c'était quitter cet hôpital. Avec la femme que j'aimais.



« Bienvenue chez vous, Monsieur. Ravi de vous revoir, Miss Potts. » La voix robotique de JARVIS, qui résonna dans l'habitacle de la voiture, me sortit de ma torpeur alors que je m'étais perdu à regarder d'un air absent le paysage urbain qui défilait depuis de longues minutes autour de nous. Los Angeles. Son soleil, ses rues bondées, ses embouteillages, ses clochards avec leurs caddies, ses routes aériennes entrecroisées, puis le coeur de la ville. Puis de nouveau hors de ce dernier, nous avions pris la direction plus excentrée de Malibu pour rejoindre ma villa. Pepper conduisait, je comatais encore, mal réveillé de mon long sommeil durant le vol en jet privé où je n'avais pas mis longtemps à m'écrouler à peine décollés.
Me redressant sur mon siège, je risquai quelques regards sur ma gauche, cherchant à savoir à sa seule expression si elle ne regrettait pas déjà sa décision alors que nous franchissions les grilles automatiques de la propriété. Difficile à dire. Je le saurais bien assez tôt de toute façon. Après avoir suivi la route serpentant jusqu'en haut de la falaise à travers le vaste terrain qui me permettait d'être isolé du reste de la civilisation comme j'aimais à l'être, à l'image de l'isolement salvateur de mon armure au milieu de New York fourmillant de gens, Pepper nous gara devant l'entrée.
Bien sûr, JARVIS nous y attendait au travers d'un des androïdes qui lui servait de corps pour effectuer ses tâches de majordome virtuel. Il se chargea de prendre les valises dans le coffre tandis que je suivais Pepper à l'intérieur. Je m'étais arrangé sur le trajet pour ordonner à JARVIS via mon téléphone qu'il prépare la chambre principale pour elle et non pour moi, afin qu'elle soit installée le plus confortablement possible. J'avais tellement peur qu'elle ne reparte que j'étais repassé en mode paranoïaque concernant son bien-être. J'avais toujours fait ainsi, mais là, je comptais doubler la dose vu la situation. Une fois chacun installés, elle ne s'éternisa pas et rejoignit sa chambre, prétextant sûrement à raison que le voyage et le reste l'avaient épuisée. J'étais fatigué moi aussi, malgré mes heures de sommeil grappillées tout du long, mais cette fois-ci, je ne cédai pas aisément à l'appel de Morphée.
Seul, j'errai un bon moment dans l'immense villa aux lumières tamisées, observant la nuit au-dehors et le calme de l'océan à perte de vue. Je me sentais à la fois bien, ainsi loin de tout au milieu de la nuit calme, la sachant auprès de moi à quelques mètres en sécurité, et inquiet, de ne pas savoir de quoi l'avenir serait fait nous concernant. Elle m'offrait une chance de rattraper mon erreur, mais je ne savais pas comment m'y prendre, d'autant plus en gardant en tête l'hypothèse qu'au fond elle ne soit là que pour me surveiller, contre son gré, par peur que je ne refasse une tentative. Ca allait être à moi de faire en sorte qu'elle soit là pour moi et pas pour mes travers destructeurs, et la tâche s'annonçait difficile. Finalement, je partis me coucher après avoir flâné du côté de mon atelier pour le remettre en marche, en vue de bricoler les jours qui suivraient lorsque les insomnies me guetteraient de nouveau.



Le lendemain, je me levai avec pour détermination première la reconquête de la seule autre âme errant dans cette même villa. Je préparai le petit-déjeuner - avec l'aide essentielle de JARVIS - et fis tout ce qu'il fallait pour rendre son réveil agréable, montrer que je faisais des efforts. Il fallait qu'elle n'ait pas le temps de douter, de regretter son choix d'être ici, encore moins qu'elle n'ait le temps de trop s'ennuyer ainsi isolée, loin de sa famille et de ses amis. J'avais la culpabilité supplémentaire de l'accaparer malgré moi, de la retenir prisonnière, aussi étais-je motivé pour lui montrer que ce n'était pas ce que je voulais. Mais je déchantai bien vite, réalisant avec quelle distance elle se joignit à moi, pour finalement préférer s'éloigner le reste de la journée et vaquer à ses occupations personnelles. Je n'insistai pas, n'en étant pas moins blessé. Mais je savais qu'il faudrait du temps, et que j'étais tout sauf en droit de m'imposer à elle. J'avais déjà fait bien assez de mal.
Chaque jour qui suivit, je tentai de briser progressivement la glace, sans grand succès. Je lui proposai maladroitement mais sincèrement de se joindre à moi, de m'accompagner à l'aérodrome pour sortir un peu, faire un peu d'avion à l'ancienne, ou juste se balader sur le bord de côte. A chaque fois ou presque, elle refusa, et j'y allai seul, ou me démotivai et repartais tête basse me terrer dans mon atelier. Chaque refus de sa part me faisait mal, et plus ça allait, plus j'en arrivais à me demander ce qu'elle faisait réellement ici. Souvent, je me perdais à la regarder depuis le balcon quand elle se rendait seule à la plage, au pied de la falaise sur laquelle reposait la villa. Chaque fois, je m'extasiais de la grâce, de la beauté naturelle qu'elle dégageait, même réduite à l'état de simple silhouette distante. Je mourrais d'envie de la rejoindre, de passer du temps à ses côtés, même si elle ne me parlait pas vraiment. Mais je n'osais plus, à force de sentir que je gênais.

Pourquoi être venue si ce n'était pas pour me laisser une chance de réparer mon erreur ? Si ce n'était pas pour me laisser une infime ouverture dans laquelle je pouvais m'immiscer pour la reconquérir ? Je ne demandais rien, hormis un peu d'attention, hormis une occasion de lui faire comprendre que j'essayais vraiment, que je tenais toujours à elle, plus que jamais même. Si elle ne me laissait pas revenir vers elle, et détruisait chacun de mes efforts, à quoi bon ? Démoralisé, bidouillant des gadgets de seconde zone dans mon atelier sans grand coeur à l'ouvrage, j'en arrivais à la conclusion qu'elle était bel et bien venue pour seulement jouer les baby-sitters à cause de mon suicide raté, parce que Rhodey et Happy n'auraient pas pu le faire à sa place.
Parce qu'eux, je les feintais, et leur influence sur moi était différente de celle de Pepper, évidemment. Mais me donner un faux espoir juste pour m'empêcher de réitérer mon acte autodestructeur était cruel. Au final, je ne savais pas plus où j'en étais, et pour éviter de me torturer plus que nécessaire, je me plongeais dans les cartons de mon passé. Le meilleur moyen d'oublier une souffrance était de la remplacer par une autre, c'était bien connu. Ecraser le pied pour ne plus sentir la douleur dans le bras, ce genre de connerie.

Le soir, tard, je jouais du piano pour me détendre, pour évacuer discrètement. Comme lorsque nous vivions à la Tour, que nous parlions jusqu'à pas d'heure depuis nos terrasses respectives. Je savais qu'elle aimait la musique, elle me l'avait souvent dit, et c'était pour elle que je jouais, bien plus que pour moi. J'avais l'espoir secret de la voir un soir sortir de sa chambre pour me rejoindre dans le salon, ne serait-ce que pour s'asseoir dans le fauteuil et m'écouter. Juste venir. Etre là, dans la même pièce, et non plus chercher à m'éviter comme le reste de la journée. Mais cela n'arrivait pas, et chaque soir, je perdais un peu plus espoir, la peur de la voir faire ses valises se faisant plus réelle à chaque fois. Je savais que ce n'était qu'une question de jours avant qu'elle ne parte, avant que cette situation ne lui soit plus supportable. Et j'étais désemparé, sans solutions pour briser cette impasse.





« ...pas comment HYDRA a réussi à placer des chevaux de troie dans ces Sentinelles, mais il est clair que leur encodage a été modifié en interne, durant la conception si on en croit le schéma de leur processeur. » « Probablement au Hangar, durant l'invasion. On ne pouvait pas surveiller Trask et Osborn à chaque minute, ils sont rusés, ils ont du trouver un moyen. » « J'ai déjà quasiment fini de renforcer Ultron. Ce qui s'est passé dans cette Zone Rouge ne se reproduira plus. » « Et la production ? » « La Future Foundation a obtenu des financements supplémentaires. Les forces de l'Iron Legion et les UltronBots seront augmentées afin de pouvoir empêcher que ce qui s'est passé au Wakanda avec Namor. ne se reproduise. »
« Ultron pourra coordonner autant de bots en plus ? » « Avec la puissance de calcul que je viens de lui rajouter, je crois pouvoir dire que plus grand chose ne pourra se dresser face à lui et ses forces de paix, » sourit Pym avec fierté, pour ne pas dire une certaine arrogance. Comme d'habitude. Comme le faisaient la plupart des génies d'ailleurs. Steve semblait sceptique, pensif, mais cela ne choqua personne. Tout ce qui touchait à la technologie n'était pas vraiment sa zone de confort. Il se contenta de donner de nouvelles directives, notamment la principale quelque peu personnelle : arrêter Crâne Rouge.

Après les comptes-rendus de gestion d’autres crises, les directives données, et quelques bavardages de fin de réunion, je ne m’attardai pas plus et réactivai ma montre pour déployer mon armure et reprendre le chemin rapide vers l’autre bout du pays, à savoir Malibu. J’avais dû venir à New York en urgence après avoir appris le déclenchement des zones rouges, la blessure grave de Clint par Natasha retombée aux mains d’HYDRA, et le piteux état dans lequel étaient revenus les autres rares survivants. Je n’avais plus Extremis depuis mon coma-suicide, toutes les nano-puces ayant été déstabilisées par le « décès » temporaire de leur hôte. Elles avaient été enlevées durant l’opération. J’étais donc revenu à du high-tech plus conventionnel mais toujours futuriste. De toute façon, je m’étais mis en statut de réserve, n’aidant que pour l’arrière-front intellectuel et plus vraiment pour le combat, sauf si extrême urgence. Avec Ultron et tout ce que l’armée de robots pour le maintien de la paix représentaient en matière d’efficacité sur le terrain, sans parler des Vengeurs et autres X-men, je pouvais bien m’octroyer ces vacances. J’en avais besoin, surtout en sachant Pepper revenue. Je jouais mon avenir la concernant et pour rien au monde je n’allais laisser Iron Man faire obstacle à la priorité qu’elle était à mes yeux.


Afin de gagner en vitesse et donc en temps précieux, je me servis comme souvent des lois de la physique et fonçai vers la limite atmosphérique. L’aérodynamisme, l’élan et l’attraction terrestre se chargèrent de me fournir une trajectoire balistique exponentielle, me faisant passer en vitesse hypersonique au-delà de mach 15 en phase de réentrée atmosphérique, droit vers la côte ouest. Au total, je ne mis même pas une demi-heure pour retrouver le ciel bleu de la Californie. Je dus faire un détour vers le centre-ville où un braquage eut lieu, pliant l’affaire sans forcer avant de reprendre ma route vers chez moi. J’étais pressé de rentrer. De m’assurer qu’elle était toujours là. J’avais beau le savoir via JARVIS, j’avais surtout besoin de la voir physiquement. Je passai comme une étoile filante au-dessus du toit de la villa, puis de la piscine, où je repérai Pepper grâce à mes capteurs, avant de virer pour rentrer par le tunnel menant au sas s’ouvrant dans le pan de la falaise. Une fois les systèmes de sécurité de celui-ci désamorcés à ma reconnaissance, je pénétrai dans l’atelier et me dépêchai d’enlever mon armure.
M'habillant à la va-vite, je gravis les escaliers menant aux étages habités de la villa. Il ne me fallut pas longtemps pour apercevoir Pepper en train de bronzer sur l'un des transats bordant la piscine. Planté comme un idiot au milieu du salon, je la regardai. J'aurais aimé la rejoindre, mais ces derniers jours avaient été si distants, tendus, que désormais j'avais peur de lui imposer ma présence. J'avais l'impression que plus j'essayais, plus elle s'éloignait. Dans un élan de folie, je me défis de ces carcans et répondis à l'appel de ma fatigue nerveuse, de mon besoin de me détendre. Avec ce soleil, le scintillement de ses rayons sur la surface de l'océan comme de la piscine, je ne pouvais pas ne pas saisir l'occasion d'aller nager un peu. Et d'être ainsi indirectement près d'elle. Mon maillot enfilé, je passai sur la terrasse, contournant son transat pour rejoindre le bord. Je m'y assis, rentrant les jambes en premier dans l'eau à la température agréable. Je la regardai furtivement plusieurs fois, avisant son air impassible, inerte, lunettes teintées sur le nez, comme si je n'existais pas. Pour changer.

« Tu as le bonjour de Steve et de Wanda, » déclarai-je après quelques secondes d'hésitation. Un peu d'attention. Je voulais juste un peu d'attention. Son indifférence me détruisait plus durement en étant si proche de moi, et en m'ignorant, que lorsqu'elle était à Seattle. C'était comme me dire "regarde, observe bien comme tu ne représentes plus rien pour moi". « Clint est sorti d'affaires mais est encore dans le coma...Hank pense avoir résolu le problème du programme. Les Zones Rouges ont été stoppées mais pas détruites, on devrait pouvoir y envoyer de nouveau des Sentinelles fiables. » Je parlais sans attendre vraiment de réponse, les deux mains agrippées au rebord de chaque côté, battant des pieds sous l'eau tout en regardant ces derniers d'un air distant. J'essayais encore une fois vainement de faire la conversation, comme les jours précédents, sans énormément de succès. Quand elle me répondait, ce n'était jamais que par politesse, du moins c'était mon ressenti. Le reflet de l'eau me renvoya l'image peu agréable des cicatrices barrant encore les contours de mon nouveau réacteur. Je ne me souvenais plus vraiment de ce que j'avais fait en tentant de me flinguer mais je ne m'étais pas loupé. Instinctivement, par gêne envers moi-même à la seule pensée de ce que j'avais fait et les raisons cachées derrière, je me grattai le torse, frottant ma peau abimée. J'avais récupéré progressivement depuis notre arrivée ici, mais pas encore entièrement, la fatigue me trouvant assez vite en fin de journée. Je devais prendre certains médicaments pour combler le rejet d'Extremis et réhabituer mon corps à la normalité, mais rien de bien contraignant. Je finis par me laisser tomber dans l'eau, entamant mes longueurs de relaxation. La natation était un de mes sports préférés depuis toujours. Le travail de tous les muscles du corps mais surtout l'obligation de morceler son rythme respiratoire imposait au mental un calme olympien et concentré.
De quoi oublier le reste et se focaliser sur les allers et retours sans boire la tasse. Ou presque. Un flashback du Jour de l'Invasion Skrull, où Pepper avait été entraînée au fond de l'eau et moi avec pour la sauver de l'éboulement vint casser mon apaisement assez brutalement. Je sortis instantanément la tête de l'eau en allant m'accrocher au rebord, passant une main sur mon visage pour mieux pouvoir ouvrir les yeux. Pas de crise d'angoisse. Juste une mémoire eidétique un peu trop invasive de temps à autres. Etre Iron Man et vivre au premier plan dans un monde totalement fou avait de quoi remplir un esprit de traumatismes et de peurs. Je retrouvai vite mon calme en observant l'horizon un instant, avantage d'avoir une piscine de luxe à moitié suspendue à flanc de falaise. Puis je me retournai, voulant m'assurer que Pepper allait toujours bien. Mon coeur fit un mauvais bond en voyant le transat vide. Où était-elle ? L'avais-je déjà fait fuir ? J'eus mal rien qu'à me sentir ainsi comme un pestiféré à éviter.

Je sursautai en la voyant apparaître non loin de moi, émergeant à la surface de l'eau. Mon soulagement fut comme une montagne russe. Elle était toujours là et même, elle s'était rapprochée au point de partager la piscine avec moi. Comprenant qu'elle voulait aussi faire quelques longueurs, je lui laissai la voie libre et repris les miennes en parallèle et en rythme décalé. Après un certain temps, lorsque je réalisai que le soir commençait à tomber doucement sur l'horizon et que les lumières extérieures s'étaient allumées, je décidai d'arrêter et me dirigeai vers le rebord pour m'y appuyer et grimper dessus à la force de mes bras. J'allai chercher ma serviette posée sur le dossier d'un transat et commençai à me sécher un peu, avant de voir que Pepper ne tarda pas à me suivre. J'allai chercher sa serviette pour la lui apporter alors qu'elle s'asseyait sur le rebord, observant l'horizon en silence. Elle me gratifia d'un petit merci en attrapant la serviette pour se sécher, avant de se lever et d'aller chercher quelques affaires laissées sur la table près du transat. De dos à moi, je ne pus m'empêcher de me tourner pour la regarder, détaillant sa silhouette, les contours de ses épaules, ses longues jambes, ses cheveux d'un feu humide qu'elle pressait pour essorer brièvement. Elle était si magnifique que je mis une fraction de seconde de trop à détourner la tête lorsqu'elle se retourna vers moi, faisant maladroitement mine de continuer de m'éponger le torse de mon côté. Elle eut la générosité de ne pas me tomber dessus avec un reproche ou un soupir exaspéré, ou que sais-je. Je m'attendais à tout. Je savais que ma seule présence l'irritait.

« Comment ça va ? » Je relevai la tête pour la regarder, surpris qu'elle m'adresse la parole. Je suivis son regard vers mon réacteur et compris qu'elle parlait de mon opération. « Ca va, » répondis-je. « Tu mets toujours la crème réparatrice ? » Elle ne me regardait déjà plus, posant ces questions comme s'il s'agissait du beau temps et de la pluie, ou faisant du moins semblant que ça l'était. Ca devait lui coûter de montrer qu'elle s'inquiétait de ma santé. A moins que ça ne soit Rhodey qui lui ait demandé aujourd'hui où j'en étais. « Oui. » Je crus qu'elle en resterait là et rejoindrait l'intérieur de la villa, mais il n'en fut rien. Contre toute attente, elle vint vers moi pour observer de plus près l'état de ma peau balafrée et du réacteur, évitant soigneusement mon regard alors que le mien était happé par les traits de son visage. Je me doutais qu'elle inspectait mon état pour rendre compte à nos amis communs, et ça me peinait. « Tu me manques... » Les mots s'étaient échappés de mes lèvres malgré moi dans un murmure à peine audible, me surprenant moi-même. Me faisant surtout brutalement paniquer. Mais cette situation me tuait à petit feu, je ne pouvais plus le garder pour moi. Je voulais qu'elle sache, qu'elle sache que j'avais besoin d'exister pour elle. Mon audace sembla la faire paniquer au vu de ses gestes soudainement saccadés. Elle voulut s'éloigner. « Pepper... S'il te plaît... » la suppliai-je en saisissant son poignet pour l'en empêcher, collant mon front contre ses cheveux mouillés. Ne pars pas. Pas encore. Ne me fuis pas. Je t'en prie. Je voulais juste qu'elle me parle, ne serait-ce que ça. Je risquais la gifle, le scandale pour briser le statu quo de distance qui nous liait désormais, mais c'était plus fort que moi. Elle me torturait. Je voulais que ça s'arrête.

Sans que je ne m'y attende ni même ne l'espère, elle se retourna, et m'embrassa. Sa main retrouva mon torse et sans attendre je l'étreignis contre moi aussi fort que je pus, dévorant ses lèvres, réclamant son souffle, ses caresses, tout ce qu'elle accepterait de m'offrir pour cet instant volé. Tous mes sens s'enflammèrent sans grande résistance, la soulevant contre moi pour mieux couvrir son cou de multiples baisers tout en l'amenant jusqu'à la chambre donnant sur la piscine où nous étions, à quelques pas de là. Loin de toute réalité, je ne sus même plus si tout cela était réel ou si, endormi quelque part à l'hôpital ou ici dans cette même villa, je rêvais encore à une réconciliation qui ne pouvait exister. Tout ce que je sus cette nuit-là, ce fut que je l'avais toujours aimé, que je l'aimais toujours, et que cela ne changerait certainement jamais. Je serrai son corps dans mes bras aussi longtemps et passionnément qu'il me fut donné de le faire, oubliant passé et lendemain pour ne me soucier que d'elle en ce moment présent.


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Mama told me when I was young,
Forget your lust for the rich man's gold
All that you need is in your soul,
You'll find a woman and you'll find love,
Be a simple kind of man, something you love and understand,
Won't you do this for me, son, if you can ?

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Virginia P. Potts
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MessageSujet: Re: A Dustland Fairytale [PV Pepper]   Dim 6 Mar - 14:12


A Dustland Fairytale



Non, non, non … Qu’est ce qui m’avait pris ?  Furieuse et mal à l’aise, je m’insultais à voix basse de manière à peine audible. Je n’aurais jamais dû me laisser aller au point de l’embrasser. Et cela même si sur le coup l’envie de me retrouver intimement près de lui avait été trop forte pour pouvoir être repoussée.  Cela avait été une erreur. Une erreur qui ne faisait mettre que de l’huile sur le feu. Notre relation n’était pas au beau fixe et il était évident que cela ne ferait que compliquer un peu plus les choses.  Contrairement, à ce qu’on pouvait penser, je n’étais pas là pour recoller les morceaux de notre relation amoureuse brisée. J’étais là pour veiller sur lui. J’étais là pour m’assurer que sa guérison se passe bien et qu’il soit en bonne santé. Je n’étais pas là pour rester.  Je ne savais pas si je voulais rester. Tout le reste était trop frais dans ma mémoire. Et je n’avais pas envie d’être à nouveau blessée par l’ouragan que Tony pouvait représenter. Pas encore et pas comme ça.  Malgré ça, je ne pouvais nier que j’avais apprécié la proximité qui nous avait liée cette nuit. Il m’avait fait du mal mais il me manquait.  Mes sentiments pour lui n’avaient pas changé et ils souffraient de cette séparation. Néanmoins, ne pouvant lui faire confiance avec mon cœur, je voyais mal comment je pouvais bien faire autrement. Mettre le plus de distance entre nous, était la meilleure solution. Un jour le manque disparaitrait et de cette aventure il ne resterait que des vagues souvenirs. Il fallait juste laisser le temps faire son affaire. Ces choses là prenaient du temps. J’espérais juste que je ne mettrais pas des années à m’en remettre.  Enfin  avant toute chose,  il fallait déjà peut être que je commence par arrêter de me mettre dans ce genre de situation.  Je respirais calmement avant de jeter un coup d‘œil furtif au dessus de mon épaule. Tony  dormait toujours à poings fermés. Consciente qu’il avait besoin de se reposer pour faciliter sa guérison, je m’échappais de ses bras mollement serré autour de mon corps. Je me figeais  et fermais les yeux lorsque je le sentis remuer, déragé par mes soudains mouvements. Il se contenta cependant de rouler pour se retrouver sur son autre flanc. Je patientais dans le silence jusqu’à être sure qu’il n’avait pas ouvert les yeux. La situation était déjà assez dérangeante sans y rajouter une conversation qui ne plairait à aucun de nous. Je n’étais pas stupide au point de croire que lui et moi étions en phase sur ce qui c’était passé entre nous. Nous n’avions pas du tout les mêmes attentes. Me récupérer était sa priorité. Il me l’avait suffisamment fait comprendre. Moi, ce n’était pas ce que je recherchais même si il était facile de penser le contraire au vu de mes plus récentes activités à l’hôpital comme ici.  Après quelques secondes plus, je me levais finalement sans faire de bruit et ramassais mon maillot de bain avant de fuir le plus rapidement possible de la pièce.


Je parcourais les couleurs de cette immense villa jusqu’à arrivée à la salle de bain la plus éloignée de là ou Tony était encore endormi. Un soupir m’échappa lorsque la  porte cliqueta dans mon dos. Soudainement fébrile, je me laissais tomber contre cette dernière et enfouissais ma tête entre mes mains. J’étais une idiote. Une véritable idiote. La femme la plus puissante du monde, laissez moi rire. Je n’étais même pas capable de résister à la tentation qu’il pouvait représenter pour moi. Il fallait que cette situation cesse. J’avais cependant promis à mes amis que je veillerai sur lui au moins jusqu’à ce qu’il rétablit. Je ne tenais pas à faire bond à ma promesse sachant que Rhodey n’était en ce moment pas mon plus grand fan. Autant éviter de s’attirer un peu plus ses foudres. Au fond, je savais qu’il ne m’en voulait pas vraiment et qu’il  était en colère contre Tony pour son attitude. Il était cependant plus simple pour le moment de me blâmer moi. Personne ne savait de quoi Tony était à présent capable.  Et personne n’avait envie de tester les diverses possibilités. Avec un autre soupir, je décollais mon dos de la porte et entreprit ma toilette. J’effectuais cette dernière avec des gestes habitués, l’esprit ailleurs. Ce n’est que lorsque la question de s’habiller autrement qu’en bikini se posa que je me reconnectais réellement à la réalité. Je ne manquais pas de grogner lorsque je me rendis compte que je n’avais pas d’habits à portée demain et que mes affaires étaient dans ma chambre. Chambre où Tony devait encore se trouver. Cette journée commençait vraiment affreusement mal. Je réfléchissais à la meilleure solution à adopter. Je ne pouvais pas me balader toute nue dans la villa. N’ayant as vraiment d’autre option, je demandais à JARVIS où se trouvait son créateur. Comme je m’en doutais, celui-ci était toujours endormi. Cette information en tête, je sortis de la salle de bain et me dirigeais vers la chambre que Tony occupait depuis notre arrivée. Ayant l’affreuse impression de pénétrer dans un territoire interdit voir contaminé, je ne m’attardais pas t restais juste assez longtemps pour piquer un de ses sous vêtements propres et un teeshirt assez long pour m’arriver au moins en dessus des fesses. Porter ses vêtements envoyait le mauvais message mais sur le coup cela me paraissait mieux que l’autre alternative : à savoir me trimballer toute nue jusqu’à ma chambre pour prendre des vêtements. Ainsi modestement vêtu, je regagnais la salle de bain pour finir de me brosser les cheveux et de me laver les dents.  Je rallongeais ces tâches au maximum et attendis plus ou moins patiemment que JARVIS m’annonce enfin que Tony avait quitté la chambre pour m’y aventurer. Je ne voulais pas qu’il me voit comme ça. Je ne voulais pas qu’il se fasse des idées. Et je ne voulais pas le blesser d’avantage. Cependant tout le monde n’était apparemment pas de mon avis. A peine eus je poser la main sur la poignée de la porte pour m’engouffrer à l’intérieur de la pièce qu’il apparut au but du petit couloir une tasse de ce que je supposais être du café à la main.


    - Non. M’exclamais-je d’une voix un peu trop forte, tranchante et paniquée lorsque je le vis commencer à se rapprocher de moi. Le ton de ma voix fut immédiat.  Je grimaçais en le voyant perdre son sourire. Incompréhension, confusion, colère puis tristesse passèrent en un temps record sur son visage. Désolée mais je ne peux pas. Soufflais je tout de même avant de disparaitre dans la chambre et de claquer la porte dans mon dos. Cette matinée était un cauchemar.


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Les jours qui suivirent ce fameux dérapage furent pour le moins tendu. Je l’évitais au maximum et fuyais la pièce dans laquelle j’étais dès que je le voyais arriver. Il était vraiment rare qu’on se retrouve au même endroit au même moment. Tony avait de toute façon réinvestit son atelier et n’en sortait que pour s’alimenter dès que JARVIS l’informait que de la nourriture était à sa disposition. Autant dire que cela arrivait assez souvent. J’adorais faire la cuisine ou la pâtisserie et c’était encore plus vrai lorsque je me sentais mal ou lorsque j’étais stressée. Pour éviter de faire une autre ânerie et de me remettre dans une situation compromettante comme la dernière fois, j’avais passé un nombre d’heures incalculables aux fourneaux à préparer milles mets différents. La difficulté des plats me maintenant concentré sur autre chose que Tony, mon amour pour lui et les souvenirs de nos moments passés ensemble.  Lorsque j’étais à Seattle la distance suffisait à ne pas me faire penser trop souvent à tous ces moments tendres que nous avions partagés. En étant dans le même espace que lui, cela m’était impossible. Sa présence était un stimulus duquel je ne pouvais me défaire. Il n’y avait rien de plus frustrant et de plus blessant.  Et le pire dans tout ça c’était que plus ça allait plus son odeur, la chaleur de sa peau ou encore le son de sa voix me manquaient. Ma raison voulait une chose et mon cœur en voulait une autre. Les deux ne cessaient de s’affronter sans relâche. Ça me fatiguait. C’était de la torture. Une torture que je n’arrivais plus à supporter. Si c’était ça aimer quelqu’un je n’en voulais pas.


Armée de maniques, je sortis la première base de génoise de mon gâteau du four. J’avais besoin de penser à autre chose que lui et au souvenir de ses baisers sur ma peau. La cuisine semblait comme les autres jours le meilleur moyen de penser à autre chose. En faisant attention à ne pas me brûler je déposais le gâteau brûlant sur la plaque en métal que j’avais posé sur l’îlot de cette cuisine high tech. Pour le moment je ne pouvais rien faire de cette partie. Elle était trop chaude pour que je puisse la découper comme j’en avais envie. Je ne recherchais pas à faire quelque chose de compliqué mais j’avais tout de même envie de faire un gâteau à deux étages avec une base plus grande que le chapeau. Le procédé n’avait rien de dur mais prenait du temps. Et c’était bien là-dessus que je misais. Ayant déjà préparé la pâte pour la seconde génoise, je n’eus qu’à la verser dans un moule identique au premier et à mettre le tout au four. Il ne me restait qu’à faire la crème au beurre pour recouvrir les gâteaux et les coller ensemble. Après ça, le tour serait joué.  Dans le frigo j’attrapais le beurre pour me mélanger aux ingrédients que j’avais déjà disposé près du robot que j’allais utiliser. Je stoppais cependant mes gestes bien vite comme pris la main dans la boite à cookie lorsque j’apercevais Tony adossé au mur juste en face de moi.


    - C’est bête, tu ne peux pas fuir cette fois. Me lança t-il avec humeur avec un léger sourire en coin que je ne savais être que de façade. Je devais admettre que je l’avais mérité celle là.

    - Tu veux quelque chose ? Demandais-je le plus calmement que je pus sans céder à la colère que je sentais grandir en moi. Je n’étais pas fâchée contre lui en soit mais c’était plus simple, vu mes sentiments chaotiques, de m’énerver.

    - Pourquoi t’es là ? demanda t-il abruptement après quelques secondes de silence qu’il passa à me regarder.

    - Je fais un gâteau. Lui répondis-je en essayant au maximum de garder la moquerie hors de ma voix.  Je savais que ce n’était pas vraiment le sens de sa question mais je n’avais pas envie de discuter de ça avec lui. Et puis je ne savais même pas comment répondre réellement à la question. Je préférais faire l’idiote.

    - Arrête de te payer ma tête. S’énerva t-il en haussant fortement la voix ce qui ne manqua pas de me faire sursauter. Apparemment, nous avions finit de tourner autour du pot. Pourquoi t’es là  si c’est pour m’éviter comme la peste. Grogna til en se rapprochant de l’ilot derrière lequel j’étais positionnée.

    - Pourquoi t’as essayé de te suicider ? Contrattaquais-je sans l’épargner. Si il voulait parler, il n’avait qu’à parler de ça. Ça permettrait à tout le monde d’avancer.  Nullement impressionnée par son regard noir, j’haussais un sourcil. Eloquent. Lançais-je face à son silence. Visiblement ce ne fut pas la chose à dire. Le peu de retenue qu’il avait encore passa par la fenêtre. J’avais côtoyé Tony dans tous ses états mais je ne l’avais jamais vu autant en pétard.  Face à sa fureur, j’eus soudainement peur de lui et reculais dès qu’il avançait. Sans broncher mais en gardant une distance de sécurité entre nous, j’encaissais ses remarques. Je profitais du fait qu’il essaye de récupérer son souffle pour lui renvoyer l’ascenseur. Peu à peu la dispute prit une tournure dramatique et nous nous retrouvâmes à nous hurler au visage pour tout et n’importe quoi. Furieuse contre lui et contre moi-même de trouver du vrai dans ses paroles, je tentais d quitter la cuisine. Sa main sur mon poignet m’empêcha cependant toute retraite. Je tentais de me défaire sans succès.  Arrête ! Tu me fais mal ! Sifflais-je lorsqu’il resserra sa prise. J’allais avoir des marques, j’en étais sure. Se rendant certainement compte de ce qu’il était en train de faire, il me relâcha vivement.  Instantanément, je recourbais mon poignet contre moi. Je te hais ! Assénais je finalement  avec des larmes au fond des yeux.  C’était fini, j’en avais assez.



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L’horizon se peigna progressivement de rose puis de jaune devant mes yeux. J’avais toujours adoré admirer les premières lueurs du jour. Le ballet de couleurs avait quelque chose de magique et d’émouvant.  Quelque chose de calme et d’envoutant. J’étais allée dans bien des pays du monde mais rien ne valait les lever du soleil du Wisconsin.  Et cela pour la bonne raison qu’ici j’étais chez moi. Enfin pas totalement puisque j’étais née et avais grandie dans le Connecticut. Cependant mon père avait emménagé ici il y avait de cela des années du coup l’endroit était devenu ma maison d’adoption. Apaisée par le spectacle, je fermais les yeux et inspirais profondément. Le grand air faisait du bien. Je passais quelques minutes de plus à contempler ce spectacle majestueux que seule mère nature pouvait offrir avant de reprendre les rennes de mon jeune cheval. Docilement, l’animal se mit en route  le long du petit chemin pédestre et escarpé par lequel nous étions montés. L’étalon était jeune mais rien ne semblait l’effrayer ou l’émouvoir. Mon père avait fait un excellent travail. En à peine dix minutes, je retrouvais le ranch de mon père. Je mis pied à pied auprès d’un des anneaux accroché au mur où pendait le licol que j’avais précédemment utilisé. J’attachais ce dernier au cou du cheval avant d’enlever ma bombe.  Je secouais la tête pour dégager les quelques mèches rousses qui se logèrent devant mes yeux. Le jeune étalon souffla en grattant le sol. Son attitude ne manqua pas de me faire sourire. Répondant à son appel, je lui enlevais le filet que je suspendais à l’échelle placée non loin.  Je ne m’embêtais pas à passer correctement le licol et le débarrassais directement de sa selle et de son tapis. Une fois qu’il fut douché, brossé et qu’il eut les pieds curés, je le l’emmenais jusqu’au paddock où il retrouva ses autres camarades de jeu.  Amusée par le spectacle que ces animaux imprévisibles offraient, je m’accoudais à la barrière pour les regarder.


    - T’as pas eu de problème ? me demanda mon père en arrivant à mes côtés, une tasse fumante à hauteur des lèvres.

    - Non, c’est un brave animal. Il a peur de rien. Tu l’as bien dressé. Lui répondis-je en souriant et en me tournant vers lui. Mon père fidèle à lui-même hocha la tête sans rien ajouter de plus. il n’avait jamais été très loquace de toute façon.

    - Tu ... commença t-il avant de marquer un temps de pause. Je me tendis perceptiblement en attendant la suite. J’étais arrivée depuis deux jours et mon père  ne m’avait pas encore demandé pourquoi j’étais là. Il se doutait de quelque chose et voulait des réponses à ses questions. La dernière fois qu’il m’avait vu, je partais limite en pleurs sur Seattle. Autant dire que mes visites avaient de quoi l’inquiéter. Cependant je n’étais pas d’humeur à évoquer de près ou de loin la raison de ma présence. Et puis mon père serait furieux contre moi. Furieux que j’ai quitté Seattle pour New York sans me poser de question lorsque la vie de Tony était en danger, furieux que j’ai perdu mon job, furieux que je sois retournée à Malibu et furieux que je sois ici à cause de Tony. Toujours à cause de lui je dirai même. Mon père ne le portait pas dans son cœur et je voulais éviter de rajouter de l’huile sur le feu. Je voulais profiter du calme et de la nature pour me recentrer. Sentant qu’il s’engageait sur une pente glissante mon père se ravisa et préféré avaler une autre gorgée de son café.   Ça fait un moment que je n’ai pas fait travailler Feu Follet sur du saut  d‘obstacle. Tu veux le monter  pour le désencrasser un peu? Me demanda t-il en sachant par avance ma réponse.



En moins de temps qu’il ne fallait pour le dire, Feu Follet était brossé et harnaché en conséquence.  Je le laissais un instant devant la carrière que mon père utilisait pour ses entrainements. Je ne pris pas la peine de l’attacher. Feu Follet était le cheval le plus obéissant que je connaissais et aussi le cheval que mon père avait acheté spécialement pour moi. Le lien qui unissait cette bête à moi était quelque chose de fort. Une amitié basée sur un respect mutuel.  J’avais grandi avec cet animal. je le connaissais suffisamment pour savoir quoi faire même sans avoir pratiqué l’équitation depuis un moment. Equipée d’une bombe différente que celle que j’avais utilisé pour ma balade et d’un gilet de saut destiné à amortir une chute le cas échéant, je me positionnais sur le dos de mon cheval. L’échauffement dura le temps que mon père réfléchisse au parcours qu’il voulait me faire faire. Une fois les obstacles placés et montés, mon père m’expliqua ce qu’il attendait de moi et les allures que je devais abordée pour tel ou tel saut. Je lui signalais que j’avais compris d’un signe de tête et me familiarisée avec le parcours en faisant marcher Feu Follet entre les obstacles. Je le laissais les renifler à sa guise pour éviter tout refus de sa part de sauter au dernier moment. Je le mis finalement au trot puis au galop et le menais à travers les difficultés sans faute. Mon père satisfait de ma prestation augmenta la hauteur des obstacles et me laissa recommencer deux fois de plus avant d’enlever ou de router des choses à sa guise.  La leçon dura une bonne heure et demie. Aucun incident ne fut à déclarer et je laissais pendre les rennes pour que mon cheval puisse allonger son encolure dès que mon paternel me déclara que c’était fini pour aujourd’hui. Du moins pour ça. Je pouvais passer ma journée à cheval si je le souhaitais. Mon père n’y verrais aucune objection du moment que je changeais de monture.


    - Ah Potiron, même en sueur tu es toujours aussi ravissante. Se moqua une voix dans mon dos alors que je faisais faire un dernier tour de piste à Feu Follet. Un sourire se dessina sur mon visage à la vue de Jax , accoudé dans son costume  à la barrière poussiéreuse de la carrière.

     - Qu’est ce que tu fais là ? lui demandais je en arrêtant ma monture à sa hauteur et en mettant pied à terre pour venir lui déposant un bisou sur la joue. J’avais les lèvres un peu sèches mais il ne s’en formalisa pas.

    - Ton père m’a appelé. M’apprit- il simplement en levant la main pour venir caresser chanfrein puis le front du cheval.

    - Tu n’es pas censé travailler ? Je sais que tu as été engagé.  Le questionnais je en quittant l’endroit salé pour retrouver le mur aux anneaux et ma boite à brosses.

    - J’ai été engagé et toi t’es partie. A croire que tu cherches à m’éviter. Blagua t-il doucement tout en jaugeant ma réaction.  Je me contentais d’hausser les épaules. J’ai pris un jour de congé, je leur ai dis que ma mère était mourante. Me répondit-il finalement.

    - Elle a du apprécier. Riais-je.

    - Je lui ai pas dis que j’avais balancé ça comme excuse. Tu la connais, elle aurait fait toute une histoire en disant que j’allais lui porter malheur ou que sais je encore. Cette femme est trop superstitieuse pour son propre bien je te jure. S’amusa t-il.  Si tu savais ce qu’elle m’a sorti la dernière fois. Même toi tu n’aurais pas pu t’empêcher d’éclater de rire. Continua t-il en entreprenant par la suite de me raconter les dernières frasques de sa mère. Une femme étrange bien que pas méchante. Jax n’avait rien d’elle et tenait tout de son père. Des fois, je me demandais comme ses parents avaient eu l’idée de se marier et de fonder une famille. Rien que le fait qu’ils puissent s’aimer m’étonnait. C’étaient des gens biens mais ils n’avaient vraiment rien en commun. Au moins, on ne s’ennuyait jamais dans sa famille.

     - Tu veux monter ? Lui demandais je après avoir retiré tapis et selle. Faire une mini balade à cru sur Feu Follet avait été dans mes projets avant que Jax ne s’ajoute à la fête.   Fais pas cette tête, je monte devant, t’auras qu’à t’accrocher à moi. Soufflais-je avec un sourire en le voyant virer au vert. Comme il le disait si bien lui et les canassons, animaux de Satan, n’étaient pas faits pour se côtoyer.



Après une plaidoirie de dix minutes en faveur de l’activité, je finis par le convaincre. Fidèle à ma promesse, je montais devant lui et m‘occupais de guider le cheval. Jax se cramponna à moi comme si sa vie en dépendait dès le premier mouvement. Qu’est ce qu’il pouvait être craintif dès que ses pieds quittaient le sol. Cela ne finirait jamais de m’amuser. Avec un sourire qu’il ne pouvait voir, je mis doucement l’animal au trot et me délectais du mini cri que cela provoqua.  Jax était vraiment amusant. A ses dépends. Je résistais de peu à l’envie de nous mettre au galop sachant qu’il finirait certainement par terre. Le galop a deux était quelque chose de risqué. Surtout avec quelqu’un qui n’y connaissait rien à l’équitation.  Monter à cheval demandait des compétences particulières qui n’étaient pas inné à l’être humain. Il fallait s‘entrainer sans relâche pendant des heures.  Ceux qui déclaraient que l’équitation n’était pas un sport ne savait clairement pas de quoi il parlait. Ou étaient juste trop effrayé pour s’y risquer et préféraient balayer la proposition d’un geste de main plutôt que d’avouer qu’ils étaient terrifiés. Et je comprenais cette peur. Elle était tout à fait rationnelle.  Le cheval était un être doué d’intelligence, plus lourd et plus imposant qu’un homme. C’était un animal imprévisible. A chaque fois que je posais mes fesses sur une selle, je risquais ma vie. Une mauvaise chute et tout était fini. Mais il n’y avait rien de plus majestueux et grisant que ça. Monter à cheval était un art qui demandait de la patience, de la compréhension et de la compassion.  Etre cavalier c’était accepter le fait que l’on allait se faire mal, que l’on allait tomber et se briser les os.  Tout le monde n’était pas taillé pour ça et je le comprenais. Ça ne m’empêchait pas de me sentir directement insulté lorsqu’on me disait que faire du cheval était une perte de temps et que cela ne demandait rien. Contrairement à l’opinion de certain, nous n’étions pas juste assis à ne rien faire.


Apercevant finalement une petite clairière sur la droite, je nous y menais. Jax soupira de soulagement en retrouvant la terre ferme. Je secouais la tête avant de descendre à mon tour et d’enlever le filet de la tête de mon cheval. Feu Follet libre trotter gentiment jusqu’à trouver le coin d’herbe qu’il voulait brouter. Je le regardais faire un instant avant de me laisser tomber dans l’herbe haute.  J’haussais un sourcil en voyant Jax hésiter. Son costume n’allait pas survivre à l’aventure.  Avec un roulement des yeux, il me rejoignit néanmoins. Non sans se plaindre un peu. Jax ne serait pas Jax sans ça.


    - Bon alors dis moi qu’est ce qui se passe. Lâcha soudainement Jax en n’ayant clairement pas les mêmes réservations que mon père. Ton père ne m’aurait appelé si tout allait bien. Il s’inquiète pour toi tu sais. Continua t-il en me lançant un sourire. Et puis je dois avouer que moi aussi. Tu n’es pas aussi rayonnante que d’habitude. Me fit-il remarquer finalement. Vexée, je lui envoyais un regard noir dont il ne se formalisa pas. Jax pouvait être bien des choses mais être délicat ne faisait pas parti de ses qualités. J’ai toute la journée. S’exclama t-il en faisant mine de s’allonger dans l’herbe. Après quelques minutes de silence en plus, je me mis finalement à table. Je lui racontais tout sans rien d‘omettre. Je ne rentrais néanmoins pas dans les détails intimes de l’affaire. Il n’avait pas besoin de savoir ça.  Ça ne le regardait pas. A la fin de mon récit, mon ami resta silencieux et mesura mes propos.

     - Comme tu dis. Soufflais-je devant son silence. La remarque ne manqua pas de le faire rire doucement.  En retour cela provoqua mon hilarité. J’avais besoin de rire de la situation et Jax avec sa nonchalance habituelle et son caractère brusque rendait cela possible. Nous rigolâmes  pendant quelque temps avant de progressivement nous calmer.

    - Qu’est ce que tu vas faire du coup ? Me questionna t-il en retrouvant son sérieux.

     - Je ne sais pas. J’aimerai tout mettre de côté et ne plus penser à rien de tout cela. Répliquais-je en me laissant à mon tour tomber allongée dans l’herbe.

    - Jusque là ça n’a pas l’air de bien fonctionner. Se moqua gentiment Jax. Je lui envoyais quelques brins d’herbes fraichement coupés au visage en guise de représailles.

     - Je ne peux pas lui faire confiance et pour une raison que j’ai du mal à comprendre, je n’arrive pas à rester loin de lui. Tu parles d’une situation merdique. Grognais-je énervée contre mes propres émotions et l’incapacité que j’éprouvais à me détacher de Tony.

    - Est-ce que tu l’aimes ? Me demanda Jackson en connaissant parfaitement la réponse à sa question. Il cherchait juste à me le faire dire à voix haute comme si cela allait changer quelque chose à mon problème.

     - Oui. Répondis je indulgente sans avoir honte de l’admettre.    Mais je ne peux pas prendre le risque de souffrir à nouveau comme ça. Murmurais je d’une voix prise par l‘émotion.

    - Tu sais … commença t-il. Si je me souviens bien tu m’as dis un jour que c’est mieux de vivre avec des remords qu’avec des regrets. Finit il en plantant son regard dans le mien. De là où je suis, le pire qui puisse arriver c’est qu’il recommence. Reprit-il. Et si c’est le cas, alors il t’aura prouvé ce que tu voulais savoir et tu pourras revenir vers nous car nous on sera toujours là. Souffla t-il en étendant sa main vers moi pour que je puisse m’en saisir. Mais as-tu pensé à ce que tu pourrais vivre si il était sincère ?  Ce que vous pourriez avoir comme vie à deux ? Alors oui peut être que ça n’arrivera jamais parce qu’il est incapable de changer mais je suppose que tu ne connaitras pas la réponse à ces questions à moins de lui laisser une autre chance. Sourit-il face à mon air perplexe. Après tu fais ce que tu veux ! Rajouta t-il en plantant son index dans ma joue rosie.  Je le poussais en laissant malgré moi échapper un hoquet de rire.



Feu Follet alerté par nos bousculades et les mouvements des brins d’herbes se rapprocha de nous et vint directement apposer son nez et ses naseaux contre le visage de Jax qui laissa échapper un cri de pur dégout.  Amusée, je le regardais se relever et essayais de mettre le plus de distance possible entre lui et le cheval qui semblait content de le suivre. Même les chevaux avaient le sens de l’humour.  Je me relevais en riant et récupérais le filet que j’avais posé à mes côtés. Feu Follet habitué à me suivre sans rien, se mit à route derrière moi lorsque je le sifflais. Il était l’heure de rentrer à la maison. Et cela valait pour nous tous. Je devais juste pour ma part trouver où était la maison dans laquelle je voulais vivre. Et sans trop me poser de questions, je savais déjà où cette dernière était ou plutôt avec qui. Maintenant, il fallait juste que je ne laisse pas ma peur m’empêcher de faire un pas dans la bonne direction.

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MessageSujet: Re: A Dustland Fairytale [PV Pepper]   Jeu 17 Mar - 22:24




A dustland fairytale




But I was made the way I am
I'm not a stone; I'm just a man
Lay down your arms and I will lay down mine
Rip back the time that we've been wasting





Elle allait appeler. Elle allait revenir. Un jour. Elle ne pouvait pas être partie définitivement, pas comme ça, pas avec cette oppressante sensation d'inachevé qui me tiraillait. Cela devait forcément la tirailler un minimum elle aussi. Non ? J'avais peur. Chaque matin, j'avais peur en me réveillant. Je veillais jusque très tard, incapable de dormir, sans être pour autant très fatigué étant donné que je choisissais mon rythme quotidien, partiellement en vacances. Je dormais peu, et en ouvrant les yeux à l'aube, je me demandais pour quelle raison j'allais me lever cette fois encore. Je ne faisais qu'entendre les échos de notre dernière dispute, mêlés à ceux de toutes les précédentes un peu trop nombreuses sur un temps trop court. A croire que toute notre amitié, toute notre étrange relation, n'avait eu de cesse d'être en chute libre depuis des mois, voire presque un an. Depuis que je lui avais caché la vérité sur mon réacteur déconnant. Crises sur crises, disputes sur disputes. J'avais l'impression que le temps où nous étions proches était lointain, presque irréel, tant cela n'avait été que tensions entre nous depuis. Il n'y avait finalement eu que cette éclaircie magique au milieu du chaos, ces quelques semaines de vie à deux où j'avais cru flotter sur un petit nuage. Et où j'avais tout brisé ensuite.

Le générique de fin se mit à défiler sur une musique entraînante. J'avais encore décroché en plein milieu du film, incapable de me concentrer plus de dix minutes sur quelque chose. Pourtant ce n'était pas le cadre propice qui manquait, au vu de la salle de cinéma entièrement aménagée dans laquelle je me trouvais, confortablement installé au creux de l'un des luxueux canapés trônant devant l'immense écran high-tech. La couverture était entassée à côté de moi, de la nourriture à moitié finie gisait sur les petites tables basses autour, au milieu de dossiers et autres outils. Bref, c'était le bazar et c'était ainsi depuis son départ.
Ses mots me hantaient. Je n'arrivais plus à me défaire de la haine qu'elle m'avait jeté au visage et me sentais plus mal encore depuis, à ressasser sans aucun contrôle. J'errais dans la villa comme un fantôme, cherchant des occupations, bricolant sans conviction, jouant du piano à des heures improbables de la nuit lorsque je me réveillais ou que mes insomnies me tenaient éveillé comme un zombie.



Tout pour ne pas céder à la tentation de boire l'une des bouteilles que j'avais dans la cuisine. Tout pour ne pas penser à elle, à chaque endroit de cette habitation que nous avions arpenté, baptisé à notre façon avec une passion certaine depuis la fin de l'invasion. Tout me renvoyait à elle, que ce soit ici ou à New York. Même cette salle de cinéma était jonchée de souvenirs. Quelques semaines auparavant, je me tenais au même endroit exact, elle blottie contre mon torse, à regarder paresseusement des films ou les informations. Ou plutôt à éviter de les regarder tant nous partions bien vite dans des discussions, ou autres activités plus intimes. Je sentais presque comme si c'était hier sa main caressant nonchalamment l'arrière de ma nuque, ou la chaleur de ses lèvres lorsque je les effleurais en lui faisant manger un pop-corn bien caramélisé dès que je tombais sur l'un d'eux. Ceux qu'elle adorait.

I'm going back to a time when we owned this town
We were friends and lovers and clueless clowns


Que ce soit nos années d'amitié complices ou nos brèves mais intenses semaines ensemble, tout me manquait. C'était hier que nous rigolions comme deux gosses dans le jacuzzi, que ce soit celui de la terrasse face à la mer ou celui de la Tour face à la ville illuminée de nuit qui s'étendait autour de nous. C'était encore hier que je pouvais dormir sereinement, en la sachant tout près de moi dans le lit chaque nuit. Et non à fixer le plafond en attendant que le temps passe, en cogitant, sur-cogitant, tourmenté par l'incertitude de la voir revenir un jour. C'était bête, mais sans elle, j'avais la sensation d'avoir froid en permanence. Jamais je n'avais passé autant de temps au quotidien à tenir un corps chaud et aimé dans mes bras, contre mon torse, au point de me sentir démuni sans cette sensation de contact, de chaleur, de tendresse. Tourmenté par mon passé, aussi. Toujours. Trop de choses qui me rongeaient sans que jamais je ne parvienne à m'en débarrasser une fois pour toutes, à tourner la page. Malgré toutes mes tentatives, mon coeur refusait de lâcher prise émotionnellement, et mon esprit refusait lui de lâcher sans comprendre le fin mot de l'histoire, sans avoir ses explications.



Je quittai la salle de cinéma et remontais au rez-de-chaussée, allant chercher qelque chose à grignoter dans le frigo. Ils étaient loin les petits plats délicieux qu'elle avait pris l'habitude de préparer et de me laisser, à défaut de tolérer ma présence pour les déguster ensemble. Je me retrouvai bien vite face à une bouteille entamée mais encore bien remplie. Sans réfléchir je l'attrapai et la posai sur le comptoir. Non. Je ne devais pas. Mais j'en avais tellement envie. Le silence qui faisait écho à chacun de mes pas dans cette villa m'angoissait. Tout ce vide, toute cette absence de chaque seconde, ne faisait qu'amplifier la torture de mes souvenirs et de mes réflexions. Je m'en voulais tellement pour tant de choses que j'en perdais la raison. J'avais toujours su être mon pire ennemi, mais j'atteignais des sommets depuis quelques temps. Abattu, faible, je contemplai la bouteille d'un regard vide. Je m'étais juré de ne pas craquer, de ne pas tomber dans le piège de la dépression inévitable après une telle dispute et une porte claquée sur son départ spontané. Je me l'étais juré, dans une volonté de croire que ce n'était qu'une dispute de vérité, contrairement aux autres. Une dispute où je n'avais fait qu'évoquer mon ressenti, mon incompréhension, où j'estimais n'avoir pas eu tous les torts, pour une fois, même si ma position m'aurait en temps normal interdit de la ramener. Je n'avais juste pas pu continuer ainsi sans comprendre la raison de sa présence, alors qu'elle ne m'accordait rien. Pas un regard, pas un signe, pas un espoir de la reconquérir. De quoi m'avoir rendu fou alors que j'avais tenté à maintes reprises de partager du temps avec elle en ce but.
« Non, » déclarai-je à haute voix, pour me donner du courage, me ramener à la raison verbalement. Je ne savais que trop bien où cela allait me mener. A la déchéance, à la folie, au chagrin, à la frontière d'un coma éthylique à n'en pas douter. J'avais assez donné avec mes conneries, avec ma tentative de suicide stupidement ratée et la honte qui s'en était suivie face à mes amis, face à elle. Je reposai le verre que je m'apprêtais à remplir de poison et m'enfuis de nouveau dans les tréfonds de la falaise qui supportait la villa. Je rejoignis mon antre, mon royaume mécanique et rassurant, mon atelier, comme espérant que ce dernier se verrouillerait pour m'y enfermer et m'empêcher de remonter ingurgiter la bouteille d'une traite. Mon atelier m'avait sauvé de bien des choses. Des assauts du monde extérieur comme de mes propres tourments, les noyant dans des calculs cartésiens dénués d'émotions, déviant mes pensées chaotiques, les recadrant dans du concret et de l'impersonnel.
Assis à mon plan de travail, j'enfouis mon visage dans mes mains, dévoré par les contradictions. Ne pas penser à cette bouteille. J'en avais tellement marre d'être comme ça. Pourquoi n'arrivais-je jamais à être stable, à faire comme tout le monde ? A apprécier le bonheur sans le craindre ? A aller de l'avant dans ma vie et non pas seulement au travers de mes inventions pour le reste du monde ? Pourquoi n'avais-je pas droit moi aussi d'être un petit peu heureux, d'être un petit peu aimé sans m'en sentir coupable, sans m'en sentir indigne ? Elle me manquait cruellement alors que cela ne faisait que deux jours qu'elle était partie. Ne pas céder à l'envie de l'appeler pour m'excuser. Je me savais capable à terme de ramper à ses pieds pour la supplier de me pardonner, de revenir, de ne pas me laisser. Je savais qu'elle était la seule capable de me faire oublier mon égo, tant je ne pouvais vivre sans elle. Mais je devais tenir, ne pas m'excuser comme un faible, et cela même si j'en crevais d'envie. Le dégout de moi-même que j'avais pour lui avoir fait mal en retenant son poignet m'avait très rapidement submergé. Si je m'étais écouté, je serais à l'heure qu'il était en train de chercher à lui parler à la fenêtre de sa chambre, au ranch de son père. Mais je m'étais retenu. Lui laisser de l'air, lui laisser du temps, était préférable. Je devais surtout lui prouver que je pouvais tenir debout sans elle, que je pouvais être digne de son retour, que je ne voulais pas la reconquérir par du chantage affectif ou en lui faisant peur quant à ma santé et ma vie. Je devais tout autant le lui prouver que me le prouver à moi-même. Et pour tenir et repousser les assauts de mes démons, il me fallait un projet. Un vrai, gros, projet.

    « Jarvis. Il va falloir passer plusieurs commandes de matériaux en express. » « Bien, Monsieur. Pour quel projet, si ce n'est pas indiscret ? » « Stark Space Systems. » « Ne pensez-vous pas que la raison de l'annulation de ce projet est toujours d'actualité, Monsieur ? Depuis l'invasion Skrulls, peu de gens souhaitent entendre parler de l'espace. Ils ont été pour le moins refroidis, » fit remarquer mon majordome virtuel, sans grande surprise. Oui, le tourisme spatial n'était plus au beau fixe depuis les Skrulls. « On commence par le commencement J'. Les phases de concept et de tests privés. Je vais construire le premier spaceport sur la plage, prends note des matériaux qu'il me faut. » « La plage, Monsieur ? Vous voulez dire, ici, à Malibu ? » « Oui J', ici. Et je veux m'y mettre de suite, alors active-toi mon vieux. » « Vous demeurez donc réserviste je suppose. Je signale cela à Monsieur Rogers, car cela va vous occuper un moment sur la côte ouest. » « C'est bien le but. »







Tombant comme une masse dans le canapé de l'atelier auprès de mon armure amochée, tout comme moi, je poussai un profond soupir de fatigue. Je revenais de l'hôpital du centre-ville de Los Angeles où j'avais dû faire un détour forcé après être intervenu pour combattre Fang, dragon alien géant débarqué en pleine ville à ma recherche. Le tout en terrorisant la population et en détruisant quelques buildings à chaque mouvement, évidemment. Autant dire que je n'avais pas pu faire l'autruche dès le moment même où j'avais senti littéralement le sol trembler sous mes pieds, alors que j'aplanissais tranquillement le béton sur la portion de plage que j'avais choisie pour construire mon petit spaceport privé.
J'avais cru à un tremblement de terre, mais Jarvis m'avait bien vite informé qu'il s'agissait de l'un de mes ennemis. Tout pour me rappeler qu'un Vengeur n'avait jamais de vraies vacances. D'autant plus qu'après ce combat, j'avais pris le parti d'aider les secours à déblayer les rues dévastées, après avoir aidé le SHIELD à transporter le corps de la bête, mise K.O. par mes soins au prix de bien des douleurs. Résultat, retour au bandage en travers du torse.Sentant mon corps entier réagir après l'effort, alors que j'étais pourtant encore en convalescence depuis ma tentative de suicide, je m'octroyai quelques minutes de calme dans ce canapé à fixer le vide.

Je me faisais trop vieux pour ces conneries. Je saturais réellement de toutes ces emmerdes, toutes ces choses irréelles pourtant devenues mon quotidien depuis des années. Paradoxalement, je fonçais dès que le besoin surgissait. Iron Man était devenu une part entière de ma vie, de ma personnalité, de ma raison d'être. Je me sentais utile, je me sentais fier de faire ce que je faisais et je n'en avais pas honte. Je ne supportais pas de voir les gens en détresse. Complexe de Dieu, mais dans le bon sens, je souhaitais aider, toujours, toujours plus, surtout. A l'extrême jusqu'à la Guerre Civile, même. Mais là, j'avais besoin de calme. Je profitais de ces jours ici, à Malibu, loin de tout, pour réfléchir à mon avenir. Pour une fois. Et pas à celui du monde. Je m'étais noyé toute ma vie dans la conception du monde, de son amélioration, de ses réparations, de ses infinies possibilités, au final sans jamais vraiment penser à moi. Je n'avais pensé à moi que dans des caprices de gosse de riche éphémères, à un instant donné, jamais vraiment de manière concrète sur du long-terme. J'avais toujours su que cela ne servait à rien depuis que j'avais ce réacteur dans le torse, suspendant ma vie à un maigre fil de reboots incessants, pensant toujours vivre le dernier. Mais revenant toujours.

Aujourd'hui, après tout ce que le monde avait traversé, après tout ce que moi j'avais traversé, j'avais décidé de changer les choses. Depuis que j'avais partagé cette fameuse nuit révélatrice avec Pepper, au sein même de la copie de cet atelier, à la Tour, j'avais entrevu la possibilité de peut-être être heureux. De pouvoir aspirer à ce que tout le monde pouvait avoir, sauf moi, depuis toujours. Je n'étais pas un rapide en la matière, j'étais même très lent à la détente, mais l'idée n'avait cessé de s'immiscer, de creuser doucement sa place. Mes luttes intérieures avaient malmené tout ce qui constituait ma relation avec Pepper, comme une transition chaotique du stade de l'amitié à celui bien différent de l'amour. J'étais encore en plein dedans, à ne pas savoir si elle reviendrait une fois encore. Si je devais l'appeler, ou pas.

    « Nope, on y retourne, » me motiva-je tout seul en sautant sur mes pieds malgré mes grimaces désagréables. Je me connaissais assez pour savoir que demeurer affalé dans ce canapé à ne rien faire allait irrémédiablement me ramener aux questions de mes origines, à Pepper, à la tentation de la contacter pour savoir si elle allait bien, si elle comptait revenir. Me tenir occupé était primordial pour repousser les mauvais engrenages de mon traître d'esprit. En deux temps trois mouvements, je me délestai de la combinaison moulante dont je me servais sous l'armure, n'ayant plus Extremis et ses nano-puces pour jouer les interfaces de contrôle entre l'engin et mon système nerveux, et enfilai l'un de mes jeans attitrés de bricolage et un débardeur de même utilité. Je descendis l'escalier creusé dans la falaise au pas de course, et rejoignis une centaine de mètres plus loin le chantier de construction entamé deux jours auparavant. Je me remis au travail, sans me soucier de l'heure déjà avancée de l'après-midi. J'avais installé de gros projecteurs pour même pouvoir continuer à travailler jusque tard le soir si j'en avais envie. Jusqu'à ce que Morphée ne s'impose par une fatigue physique saine et implacable. Concentré, j'avançais vite, et tenais à utiliser mes armures et autres robots de chantier pour le strict minimum uniquement. Le but était de savourer la construction autant que de m'occuper moi, je n'avais aucune contrainte de temps. Malgré cela, mon acharnement et ma motivation me faisaient progresser à un bon rythme.


Vers dix-huit heure, je m'assis sur l'une des caisses en bois contenant du matériel, face à la mer et à sa ligne d'horizon. J'essuyai mon front transpirant d'un revers de bras. Le soleil était en train de se coucher au loin mais il n'avait cessé de cogner toute la journée, joie de la Californie. J'attrapai la bouteille d'eau et finis les quelques gorgées qui y restaient, sans que cela ne parvienne à calmer ma soif. Je n'avais plus de réserve, et j'avais bien envie d'un bon jus de fruit revigorant, voire même d'un casse-croûte. Je vivais à mon rythme, autant dire qu'il n'était plus du tout en accord avec celui du commun des mortels. Je mangeais, dormais, quand j'en avais envie. Quand je me l'autorisais, voire quand j'y pensais surtout, car j'étais du genre à oublier de me sustenter lorsque j'étais absorbé par mes inventions et autres bricolages. Profitant de la vue, je me dis que j'irais bien courir le long de la plage pour accompagner le coucher du soleil. Cela me permettrait de profiter de la fraîcheur tombante. Je devais de plus me maintenir en forme, à présent que je n'avais plus aucun virus pour tricher et guérir toutes mes blessures et coups de fatigue. A l'ancienne, Tony. Et puis, si je voulais dormir sans cogiter au fond de mon lit et risquer de déprimer ou de boire, je devais m'épuiser, et m'épuiser encore.

Décidé par cette envie spontanée, je remontai jusqu'à la villa et allai me servir dans le frigo. Je bus une bonne moitié du pac de jus multifruit avant de me passer la tête sous l'eau du robinet pour me rafraîchir. Je pris de quoi grignoter et m'assis au comptoir de la cuisine sur le haut tabouret. Ma solitude ne tarda pas à se rappeler à moi, ainsi seul à cette table, dans cette immense villa où seuls mes robots et I.A. étaient mes amis, mes interlocuteurs sociaux. Triste réalité, à laquelle j'étais néanmoins habitué. Je m'étais ceci dit aussi très vite habitué à la présence permanente d'une silhouette rousse et poivrée déambulant dans le salon, la cuisine, la terrasse, le bureau. Elle me manquait. Mon regard glissa sur le micro-casque posé à l'autre bout de la table, laissé là en début de journée après un appel de Rhodey puis plusieurs des Vengeurs, pour des besoins d'éclaircissements scientifiques relatifs à des missions en cours. Non. Ne cède pas. Attends encore un peu. Laisse-lui du temps. Laisse-la respirer.

Peu importait toutes mes tentatives pour m'occuper, je savais qu'au fond cela ne servirait à rien si elle ne revenait pas dans ma vie. A quoi cela me servirait-il de construire, de bâtir, de réparer toutes ces choses, si je ne parvenais même pas à réparer ma propre existence. A déblayer les ruines de nos affrontements pour rebâtir par-dessus quelque chose de mieux. Je plaçai l'appareil dans mon oreille et composai le numéro, tout en rangeant ce que j'avais sortir pour manger. Je réalisai qu'elle ne répondrait en fait probablement pas en voyant mon identité. Que j'étais naïf, spontané, irréfléchi quand il s'agissait d'elle. Stupide. Il y eut un clic, ûis une voix féminine, je sursautai et me figeai. C'était elle. « Hey, » dis-je maladroitement en guise de bonjour, m'adossant contre la porte du frigo. Okay, et maintenant, quoi ? « Je... C'est Tony. » Elle le savait, idiot. J'entendais du bruit, celui de ses pas. Elle semblait marcher, visiblement dehors. « Je te dérange peut-être ? Je peux rappeler plus tard. » Mon coeur battait vite et fort. Je ne savais plus quoi dire, encore moins comment le dire. Comment lui demander si elle allait revenir, ou si je pouvais venir la voir, sans donner l'impression d'être une fois de plus un mendiant misérable à ses pieds ? Elle me rassura sur le fait que je pouvais continuer. J'aurais presque préféré pouvoir la rappeler plus tard, en réfléchissant cette fois à ce que j'allais lui dire. Moi et mes idées imprévues. Et en même temps, mon coeur venait de sauter dans mon torse rien qu'à l'idée qu'elle ne saisisse pas l'occasion que je venais de lui offrir pour raccrocher. C'était bon signe. « Okay. Super. Si je te dérange pas c'est tant mieux... je voulais juste prendre quelques... nouvelles... savoir comment tu vas... » Et me fracasser le crâne contre le frigo pour me faire taire et m'empêcher de m'enfoncer.

Je me mis à arpenter nerveusement la cuisine, puis le salon, espérant qu'elle ne me jette pas par lassitude. Je savais qu'elle me sentait probablement venir à des kilomètres, mais je n'avais pas pu attendre plus malgré ma volonté de retrait. Je l'écoutais avec un petit sourire me donner des nouvelles de son père, de leur voisine, des chevaux, sa passion, comme un ado amoureux au téléphone ne pouvant tenir en place. L'entendre me parler, même si ce n'était qu'au téléphone et à plusieurs centaines de kilomètres de distance réelle, me rassurait et me rendait automatiquement plus joyeux que je ne pouvais l'être.

    « Et... enfin... du coup... est-ce que... » La sonnette résonna dans la villa, signalant quelqu'un à la porte. Au vu des rares personnes autorisées par Jarvis à franchir le portail, à traverser le terrain aménagé le séparant de la villa, cela devait être Happy, Rhodey, ou un Vengeur. Je me demandais ce qu'il pouvait vouloir. Dans tous les cas, il me dérangeait au mauvais moment, clairement. Retenant un grognement, je traversai le salon pour rejoindre l'entrée. « Je me demandais si... enfin si tu comptais rester... là-bas... ou... hum pour tout te dire... j'aimerais bien... est-ce que tu vas revenir ? C'est pas du tout pour te forcer ou quoi que ce soit, tu fais ce que tu veux bien sûr, c'est juste pour savoir, » formulai-je non sans mal, la voix quelque peu nouée par la gêne. J'avais accéléré sur la fin, par peur de paraître présomptueux ou autoritaire sans le vouloir. Je ne voulais pas qu'elle se sente forcée de quoi que ce soit, je me sentais déjà assez mal de l'avoir fait revenir ici juste pour s'assurer que je ne tentais plus de me flinguer. Au même moment, j'ouvrais la porte.


Je faillis la refermer dans la foulée en me retrouvant nez à nez avec... Pepper. La même que j'avais en direct au bout du fil, qui s'était donc amusée à me faire perdre la face dans mes bégaiements au lieu de me dire qu'elle était en train de remonter l'allée menant jusqu'ici. Je buguais pendant une bonne dizaine de secondes, la regardant sans comprendre. Maintenant, il fallait juste que je fasse autre chose que la fixer et me perdre dans le fond de ses iris. Je n'étais pas loin d'avoir la bouche entrouverte sous le coup de la surprise. Pas loin. « Je te rappelle ? » dis-je finalement en appuyant sur l'oreillette pour couper la conversation, cherchant à faire une touche d'humour. J'eus un léger sourire en coin le temps d'une seconde, rougissant de ma blague nulle mais incapable de m'en empêcher tant j'étais heureux de la voir là, sur le seuil de ma porte.
Puis je me souvins que je ne m'attendais absolument pas à la voir ici là de suite dans l'instant. Et qu'en conséquence, rien n'était prêt. Moi y compris. « Hum, c'est du rapide. J'ai pas eu le temps de ranger. C'est un peu le bazar... » l'informai-je en regardant un instant à l'intérieur, puis de nouveau elle. Okay, il y avait entre autre un morceau de turbine de vaisseau spatial sur la table basse du salon entourée d'outils en tous genre, et autres choses du genre qui avaient envahi la villa pour me suivre partout où je décidais de me poser pour bricoler. Mon atelier débordait, je comblais le vide et l'absence qui marquaient chaque pièce par la présence de mes meilleurs amis mécaniques et des occupations associées. Que dire de mon propre accoutrement de bricoleur du dimanche pas très propre. Il y avait mieux pour accueillir la femme que j'aimais, et ça même si elle avait l'habitude depuis le temps.

J'essayais de prendre un air décontracté, de faire comme si tout était normal, comme si je n'étais pas perturbé plus que ça de la voir face à moi alors que tous mes sens étaient en ébullition. J'avais l'impression que des petits bonhommes en feu courraient partout dans ma tête sous l'urgence en se percutant les uns les autres au lieu d'être efficace pour aligner deux mots et réfléchir à la suite. Cette femme avait vraiment le don de me prendre de court et de me mettre dans tous mes états. « Excuse-moi, je t'en prie entre... attends donne, » me repris-je en sortant de ma torpeur. Je me rendais compte que je barrais l'entrée à me tenir là comme un abruti face à elle. Je me dépêchai d'attraper ses valises après l'avoir laissée rentrer, ne lui laissant pas le choix. Je refermai la porte du pied et me dépêchai de la conduire jusqu'à sa chambre. Elle était là. Elle était revenue. Je posai l'une d'elle sur le petit bureau et l'autre au pied de la commode non loin, me retournant ensuite vers elle.

    « Est-ce que tu as mangé ? Tu veux que je commande quelque chose ? Pardon, tu dois être fatiguée, je vais te laisser t'installer... te laisser tranquille, je... si tu as besoin de quoi que ce soit je suis... je suis... là-bas. » Je montrai vaguement du pouce une zone invisible derrière moi, censée représenter le salon et la cuisine, alors qu'en vérité je ne savais pas où j'allais aller. Elle me perturbait. J'étais tellement surpris, agréablement surpris. Même si cela signifiait que j'allais devoir me dépêcher de ranger tout mon joyeux bordel à l'atelier pour rendre aux espaces habitables occupés leur liberté. Mal-à-l'aise, intimidé même, je me grattais nerveusement l'arrière de la nuque. Je finis par décider de partir, ne sachant pas quoi dire d'autre, mais au moment de franchir le seuil de la chambre, je revins sur mes pas et me tournai de nouveau face à elle. « Je suis désolé pour la dernière fois. Je ne voulais pas te faire mal. » Les mots sortirent tout seul de ma bouche alors que mes yeux se plantaient dans les siens, presque inquiets. Les images de son regard d'effroi et de colère face à ma poigne trop serrée, ses mots de haine à mon égard m'avaient bien trop hantés pour que je ne crève pas l'abcès au plus tôt. Il fallait qu'elle sache que jamais dans ma vie, lui faire du mal n'avait été intentionnel lorsque c'était arrivé. Jamais.
    Le silence se posa un instant entre nous, ajoutant à ma gêne d'avoir dit cela. « Je... Je suis content que tu sois revenu... » finis-je par murmurer avant de détourner le regard le temps d'une seconde, comme souvent lorsque je tentais d'évoquer ce que je ressentais. Cette fois-ci, je tournai bel et bien les talons pour la laisser tranquille, et quittai la chambre, non sans sourire malgré moi quelques mètres plus loin.






Plus qu'une bouteille à vider et la villa serait alors purgée de toute source d'alcool, hormis celui à 90° des diverses trousses de soin qui s'y trouvaient. Après l'avoir laissée à son installation, je m'étais empressé de mettre de l'ordre dans les pièces communes et principalement le salon et la cuisine, en les débarrassant de tout ce qui n'avait rien à y faire. Outils, morceaux de moteurs, d'inventions, carnets gribouillés d'équations et autres esquisses, boîtes de pizzas fossilisées et compagnie avaient rejoint leurs quartiers ordinaires dans l'atelier ou la poubelle. Quand dame il y avait, la tanière se devait de redevenir à peu près vivable et civilisée. Deux heures avaient passé, la nuit était tombée, et désormais propre et détendu, je m'attelais donc à vider les bouteilles d'alcools dans l'évier de la cuisine, en espérant pouvoir les faire disparaître du paysage sans que Pepper ne tombe dessus.

Trop tard. Je sursautai légèrement à son arrivée. Après un regard échangé, et un moment de gêne quant à ce que je tenais dans les mains, je poursuivis mon oeuvre sans plus la regarder. Quoi dire de toute façon. Je mis toutes les bouteilles vides dans un grand sac et allai mettre tout ça dans la porte à bascule menant au conteneur dédié au recyclage que j'avais installé sous la villa. Jarvis se chargerait de la suite. Me lavant les mains, je me retournai vers Pepper qui cherchait de quoi manger à n'en pas douter. Demande-lui. Non. Trop tôt. Elle allait encore te mettre un vent comme avant son départ. « Si tu veux, j'ai préparé quelques sandwichs... et des pâtes au fromage, » commençai-je, pas très fier de mes maigres talents de cuisinier. Parfois je me disais que si j'avais été pauvre, sans majordome, je serais mort de faim dès la mort de mes parents, incapable de me nourrir tout seul décemment. Il fallait avouer que je ne faisais pas vraiment d'efforts pour apprendre, malgré toute la patience qu'avait pu avoir Pepper sur le sujet. Instantanément, je me souvins de l'un de nos derniers "ateliers" culinaires, qui avait fini en bataille rangé puis en course poursuite en armure dans la nuit. Nous étions encore juste amis, mais tellement proches, tellement spontanés, insouciants, complices, que notre situation actuelle me peinait plus encore. Je me déplaçai en la contournant pour ne pas la gêner, et pris un plateau afin d'y mettre une des assiettes de sandwich que j'avais fait, laissant l'autre au cas où elle décidait d'en manger par flemme de cuisiner elle-même. Demande-lui. Allez. Non. J'en mourrais d'envie mais j'étais terrorisé à l'idée qu'elle m'oppose de nouveau un refus, malgré son retour.
« Ce soir il y a la comète de Farrow qui doit passer pas très loin de la Terre, je comptais aller l'observer depuis la plage, on pourra la voir à l'oeil nu... Si ça te dit de venir ? » Okay, mes mots avaient encore franchi mes lèvres sans que je ne me contrôle. C'était plus fort que moi lorsqu'il s'agissait d'elle, vraiment. Dis oui, dis oui. Elle dit oui. Je bondis intérieurement de joie, perdant un instant le fil de la réalité tant cette réponse positive contrastait avec toutes celles négatives et indifférentes auxquelles j'avais eu droit avant notre dispute. A croire que nous avions décidé tous deux de nous calmer un peu. Du moins, c'était mon cas, et pour le moment, cela semblait être aussi son ambition. Je n'allais donc pas rater l'occasion d'en profiter, si elle daignait enfin me laisser un peu de marge de manoeuvre pour me racheter auprès d'elle.



Une fois installés dans le sable, sur une grande serviette adaptée pour un vrai petit pique-nique nocturne, j'en profitai pour lui demander comment s'étaient passés ses journées au ranch. Ce qu'elle avait fait, comment elle allait, le tout en attendant l'heure de passage de la comète qui serait assez tardif. Avec juste une petite lampe discrète pour nous permettre de voir ce que nous mangions sans nous en mettre partout, allongés sur le flanc, je me laissai porter par ce moment simple mais magique avec elle. Seuls sous les étoiles, à parler de tout et de rien, voilà tout ce que je désirais, au fond. Le temps passa vite dès lors que les premières discussions timides laissèrent place à notre complicité bien trop ancrée pour être retenue trop longtemps. « Ah, attends, ça devrait être l'heure dans quelques secondes, si mes calculs sont exacts... et... » « "Et comme ils le sont toujours", » me coupa Pepper, devinant la fin de ma phrase sans mal. Je rigolai avec elle face à cet exemple flagrant d'arrogance intellectuelle qui était la mienne, mais tout bonnement trop habituelle pour ne plus en rire aujourd'hui. Elle me connaissait par coeur.

We were silenced by the night
But you and I, we're gonna rise again
Divided from the light
I wanna love the way we used to then


« Là ! » fis-je en pointant le doigt vers le ciel aux milles lumières scintillantes. Il fut en effet soudainement traversé par une lueur bien plus grosse, et bien plus lente qu'une simple étoile filante. Pendant bien dix secondes, nous pûmes suivre la traînée magnifique dans sa course, dans un silence admiratif. Une fois la comète passée, le silence demeura quelques instants encore, pendant lesquels je m'allongeai plus confortablement sur le dos, croisant les bras derrière ma tête, repu et décontracté. Elle était là, à moins d'un mètre, et tout allait bien de nouveau. Je n'avais besoin de rien de plus. « Un jour il faudra quand même que je m'excuse auprès de ton Jax, » finis-je par reprendre en contemplant les étoiles. S'installant dans la même position que moi sous le dôme étoilé, j'entendis Pepper pouffer de rire, peu convaincue. Elle m'avait tout raconté ou presque de son séjour chez son père, ce qui m'avait rappelé mon comportement stupide au hangar, durant l'invasion. « Quoi ? J'en suis capable, » m'offusquai-je faussement. « Un jour... peut-être... si j'y pense... » ajoutai-je, ce qui acheva de la faire rire, et moi avec. Effectivement ma possessivité et ma jalousie étaient peu contrôlables, et mon don pour les excuses, en particulier envers ceux que je percevais comme des rivaux, était pratiquement inexistant. Nous reprîmes une discussion sur tout et n'importe quoi, nous laissant bercer par l'atmosphère et le bruit des vagues s'échouant quelques mètres plus loin. Je finis par tourner la tête pour la regarder lorsque je n'obtins pas de réponse à une remarque, et sans surprise, je la trouvai endormie paisiblement. J'eus un sourire, me calant sur le coude pour la regarder un instant. Une énième image que je souhaitais à tout prix graver dans mon esprit, un de ces petits moments perdus dans le temps au milieu des apocalypses régulières qui nous tombaient dessus. Ces petits moments avec elle qui me gardaient en vie, me donnaient la volonté de me battre même quand je pensais être vaincu par mille ennemis.

Appelant TOBI via un clic sur ma montre, je le laissai se charger de ranger le pique nique tandis que je prenais délicatement Pepper dans mes bras pour remonter jusqu'à la villa. Elle semblait être déjà bien endormie, car si elle bougea légèrement, elle ne se réveilla pas. Sentir son corps chaud contre mon torse était une sensation agréable, qui me fit prendre mon temps pour rejoindre sa chambre. Je la déposai alors dans son lit, la délestai de ses chaussures et de quelques vêtements pour ne laisser que l'essentiel pour la nuit, et tirai la couverture sur elle, le tout avec précaution pour la garder endormie. Des gestes cent fois répétés par le passé déjà même lorsque nous n'étions qu'amis. Je prenais soin d'elle et elle prenait soin de moi, il en avait toujours été naturellement ainsi. Tout ce que nous avions vécu avait une résonance différente aujourd'hui, et je n'en mesurais qu'une faible ampleur encore. Je voulus la laisser à Morphée, mais me rendis compte que mon bras resta captif des siens. Je me rassis au bord du lit pour ne pas risquer son réveil en poursuivant ma fugue. Mon regard se reposa sur son visage serein. J'étais coincé mais de la plus belle des façons et ne me dépêchai pas vraiment de trouver une solution. Au contraire, j'en profitai encore pour la contempler dans le silence de la nuit. Je me risquai même à glisser mon bras lentement pour que ma main rejoigne la sienne. Je passai mes doigts entre les siens. Autant de gestes affectueux ignorés d'elle en cet instant, mais qui m'avaient trop manqués pour que je ne résiste à cette opportunité.

Finalement, ma main libre alla trouver le bord de son visage pour y laisser parcourir mes doigts. Elle était si belle. J'aurais pu rester là toute la nuit. Mais je la connaissais, ce n'était pas la première fois que je me retrouvais bloqué de la sorte, et probablement que l'inverse était tout aussi vrai au vu des innombrables nuits que nous avions passées dans le même lit, exténués par l'entreprise ou d'autres affaires urgentes ayant monopolisé nos soirées. Ce seul effleurement, remettant quelques mèches en arrière, eut pour effet de la faire bouger. A peine, mais suffisamment pour que je puisse saisir l'occasion de doucement retirer ma main de la sienne. Non sans regret, m'étant plus que rapidement habitué à dormir auprès d'elle et contre elle ces derniers mois, je finis par la laisser et quittai la chambre pour rejoindre la mienne. Malgré cette séparation persistante, le flou de cette situation, je venais de passer une excellente soirée pour la première fois depuis des semaines. Fort de cette bouffée d'oxygène, comme un retour à la vie, je sombrai dans un sommeil sans obstacle ni insomnie, sachant, rassuré, qu'elle serait là au matin.


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Mama told me when I was young,
Forget your lust for the rich man's gold
All that you need is in your soul,
You'll find a woman and you'll find love,
Be a simple kind of man, something you love and understand,
Won't you do this for me, son, if you can ?

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Virginia P. Potts
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MessageSujet: Re: A Dustland Fairytale [PV Pepper]   Lun 21 Mar - 20:21


A Dustland Fairytale




Les quelques jours qui suivirent mon retour furent calmes et paisibles. Beaucoup plus agréables que ceux qui avaient précédé. Tout n'était pour autant pas parfait. Loin de là. Même si je faisais des efforts pour m'intéresser à ce qu'il faisait et pour accepter certaines de ses propositions, je restais tout de même sur mes gardes. Je ne pouvais pas m'en empêcher. Il avait quelque chose de fragile entre nous. Quelque chose qui ne tenait qu'à un fil. Et pour le préserver j'avais parfois besoins de garder mes distances et de reposer le pour et le contre de la situation . Les paroles de Jax me revenaient toujours en mémoire dans ses moments là. Dans sa bouche, tout cela semblait si simple, si faisable et réalisable. La réalité elle était tout autre.  Je n'arrivais pas à me débarrasser de cette méfiance qui me collait à présent à la peau. Je supposais que dans notre situation tout ceci était normal mais j'avais du mal à m'y faire. J'avais bien essayé d'appeler Iska pour lui demander conseil mais je m'étais ravisé à chaque fois. Elle avait déjà bien des choses à gérer sans que je ne rajoute mes petits problèmes. Et puis, au fond, je sentais que c'était quelque chose que je devais faire par moi même. C'était mon problème et je devais le gérer seule.  Forte de cette résolution et n'ayant de toute façon pas le choix, je me levais pour réellement entamer cette nouvelle journée.  Avec un sourire que j'espérais léger malgré mes troubles intérieurs, je sortis de ma chambre et me dirigeais vers la pièce principale.  Je fus à la fois soulagée et déçue de la trouver vide. J'haussais finalement les épaules avant d'attacher mes cheveux roux avec l'élastique que je gardais toujours autour de mon poignet. Une fois ceci fait je commençais la préparation de mon petit déjeuner. Je demandais à JARVIS de mettre un peu de musique avant de mettre le four à préchauffer pour faire griller mes petits pains. La mélodie au bout des lèvres, je mis de l'eau à chauffer avant de laisser tomber deux cuillères de poudre de cappucino à la vanille dans un grand mug.  Je patientais gentiment que le four chauffe avant d'enfourner six petits pains. Je ne savais pas si Tony avait déjà pris un semblant de petit déjeuner alors je préférais en faire plus. Les habitudes avaient la peau dure.  Je ne me posais  cependant pas trop de questions et attendis que tout soit prêt avant d’entreposer tout ce dont j'avais envie sur un plateau. J'amenais le tout à l'extérieur et m'installais sur la grande table de jardin hors de prix qui trônait à quelques pas de la cuisine. Il n'y avait rien de mieux pour bien commencer la journée que de déguster un bon petit déjeuner en profitant de la vue somptueuse que la villa de Tony offrait. Cette vision enchanteresse était si paisible et permettait à quiconque de finir de se réveiller en douceur.


Mon moment de calme fut cependant interrompu par le bruit de construction. Me doutant qu'il ne s'agissait que de Tony , je ne me pressais pas vraiment pour me lever et descendre les marches qui menaient jusqu'à la place privée qui bordait la falaise. J'hésitais un instant en haut de la dernière marche avant d'enfoncer mes pieds dans le sable chaud. J'arrivais à sa hauteur après quelques pas. Je l'appelais deux fois sans qu'il ne me réponde, trop perdu dans son génie pour remarquer ma présence. Amusée malgré moi par son comportement, je secouais la tête et le laissais à ses occupations. De nouveau sur la terrasse de la villa, je détaillais un instant sa silhouette au loin en réfléchissant. Parfois j'avais l'impression d'être dans une impasse.  Un instant j'avais la sensation de pouvoir conquérir le monde , et la seconde suivante j'étais certaine de ne pas pouvoir y arriver. Je détestais me sentir ainsi. Je détestais vivre dans cette incertitude étouffante. Parfois je me disais que si c'était ça l'amour, je n'en voulais pas. Ma vie était déjà trop compliquée. Néanmoins, je ne voulais pas le perdre et ne pouvais me résoudre à lui dire adieu. Je savais que la balle était dans mon camp. Il allait bien falloir que je fasse quelque chose et plonge dans cette inconnue qui me faisait si peur. Jax avait raison , il avait peut être quelque chose de bien qui m'attendait. Mais si je ne me lançais pas , je ne le saurais jamais. Ça en revanche c'était certain.



_ _ _ _ _ _ _



Evidemment rien se ne passa comme prévu. Pourtant j'avais tout planifié en bonne organisatrice que j'étais. Je n'avais pas pour autant mis les petits plats dans les grands. Je voulais simplement lui parler et lui dire ce que j'avais sur le cœur. Je voulais lui dire que je ne voulais pas le perdre et que je voulais qu'on redevienne comme avant. Ces amis inséparables, ces amants amoureux.   Je voulais me souvenir des bons moments et oublier les mauvais.


Nerveusement j'attendis que Tony ait fini de se débarbouiller pour m'approcher de lui dès qu'il entra dans la pièce principale. Mon comportement étrange le fit s'arrêter assez rapidement. Je le regardais froncer les sourcils et m'inspecter sans rien dire. Je ne savais pas ce qui lui passait dans la tête ais je préférais ne pas trop analyser la situation dans laquelle nous nous trouvions tout à coup. Avec son incapacité surhumaine à comprendre les comportements humains, il allait se faire des idées. Franchement, il n'était pas rare qu'il comprenne l'inverse de ce qu'on était en train de dire. Ça serait bien ma veine si il pensait que j'avais enfin ris la décision de partir définitivement pour continuer ma vie de mon côté. Et cela alors que j'avais envie de lui dire tout l'inverse. Malheureusement ma nervosité grandissante n'aida en rien ma cause et 'empêcha de me lancer aussi rapidement que je le voulus.


Avant que je n'ai pu dire quoi que ce soit, Tony soupira et se pinça l'arrêt du nez avant de me lancer un drôle de regard. Sentant que tout cela tournait au vinaigre je prononçais son prénom mais fut sèchement coupé par un signe de sa main. Autant dire que ça commençait mal. Sans surprise à présent, une dispute éclata de nouveau entre nous. Il était énervé de ce qu'il pensait comprendre et moi furieuse de ne pas réussir à me faire entendre alors que tout cela me coûtait et que j'étais terrifiée. Je sombrais finalement à nouveau dans cette colère qui ne me quittait plus et me mis à lui hurler dessus en le poursuivant lorsqu'il eut l'audace de quitter la pièce. Chacun de nous y alla de sa petite réflexion avant que nos mots dépassent notre pensée. Comme la dernière fois, le silence tomba entre nous après cela. Nous nous regardâmes essoufflés pendant quelques secondes.


    -Tony s'il te plait … implorais je finalement à bout lorsqu'il me tourna le dos. Je le rappelais mais n'eut que le bruit de la portée d'entrée qui se ferme pour toute réponse. Exaspérée, je soupirais avant de fermer les yeux.



Je restais immobile à l'endroit même où il m'avait laissé pendant plusieurs longues minutes. Je ne comprenais pas comment tout avait pu dégénérer aussi rapidement. A croire que nous ne savions plus nous parler sans nous hurler dessus. Nous ne savions plus communiquer. Et je ne pouvais m'empêcher que tout ça était définitivement ma faute. Il semblerait que je n'étais bonne à rien. Par chance j'étais têtue voir bornée et ne comptais pas baisser les bras. J'allais lui laisser le temps de se calmer avant de tenter de lui expliquer qu'il se trompait et que je n'étais pas juste gentille par obligation. Je n'étais pas prête à lui dire que je l'aimais. En revanche, j'étais prête à lui dire qu'il comptais beaucoup pour rien et que je n'étais pas là simplement pour le torturer. Je n'étais définitivement pas comme ça. Dans le fond cela me blessait un peu qu'il puisse le penser. Je m'étais cependant toutes ses remarques cinglantes sur le coup de la colère, de la fatigue et de cette montagne russe d'émotions qu'était notre vie amoureuse actuelle.  Voulant lui parler dès qu'il jugerait bon de revenir, je me posais sur le grand sofa faisant face à la porte d'entrée. Maintenant je n'avais qu'à patienter.



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Je me redressais prestement lorsque le bruit de la porte d'entrée qui se ferme me parvint aux oreilles. Je restais un instant confuse avant de frotter mes yeux pour en chasser la fatigue. Je m'étais endormie en l'attendant. Avec un bâillement que je ne pus cacher, je rabattis les pans de mon gilet sur mon corps. La nuit était déjà bien avancée et l'air n'avait pas manqué de se rafraîchir un petit peu. Tony ne tarda pas à se présenter dans l'encadrement de la porte et s'arrêta en m'apercevant. Je ne savais pas si il était surpris de me voir là debout devant lui ou juste résigné par ma présence. Du mieux que je pus je lui offrais un petit sourire. Je ne savais plus comment me comporter avec lui. Je savais qu'il fallait que je lui fasse comprendre qu'il avait tout faux  mais je ne savais plus comment m'y prendre. Rien ne s'était passé comme prévu quelques hures plus tôt. J'avais comme la forte impression d'avancer en terrain miné. Chaque pas qui n'était pas à sa place pouvait m'être fatal. Prenant finalement mon courage à deux mains , j'ouvris la bouche pour commencer à parler. Je n'eus pas le temps de prononcer un son que sa main se leva pour m'intimer de me taire. Apparemment je venais de marcher sur la mine.


Contre toute attente, il se rapprocha de moi et vint s’installer sur une partie du canapé sur lequel j'avais fini par m'endormir en l'attendant. Je le détaillais peu sûre de savoir si je devais prendre son action comme un bon signe. Tony n'attendis pas que je me décide et commença à parler tête baissée et regard rivé sur le sol entre ses pieds.  Sans discontinuer il me raconta tout ce que je voulais savoir et bien plus encore. Il me parla de ses découvertes concernant sa filiation , ses parents qui n'étaient pas les siens, de son sentiment d'épuisement, de sa tristesse. Choquée par ce qu'il consentait finalement à me dire, je me laissais tomber sur le canapé à ses côtés. Je ne le touchais cependant pas et ne lui coupais pas la parole de peur qu'il se referme à nouveau. Tony gardait trop de choses pour lui et ce n'était pas bon. Il n'y avait qu'à voir comme tout cela le bouffait de l'intérieur. Comme cela l'avait amené à essayer de commettre l’irréparable. Touché par ses confessions et sa vulnérabilité, je laissais couler mes larmes sur mes joues sans chercher à les retenir. Je n'émis aucun son et me contentais d'écouter religieusement jusqu'à le flot de paroles s'amenuise et s'épuise.  Aucun de nous n'osa prononcer un mot pendant de longues secondes après ça.


Il bougea finalement en premier et quitta la pièce sans que je ne cherche à la retenir. J'en avais envie mais je savais que pour le moment il avait juste besoin d'un peu de solitude. Se confier ainsi n'avait pas du être facile et prendre l'air cinq minutes ne pouvait pas lui faire de mal. Et puis, j'avais besoin également de quelque minutes pour me remettre de cette expérience. Triste, je fermais un instant les yeux et me forçais à respirer calmement. Jamais je n'aurais pu imaginer tout cela. Jamais. Après quelques minutes, je me levais et passais la porte fenêtre. Je mis quelques secondes à décerner sa silhouette dans l'obscurité. Je descendis les quelques marches qui me séparaient de lui en faisant attention de ne pas blesser mes pieds nus. Sans mots je m'asseyais à ses côtés et portais mon regard sur l'océan scintillant ne face de nous. A vrai dire je ne savais pas vraiment quoi lui dire. Les ça va aller , c'est fini maintenant n'avaient jamais aidé personne. En tout cas, cela ne m'avait jamais rien apporté. Je détachais mes yeux verts de l'océan pour les poser finalement sur son profil. Mon cœur se serra à la vue de ses larmes. Je ne l'avais jamais jamais vu pleurer. Cela me déboussola un instant.  


    - Je t'aime. Laissais je finalement échapper. Surprise moi même par mon admission, je restais la bouche grand ouverte. Venais je vraiment de dire ça ? Je n'étais pas prête pour ça. Ou peut être l'étais je mais étais trop terrifiée de sa réaction. Je t'aime. Repris je plus fermement et avec plus de conviction en comprenant que de toute façon je ne pouvais plus reculer. J'avais inconsciemment décidé de faire le grand saut alors autant continuer sur cette voie. Après tout mon instinct ne m'avait jamais réellement trahi par le passé. Il était peut être temps de le réécouter. Tony, regarde moi s'il te plait. Soufflais je en prenant son visage dans mes mains. Ses yeux rencontrèrent finalement les miens. Avec un sourire tendre, je laissais glisser mes pouces sur ses joues. Un petit rire s'échappa d'entre mes lèvres lorsqu'il me demanda si c'était vrai. Je hochais la tête moi même émue et lui souris lorsque ses lèvres s'étirèrent. Je ne vais nulle part. Murmurais je pour m'assurer une dernière fois qu'il avait bien compris le message. N'y tenant finalement plus, je posais mes lèvres sur les siennes et l'embrassais. Le baiser rompu, je posais mon front contre le sien et fermais les yeux. Tout allait bien se passer à présent.


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MessageSujet: Re: A Dustland Fairytale [PV Pepper]   Jeu 26 Mai - 23:51

Sujet terminé

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