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 My salvation

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Virginia P. Potts
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MessageSujet: My salvation   Dim 29 Mai - 15:57


My salvation




Allongée dans ce petit lit de fortune que l'on m'avait procuré, j'attendais que mes nausées matinales disparaissent. J'avais toujours rêvé d'être enceinte, toujours voulu être mère. Je devais avouer cependant que les nausées dont j'étais victime me faisaient revoir ma position. Et pourquoi diable cela s'appelait nausée matinale? Nous étions au beau milieu de l'après midi! Avec un grognement, je me tournais et me positionnais sur le dos. Cela me changea rien mais me permis de soulager mes côtes. Je n'avais par chance pas était réellement blessée lorsque nous avions pris la fuite et laissé Malibu derrière nous en toute urgence. Néanmoins, j'avais pris quelques coups. Ma peau bleutée par endroit pouvait en témoigner. Epuisée par tout ce qui s'était passé ces derniers jours, je fermais les yeux , une main montant et descendant le long de mon ventre. Je n'avais pas encore un énorme ventre mais la petite bosse que je sentais sous mes doigts suffisait à me rappeler que tout cela n'était pas le fruit de mon imagination. Un petit sourire s'installa sur mes lèvres en pensant au fait que cela faisait déjà trois mois que ce petit être grandissait en moi. J'avais toujours du mal à y croire tellement cela semblait irréel. Pourtant il n'y avait plus de doutes à avoir.  Je regrettais juste que le moment soit aussi mal choisi. A croire que les choses que l'on désirait le plus arrivait toujours au plus mauvais moment. Clairement le monde actuel n'était pas sur pour un enfant ni même pour une femme enceinte. Notre destin était plus qu'incertain. Je savais que si la situation dégénérait , j'allais regretter ma grossesse. Je préférais ne pas être enceinte que de mettre au monde mon enfant dans un monde perdu et sans avenir. Malheureusement, tout cela ne dépendait pas de moi. Sinon j'aurais choisi mon moment bien avant. Sentant une boule d'angoisse se former dans ma gorge , je repoussais mes pensées pour le moment. J'aurais bien assez de temps pour m'angoisser jusqu'à la crise de panique. Avec un autre soupir, je gigotais un moment pour trouver une position plus confortable. N'en trouvant aucune, je grognais et ouvris les yeux. J'eus un léger mouvement de sursaut lorsque je plongeais mon regard directement dans celui de Tony penché au dessus de moi.


    - Tu m'as fait peur ! Le grondais je en poussant son visage d'une main. Qu'est ce qu'il pouvait être bête lorsqu'il s'y mettait. Il avait de la chance que mes nausées m’empêchaient tout mouvement brusques ou il y avait fort à parier qu'il aurait pris un coup. Ah Tony, tu prends toute la place ! Rouspétais je  lorsqu'il se glissa à mes côtés. Ce genre de lit de camp n'était pas fait pour deux personnes et encore moins deux adultes. J'eus peur un instant que le meuble de fortune craque et nous envoie tous les deux au sol. Rien de tel ne se produisit cependant.



Malgré ma mauvaise humeur du moment, je ne me dégageais pas lorsqu'il me ramena contre son buste et que ma tête tomba dans le creux de son cou. A nouveau je fermais les yeux tout en me collant un peu plus à lui. Je laissais sa respiration me bercer sans pour autant la laisser m'endormir. J'étais trop mal à l'aise pour m'assoupir. Je profitais seulement du moment présent. Je profitais de la chaleur des bras de l'homme que j'aimais et de son calme apparent. Je le connaissais assez bien pour savoir que tout devait se bousculer dans sa petit tête de génie. Tony Stark ne serait pas Tony Stark sans son célèbre cerveau en ébullition. Autant dire que ce moment de tendresse, il en avait autant besoin que moi pour calmer son esprit hyperactif. Un petit son de contentement vibra le long de ma gorge lorsqu'il déposa un baiser sur le haut de ma tête avant d'enfouir son visage dans mes cheveux roux en pagaille. Par bien des aspects, notre position actuelle me rappelait les Skrulls et nos moments en tête à tête au hangar. Il n'y avait pas de grandes différences. Seul le méchant changeait. A croire que nous avions le chic pour nous mettre ensemble pendant les moments les plus sombres de notre existence et nous déchirer lorsque tout allait bien. J'espérais que cela n'allait pas devenir une habitude. Avec un enfant en route je n'étais pas sure de pouvoir le supporter.  Blessée rien que par l'idée, j'enfonçais mon visage un peu plus dans son épaule.


    - Encore quelques minutes ? Lui demandais je lorsque je le sentis bouger. Le touché d'un sourire sur la peau chaude de mon front répondit à ma demande. Quelques minutes de plus à ses côtés avant que chacun de nous aille aider au meilleur de ses capacités. C'était tout ce que je demandais pour le moment.  J'espérais juste que le monde n'allait pas s'arrêter de tourner pendant ces quelques minutes. Ma foi si cela devait se produire au moins j'aurais passé les dernières minutes de mon existence avec la personne que je chérissais le plus.



_ _ _ _ _ _



Comme prévu chacun retourna à ses occupations une fois ces quelques minutes passées. Pour ma part cela signifiait aider du mieux que je pouvais. Honnêtement, je ne pouvais pas faire grand chose. Je n'avais pas les capacités nécessaires pour être vraiment utile. Je me contentais donc de soigner les blessures les plus insignifiantes. Tout ce qu'il n'avait pas besoin de mains plus expertes que les miennes. Non pas qu'il y en avait beaucoup par ici. Pour le moment, nous avions un seul médecin généraliste parmi nos rangs. Autant dire que pour les blessures les plus graves, nous ne pouvons rien faire si ce n'était accompagner la personne le long du sombre couloir de la mort. Cela me brisait le cœur.  Quelle manière affreuse de mourir. Malgré tous les scénarios  catastrophiques que nous avons vécu, je n'étais toujours pas habitué à la mort, à la perte d'un être humain et aux sentiments que allaient avec un tel événement. Je supposais que personne ne pouvait s'y habituer. A moins de n'avoir aucun cœur.


    - Est ce que vous pouvez le desserrer un peu ? Me demanda la personne à qui j'étais en train de faire un bandage de fortune.Vous l'avez tellement serré que j'ai l'impression que je vais perdre la cuisse. Reprit elle en levant un sourcil dans ma direction. Je rougis embarrassée. Je n'étais pas concentrée sur ce que je faisais. Il fallait avouer pour ma défense j'étais accroupie depuis plusieurs minutes. La position n'avait rien d'agréable et je pouvais sentir mes genoux protester vigoureusement. Est ce que vous avez au moins les qualifications nécessaires pour faire ça ? Me questionna t'elle par la suite alors que je déroulais la bande pour reprendre mon bandage en respectant sa demande.

    - Non. Ce n'est pas vraiment mon domaine de spécialisation. Lui répondis je sans me cacher. Si elle n'était pas contente, elle avait qu'à le faire elle même. Elle n'était pas plus blessée que les autres voir moins. Comment les gens pouvaient se permettre d'être aussi exigent dans une telle situation me dépassait.Elle sembla cependant comprendre le fin fond de ma pensée et se tut.

    -  Pepper... ? Pepper ! S'écria une voix masculine dans mon dos. J'eus à peine le temps de me redresser avant que mon père ne se jette sur moi pour me serrer dans ses bras. Son étreinte fut si forte que je crus qu'il allait m briser les côtes et écraser le bébé. Pas que je pouvais lui en vouloir vu qu'il n'était pas au courant. Il aurait y fort à parier qu'il aurait été plus délicat sinon.

    - Oh mon dieu! S'exclama la femme que j'étais précédemment entrain de soigner. Je soupirais intérieurement. Encore une qui venait de me reconnaître comme étant Pepper Potts, l'assistante de Tony Stark à ne pas en douter. Je connaissais ce genre de oh mon dieu depuis le temps.

    - Charlotte ? Souffla mon père surpris. Mon regard voyagea entre mon père et la femme sans que je ne comprenne ce qui se passait. Comment ils se connaissaient au juste ? J'étais sure de n'avoir jamais aperçu cette femme dans la petite ville où mon père avait élu domicile. Peut être étais ce une de ses anciennes collègues de travail au temps où il travaillait encore.

    - Virginia. Souffla t-elle en me regardant de haut en bas. Confuse et assez mal à l'aise, je lui offris un maigre sourire.  La dernière fois que je t'ai vu tu étais encore bébé. Continua t-elle en se rapprochant de moi pour poser ses deux mains sur mon visage. Du coin de l'oeil je jetais un regard à mon père qui semblait être perdu dans ses pensées. Tu ressembles tellement à ta grand mère. Elle en aurait été ravie tu sais de voir que tu as pris de notre côté de la famille et pas de celle de ton père. Rajouta t-elle. De son côté de la famille ?

    - Charlotte lâche ma fille ! S'énerva mon père en prenant les mains de la femme pour qu'elles quittent mon visage.

    - C'est aussi ma fille je te signale ! C'est moi qui l'ai mise au monde ! S'écria t-elle en colère. Et je peux te dire Virginia que t'as pas été une partie de plaisir ! T'étais vraiment un gros bébé et t'avais pas envie de sortir de là. Rajouta t-elle sur le même ton dans ma direction cette fois ci. Dépassée par les événements , je buguais.

    - Quoi ? Soufflais je perdue. De quoi était elle entrain de parler au juste ?

    - Tu lui as jamais parlé de moi ! S'estomaqua t-elle en se retournant vers mon père et en appuyant un doigt accusateur sur son torse. Je suis sa mère ! Siffla t-elle.

    - Tu n'es pas sa mère et tu ne seras jamais sa mère ! Tu te souviens t'es partie quelques mois après sa naissance. Franchement pas la mère de l'année ! Ragea t-il.



Blanche comme un linge, je suivis l'échange des yeux , la bouche grand ouverte. Je n'en croyais pas mes oreilles. La personne qui était ma mère n'était pas ma mère ? La femme aimante et courageuse qui m'avait élevé n'était pas celle qui m'avait mis au monde ? Choquée, je repoussais mollement d'abord puis plus franchement les mains qui tentaient de m'attraper de toute part. J'avais l'impression d'étouffer.  Bientôt leurs voix n’atteignirent plus mes oreilles. Seul le mouvement de leurs lèvres m'indiquait qu'ils étaient toujours en train de parler ou de se crier dessus.  Tout cela ne pouvait être vrai. Cette femme aux allures de poupée barbie botoxée n'était pas ma mère. Ma mère était décédée il y avait bien des années.  Je tenais d'elle pas de cette femme. Mon père ne m'aurait jamais caché quelque chose d'aussi énorme. Ce n'était pas une information insignifiante même si au final elle ne changerait rien à mes sentiments et à mon passé. Non je refusais d'y croire. Elle délirait juste. L'attaque d'Ultron avait du lui faire perdre les dernières neurones qui lui restaient. Mon dieu... j'allais être malade.

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Follow me into the jungle
I lost my mind, in the city of lights, in the backstreets buildings and the neon lights. When I heard the thunder, I could feel the rain. It's the same to me, just a different name.
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Anthony E. Stark
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MessageSujet: Re: My salvation   Mar 31 Mai - 21:21




I'm gonna pick up the pieces and build a Lego house
If things go wrong we can knock it down
My three words have two meanings,
but there's one thing on my mind
It's all for you



If you're broken I will mend ya and keep you sheltered from the storm that's raging on, now



« Une fois de plus prisonnier dans de lugubres souterrains. Je vais finir par croire que vous aimez ça, Tony. » Pas le temps de parler. Il fallait avancer la construction. Ne pas penser à ce sursis de quelques jours, de quelques dizaines d'heures. Ne pas penser à ces soldats derrière la porte, armes chargées, prêts à me tirer entre les deux yeux s'ils découvraient ce que nous étions en train de préparer à leur insu. Ne pas penser à ces geôliers aux traits de robots. Ne pas accorder d'attention à cet ingénieur retenu avec moi qui marchait autour, indifférent à l'urgence de notre situation.« J'ai retrouvé ma famille, je suis en paix aujourd'hui. Mais je vous vois vous agiter, vous battre contre des fantômes, et j'en viens à réaliser tristement que vous n'avez pas vraiment appris depuis notre dernière rencontre. La dernière fois, vous n'aviez rien. Pas de famille. Un empire mais pas de vie. Avez-vous appris ? Avez-vous réussi à vivre, Tony ? Avez-vous enfin ce qui fait d'un homme, un homme ? Ce qui lui apprend à franchir cette passerelle faisant de lui un père et non plus un fils ? »

Je stoppai le chalumeau pour poser lourdement mon bras sur le torse de l'armure que j'étais en train de souder, laissant mon front s'y reposer dessus quelques instants avant de relever la tête vers mon interlocuteur. La vérité était que je ne savais pas quoi lui répondre. Je voulais sortir de ce cauchemar, de cette énième fin du monde qui nous pendait au nez. Je voulais épuiser jusqu'à ma dernière once d'énergie pour aider à sauver ce monde et retrouver celui que je connaissais, et dans lequel je voulais vivre enfin heureux avec Pepper. « Le chat de Schrodinger, vous connaissez ? » « Je suis un scientifique, bien sûr que je connais. Mais vous éludez ma question, mon ami, » déclara-t-il avec son éternel accent oriental. Je commençais à me sentir oppressé sans savoir réellement pour quelle raison. Pourquoi s'acharnait-il à me parler de ça ?
« Avez-vous une famille, Tony, ma question est pourtant simple. » « Je... » Je déglutis, cherchant mes mots. « C'est une expérience où théoriquement l'animal est dans deux états à la fois... vivant et mort... tant qu'on n'ouvre pas la boîte pour regarder dedans... on ne peut pas savoir quel état prédomine... » expliquai-je en bayant légèrement, tentant d'y ajouter quelques gestes maladroits. Me raccrocher à quelque chose de scientifique, de concret, avait toujours été l'une de mes parades lorsque je me sentais entraîné dans un terrain inconnu, voire terrifiant pour moi. Je me sentis assailli de plusieurs émotions contradictoires, et plus il insistait, plus je me tétanisais. « Vous pensez que votre famille est à la fois vivante parce que vous la croisez chaque jour dans ces couloirs, et à la fois morte du fait de la situation au-dehors. Je comprends votre métaphore, mais la comprenez-vous vous-même ? Refuser d'accepter l'évidence de cet enfant qui arrive, n'empêchera pas les choses de se produire, en bien ou en mal. Nier son existence ne le protègera pas du danger. » « Je veux pas la perdre, je veux pas... je peux pas, pas encore. » « Les perdre, Tony. » Je suffoquai, comme si mon torse était pris dans un étau. Soudain, l'armure sur laquelle je travaillais s'anima. Sa main métallique saisit brutalement ma gorge pour me priver du peu d'air qu'il me restait, devant l'indifférence d'Hinsen. « J'espère qu'un jour, mon ami, vous serez fatigué d'avoir peur, et que vous serez enfin heureux comme je l'ai été. Quand j'avais une famille. » La poigne de l'armure se referma sèchement, il y eut un crac sinistre.



Je fixai le plafond, réveillé pour de bon. Je ne savais pas vraiment de quoi j'avais rêvé, mais ça m'avait sorti fissa de mon sommeil profond avec ce sentiment de malaise que je ne connaissais que trop bien. Ce dernier était revenu depuis l'attaque d'Ultron, et ne cessait de venir raccourcir mes nuits déjà courtes. Je n'osais pas trop bouger pour ne pas réveiller Pepper endormie à côté de moi. Enfin, endormie. Je réalisai bien vite qu'elle ne l'était plus tant que ça lorsqu'elle se retourna sur le dos. Je décidai sans réfléchir de tenter une attaque furtive, amenant mon visage au-dessus du sien avant qu'elle n'ouvre les yeux. « Tu m'as fait peur ! » Je ricanai derrière la main qu'elle plaqua sur mon visage, content de ma petite blague matinale. La voir rouspéter m'avait toujours amusé, du moment que je savais que ce n'était pas sérieux. Sinon, la voir réellement énervée contre moi ne m'avait jamais plu, loin de là. Confiant dans ma bêtise naturelle, je vins me coller à elle sans plus aucune gêne à présent qu'elle avait quitté le royaume de Morphée, récoltant de nouveaux grognements quant à la place que je prenais. « C'est pas moi la baleine dans l'histoire pourtant, » la charriai-je, provocateur. Evidemment cela partit en une énième chamaillerie de quelques minutes avant de nous calmer. Enfin presque. Blottie dans mes bras, je me mis à lui souffler sur le visage. Une fois. Deux fois. Trois fois. Jusqu'à ce que le petit poivre ne s'énerve de nouveau et ne m'attaque tandis que j'éclatai de rire. Pris dans la tornade rousse, je finis par la calmer cette fois réellement à grand renfort de petits baisers au creux de mon étreinte. Je la laissai se caler confortablement contre moi, resserrant mes bras autour de son buste pour mieux garder son front et ses cheveux à portée de mes lèvres. Je fermai les yeux tout comme elle et savourai ce moment. Sentir son corps chaud contre le mien, respirant doucement, vivant, était une sensation indescriptible dont je ne pouvais plus me passer. J'avais besoin de la savoir près de moi, que je ne la perdrais plus. Pas après tout ce que nous avions traversé, du fait d'ennemis ou du nôtre. Je souris lorsqu'elle m'agrippa pour quémander quelques instants de plus. Comment résister alors que moi-même ne souhaitait que cela. « Tout ce que vous voulez, Mlle Potts, » murmurai-je en revenant capturer ses lèvres le temps d'un baiser. Si j'avais pu, je serais resté ainsi dans ce petit lit de camp misérable toute la journée, rien que pour la garder dans mes bras à l'abri du monde. J'avais envie de lui dire à quel point je l'aimais, comme elle l'avait fait pour moi. Mais une fois encore, je n'y parvins pas et restai silencieux. Je vivais comme un rêve, avec cette sensation désagréable de croire que si tout devenait trop réel, quelqu'un ou quelque chose allait me l'enlever.



« Ah ben t'es là. On commençait à s'inquiéter. Dépêche-toi le briefing va commencer on attend plus que toi, » m'interpella Jessica. Statique dans le couloir, je fixais la porte de la petite chambre dans laquelle Pepper et moi logions, et que je venais de quitter non sans mal en l'y laissant seule. Mauvaise sensation là aussi. J'avais peur, encore et toujours peur, de la perdre de vue, de ne pas la retrouver. Peur qu'à chaque fois que nous nous séparions même pour nous trouver à quelques mètres l'un de l'autre, il n'arrive quelque chose et que je ne réagisse que trop tard pour la sauver. Elle et... Elle. Elle était enceinte, mais mon esprit dissociait l'état de fait de ses implications réelles. Etait-ce cette grossesse qui inconsciemment me rendait plus inquiet encore, plus paranoïaque, plus protecteur ? Ou était-ce juste la situation encore chaotique du monde ? Les deux, probablement. Deux vies à protéger dans un monde en voie d'extinction, cela avait de quoi donner des angoisses. Je donnais le change avec Pepper car elle avait ce don de me faire oublier tout le reste, mais hors de son aura bienfaitrice, mes peurs ne tardaient jamais à revenir m'assaillir. Un claquement résonna dans mes oreilles et mes yeux firent l'appoint sur la main de Jessica, juste devant mon nez. « Tu dors encore ou quoi ? Allez ! » me pressa-t-elle. Je la suivis, l'esprit toujours partiellement ailleurs.



Le briefing de guerre ressembla à peu de choses près à ceux des jours précédents. Etat des lieux, des missions effectuées, des gens sauvés, des gens perdus, des blessés, des stocks de vivres, de médicaments, du moral général, etc. Ensuite seulement nous passions à l'élaboration de l'ordre du jour, des nouvelles missions à mener, des nouvelles de l'extérieur ou des nouvelles théories cogitées depuis la veille pour tenter de reprendre l'avantage sur Ultron. Nous attaquions sans relâche ses usines de fabrication, mais nous n'étions pas dupes. Cela ne le ralentissait qu'à peine tant il se reconstruisait tout aussi vite, simultanément à l'attaque, quelque part ailleurs avec d'autres robots. Malgré notre union aujourd'hui presque habituelle entre le SHIELD, les Vengeurs, les X-men, les confréristes et autres factions importantes, j'avais l'impression que cette guerre était la plus difficile de toutes. Ce n'était pourtant pas faute d'en avoir vécues, et pas des moindres, durant ma longue "carrière" de Vengeur d'Acier.

« Je pense qu'il y a un erreur dans la livraison de la nourriture. Il y a une ration de trop. Je n'ai nul besoin de me sustenter. Que dois-je en faire ? » « Que quelqu'un intervienne, le truc violet a parlé, » annonça Jessica, toujours aussi sarcastique quant à la présence toute récente de Vision dans les parages. Evidemment, à l'écoute de ces mots, je quittai mes calculs communs auprès de Reed et autres tacticiens ingénieurs pour rejoindre l'humanoïde. Il semblait perdu à contempler sa boîte de nourriture, la regardant sous toutes les coutures, se demandant s'il devait quand même la manger. « Je prends ! Je saurai la donner à une personne qui en a plus besoin que vous, » fis-je en lui prenant la boîte des mains. Et cette personne serait Pepper. Déjà que les rations étaient maigres, je n'allais pas priver la femme que j'aimais de pouvoir manger un peu plus, en particulier avec une deuxième bouche cachée à nourrir, indirectement. « Pourquoi ne pas me tutoyer ? » « Pour tout vous dire, je suis partagé entre l'envie de vous disséquer pour étudier vos jolis circuits et le cailloux scintillant sur votre front, celle de vous renvoyer chez votre créateur parce que j'ai pas encore décidé si vous étiez digne de confiance ou non, et celle de vous ignorer. En attendant de prendre cette décision, qui dépendra de vos futurs actes pour nous sortir de ce merdier, je préfère vous vouvoyer, histoire de rester cohérent. Merci pour la ration, » déclarai-je, honnête, voire un peu trop. Je peinais à me faire une idée fixe sur cette "arme mystérieuse" désormais moins mystérieuse que nous avions réussi à voler à Ultron. Il avait beau avoir soulevé Mjolnir, je ne pouvais pas m'empêcher de demeurer méfiant, et le savoir errant dans cette base à traverser mur après mur ne m'aidait pas. J'allais finir par avoir la phobie des robots à force.

Pas de mission en extérieur. Je devais avouer qu'en mon for intérieur, j'en étais plus que content. Non pas que je manquais de courage, cela se serait su il y a bien longtemps si j'avais rechigné à aller au combat pour sauver des vies. Non, je ne voulais juste pas m'éloigner de Pepper, et chaque sortie était une épreuve psychologique où je ne pensais qu'au moment de mon retour auprès d'elle. Je partis rejoindre le seul atelier/laboratoire qui existait dans cette base restreinte, où m'attendait mon énième armure en cours de conception. A présent que nous avions Vision, et même si je me méfiais, je savais ne pas avoir d'autre choix que de faire un minimum acte de foi quant à sa volonté de nous aider. Sa capacité à bloquer les piratages d'Ultron était un atout que je ne pouvais clairement pas nier, moi qui dépendait de la technologie, plus que quiconque.

Après plusieurs heures acharné sur la carcasse naissante de ma création, ainsi qu'à réparer la pile de matériel de combat du SHIELD et d'autres, je décidai de faire une pause. En temps normal, je n'en aurais pas fait, ayant déjà travaillé en autarcie pendant des jours d'affilée sans que cela ne me pose problème. Mais Pepper changeait la donne, plus que jamais, et ma jauge de tolérance loin d'elle s'épuisait plus vite qu'auparavant. Qui plus est, c'était bientôt l'heure du repas, et je tenais à m'assurer qu'elle allait bien le prendre. Généreuse comme elle était, elle serait capable de donner les trois quarts de sa ration à quelqu'un d'autre qui lui semblerait plus nécessiteux qu'elle. Hors de question. Elle aurait même double ration aujourd'hui. J'avais beau refuser de réaliser ce que cette grossesse signifiait, il semblait évident que certains instincts s'étaient déclenchés en moi à mon insu. Je m'essuyai le visage avec la serviette à portée, après me l'être nettoyé à l'eau pour me rafraîchir. Je verrouillai mes recherches et inventions, utilisant mes autres armures déjà terminées pour veiller sur mon matériel en mode sentinelles silencieuses, et quittai les lieux pour rejoindre les couloirs bruyants du reste de la base. J'essayais de répondre avec gentillesse aux gens qui m'interpellèrent en me reconnaissant, sans pour autant m'attarder de peur de finir encerclé, condamné à faire la conversation, à les rassurer une millième fois alors que moi-même j'ignorais si nous serions encore vivants demain. Tout ce que je savais, c'était que nous faisions tout pour.

Ma ration bonus sous le bras, je traversai la base pour rejoindre Pepper. Bien sûr, elle n'était toujours pas revenue dans la chambre. Je repartis donc à sa recherche, sachant qu'elle devait comme presque tous les jours être non loin à soigner les blessés et aider à la logistique laborieuse du complexe de fortune dans lequel nous étions confinés. « Tu n'es pas sa mère et tu ne seras jamais sa mère ! Tu te souviens t'es partie quelques mois après sa naissance. Franchement pas la mère de l'année ! » La voix était lointaine, perdue au milieu du brouhaha, mais je la reconnus malgré tout car elle m'était familière, en plus d'être grave et forte. Je fronçai les sourcils pour rejoindre le père de Pepper, et surtout cette dernière dont j'avais déduit la présence rapidement, même si les paroles énervées qui jaillissaient n'avaient encore aucun sens pour moi. « Hey, » fis-je doucement en arrivant auprès de Pepper, n'offrant qu'un bref regard à son père en guise de salut étant donné la relation tendue qui était la nôtre, et la peur que j'avais de lui. Ma main trouva avec habitude désormais le creux de son dos. Je remarquai presque instantanément que quelque chose clochait, par son absence totale de réaction, et le regard perdu qu'elle affichait. La voir ainsi sans m'y attendre déclencha les signaux d'alerte dans mon esprit, et l'inquiétude pointa rapidement. « Est-ce que ça va ? » lui demandai-je. Aucune réponse, du moins pas celle que j'attendais. « Oh, vous êtes Tony Stark ! Le vrai Tony Stark ! Vous êtes aussi craquant qu'on le prétend... Mmmm... Mon dieu, Virginia, quel bon goût tu as, telle mère telle fille, tu sais bien les choisir, » fit une autre voix, mielleuse et sensuelle à mon égard. Une femme inconnue venait de parler en se rapprochant presque avec excitation de moi, joignant ses mains devant son menton avec l'expression de quelqu'un qui vient de trouver la poule aux oeufs d'or. Pendant un instinct je crus bien qu'elle allait me bouffer.

Je la détaillai. Non, jamais vue. Elle devait avoir le même âge que le père à peu de choses près, et pourtant elle était plus que bien conservée. Elle aurait pu être canon, si elle n'avait pas été à moitié faite en plastique. Elle avait, malgré le superficiel évident de certaines parties de son corps, un faux-air un peu trop familier qui me mit instantanément mal-à-l'aise. J'étais habitué à voir certaines femmes perdre leur contenance lorsqu'elles me rencontraient pour la première fois, mais les mots énoncés peu avant étaient en train de percuter dans mon esprit. « Pardon, mais qui êtes-vous ? Qu'est-ce qui se passe ici ? » fis-je, impatient et méfiant. Je demandais, mais je savais déjà, la preuve en était le rapprochement instinctif que je venais d'opérer envers Pepper, comme pour la protéger. Je sentais que je savais et je ne voulais pas le croire. Non. Pas ça. Pas elle.

« Restez en-dehors de ça Stark, c'est déjà assez compliqué comme ça ! » J'aurais dû m'écraser, comme toutes les fois précédentes où j'avais été confronté à cet homme, premier de tous dans le coeur de Pepper, et qui ne m'aimait pas beaucoup. J'aurais dû. Mais au lieu de ça, je soutins son regard avec une froideur nouvelle. De ce que je comprenais, il n'était aujourd'hui en rien en position de me donner des ordres. « Excusez-moi, Joe, j'ai cru mal entendre, c'est moi qui complique les choses alors que c'est vous qui, d'après ce que je comprends, avez menti à votre fille pendant des décennies ? Vous qui me tannez depuis des années parce que je suis indigne de confiance ? Non vraiment, répétez, j'ai mal compris, » réagis-je au quart de tour, agressif et sarcastique. Blesser Pepper revenait à me faire sortir de toute contenance polie. « Calmez-vous ! Rah les hommes, toute cette testostérone... Tony, je peux vous appeler Tony ? Après tout vous et moi nous sommes liés désormais, » sourit la femme. « Je n'ai pas eu l'occasion de me présenter, puisque personne ici n'a daigné le faire selon les convenances ! » Elle jeta un regard faussement réprobateur à Joe avant de m'adresser de nouveau son sourire faux et intéressé. « Je suis Charlotte, la mère de Pepper. La vraie mère, biologique, pas l'usurpatrice qui a pris ma place ! » « TU L'AS ABANDONNEE COMMENT OSES-TU... » « Ne CRIE PAS ! Bon sang, toujours aussi rustre ! » râla-t-elle en coupant le père de Pepper, qui semblait au bord de l'implosion. Visiblement, la situation lui avait échappé et les rennes pour reprendre tout contrôle étaient définitivement hors de sa portée. Mais je n'en avais que faire. J'étais choqué, mon cerveau fonctionnant à toute vitesse pour comprendre l'ampleur du mensonge, pour ressentir ce qu'allait subir celle que j'aimais.

J'étais choqué par leur comportement, si absurde. Tout ce que je voyais, c'était que Pepper était perdue, en souffrance, face à un mensonge qui venait de lui éclater au visage sans aucun signe avant-coureur. Je sentais la colère bouillir en moi, réalisant à quel point les parents pouvaient être de véritables malédictions, eux et leurs secrets égoïstes et dévastateurs. Jamais je n'aurais pensé ça de Joe. Jamais je n'aurais cru que Pepper allait subir un tel ouragan comme j'en avais vécu un il y avait peu de temps. Je savais quelle douleur cela causait, et si elle ne paraissait pas avoir encore réalisé, cela ne saurait tarder. Et ça allait lui faire mal, terriblement mal. Lié à elle depuis des années, et doublement depuis quelques mois, je m'en sentis moi-même mal et furieux d'avance, paniqué à l'idée de la voir souffrir d'une blessure aussi inamovible que celles que seule l'enfance pouvait donner. Le genre qui cicatrise sans jamais disparaître.
« C'est tout ? Vous venez tous les deux de briser votre fille et tout ce que vous trouvez à faire, c'est de vous présenter, de vous disputer ? Est-ce que vous réalisez ou vous êtes complètement à côté de la plaque ? Vous réalisez ce que vous venez de faire ? Je rêve ou vous n'en avez rien à faire des émotions des autres, de votre propre enfant ? » Je n'arrivais pas à rester calme. En cet instant, je nourrissais une haine terrible à l'égard de ces deux personnes. Une haine passagère mais qui n'en restait pas moins bien réelle et violente. Joe voulut parler mais je l'ignorai, saisissant la main de Pepper. « On s'en va, » lui dis-je. « Qu'aucun de vous deux n'envisage seulement de lui parler pour les dix prochaines années, vous avez assez fait de mal comme ça, » maugréai-je en les pointant du doigt à tour de rôle, l'oeil féroce, avant de leur tourner le dos en emmenant Pepper. « Non mais vous vous prenez pour qui ?! Vous croyez que vous êtes en mesure de m'empêcher de parler à ma propre fille ? » Je m'arrêtai aussitôt, revins sur mes pas pour me planter face à Joe, le regard noir, les dents serrées. Si ça n'avait pas été son père, je crois bien que je l'aurais frappé, à défaut de pouvoir le faire sur son ex-femme. Je le regardais lui comme j'aurais pu regarder mon propre père. Je regardais un père menteur à l'identité universelle, qui venait de blesser cruellement la femme qui comptait le plus pour moi. Cela aurait été le président des Etats-Unis que ça n'aurait rien changé à mon comportement. Trop de mensonges, trop de jeux avec nos vies alors que nous ne le méritions pas. Les enfants innocents que nous avions été à cette époque ne le méritaient pas. Ils nous broyaient sans état d'âme, aussi n'en avais-je plus moi-même à présent. « Oui, c'est exactement ce que je crois. » Cinglant, sans appel, je les fusillai une dernière fois du regard avant de faire demi-tour pour reprendre la main de Pepper et l'emmener loin de ces traîtres.



Allez, marche, marche. Je vissai le petit appareil sur le bout du tuyau qui pendait du plafond. Je l'avais conçu pour filtrer et réchauffer l'eau froide qui n'allait pas tarder à en couler. Dans cette partie du monde où nous étions, par chance, la quantité d'eau de pluie n'était pas un problème, mais elle était glaciale et non-potable. Bientôt, l'eau traversa le compartiment, et tomba tiède, puis chaude, dans le creux de ma paume. Rassuré, je me dépêchai de vérifier que la porte était bien fermée, ayant mis une pancarte "en chantier" sur la poignée, comme il y en avait souvent dans les locaux de nos bases. Nous devions tout le temps réparer, améliorer nos conditions de vie, aussi cela ne choquerait-il personne de voir la "salle de bain" encore inutilisable pour quelques heures. Personne ne nous dérangerait ici, ce qui n'était pas le cas dans le reste de ces lieux. Vérifiant constamment l'état de Pepper par des regards furtifs, je repris ses mains pour l'attirer vers moi et déposer un baiser sur son front, tellement désireux de la couvrir d'amour pour contrer la souffrance qui l'habitait. Son absence de réaction ne faisait que m'inquiéter un peu plus à chaque minute qui passait. J'étais bien placé pour savoir à quel point tout garder pour soi était plus néfaste que toute autre chose. Je l'aidais à se déshabiller avant de l'attirer avec moi sous l'eau chaude. Un lieu isolé et de l'eau coulant en continu pour nous isoler plus encore de tout bruit extérieur, noyé sous ce ruissellement, étaient tout ce que je pouvais lui offrir pour le moment.
« On sera tranquilles ici, Pep'... tu m'entends ? Personne ne viendra nous déranger... ils sont loin... ils sont tous loin... » Je la pris dans mes bras pour la serrer contre mon torse, dans une tentative de la réconforter, de la protéger de mon étreinte contre ce monde extérieur qui avait encore décidé de l'agresser sans que je ne puisse rien y faire. Je voulais tellement l'aider, tellement. Je me sentais impuissant. Je voulais qu'elle réagisse, qu'elle fasse quelque chose, n'importe quoi, mais qu'elle quitte cet état d'absence qui me terrifiait. Je voulais qu'elle se laisse aller, car ici il n'y avait qu'elle et moi, et j'étais prêt à tout pour alléger son malheur, si elle daignait me laisser l'aider. Je maudissais Joe et cette femme, et ça même si je savais bien que ma colère face à eux allait s'atténuer un minimum avec le temps. Jamais je ne pourrais l'empêcher de voir sa fille et inversement. Mais pour les heures voire les jours à venir, je comptais m'assurer qu'ils ne l'approcheraient pas, le temps qu'elle puisse au moins encaisser.

Caressant ses cheveux mouillés, j'embrassai plusieurs fois sa tempe avec toute la douceur dont j'étais capable, comme pour espérer la guérir à petites doses sans la briser plus encore. Je descendis ainsi lentement jusqu'à son cou et vins coller ma joue contre la sienne. « Je suis là... Je suis là Pep'... » lui murmurai-je en la serrant un peu plus sous l'eau ruisselante, ma main encadrant l'autre côté de son visage en parallèle de mes baisers. Je voulais qu'elle sache que quoi qu'il arrive, j'étais là. Que je le serais toujours. Le reste ne tenait qu'à elle.


I'm out of touch, I'm out of love
I'll pick you up when you're getting down
And out of all these things I've done, I think I love you better now




¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤


Mama told me when I was young,
Forget your lust for the rich man's gold
All that you need is in your soul,
You'll find a woman and you'll find love,
Be a simple kind of man, something you love and understand,
Won't you do this for me, son, if you can ?

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Virginia P. Potts
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MessageSujet: Re: My salvation   Dim 12 Juin - 23:33


My salvation



Ebahie, hébétée, étourdie …. blessée. Autant de mots pour décrire ce que je commençais à ressentir. J'avais encore du mal à saisir ce qui se passait pourtant. Mes yeux ne cessaient de glisser de l'un à l'autre des protagonistes sans s'attarder bien longtemps sur leurs visages.  J'entendais sans entendre leurs paroles emplies de poison. Je sentais sans ressentir les effluves de colère qui émanaient d'eux. Mais tout cela ne faisait pas le poids face à ma propre détresse, qui étouffante prenait toute la place. C'était comme avoir la tête sous l'eau et essayer de respirer. Seule l'eau, qui continuait de vous noyer, rentrait dans vos poumons. Assommée par ses révélations qui m'étaient tombaient dessus sans avertissement, je laissais Tony m’entraîner à sa suite. Je n'eus même pas le courage ou la force de regarder en arrière vers mon père lorsque celui ci m'appela. De toute façon je ne savais pas quoi lui dire. Je ne savais pas quoi penser. Je ne savais pas ce qui était vrai et ce qui ne l'était plus. C'était beaucoup trop d'un coup.  Au moins maintenant je me souvenais pourquoi je détestais autant les surprises. Clairement, dès qu'elles me concernaient , elles n'avaient rien de bien sympathique. Je n'étais pas une personne très chanceuse de nature. Il avait bien falloir que je me fasse à cette réalité et que je l'accepte pour ce qu'elle était.


Toujours aussi silencieuse, je continuais à me laisser entraîner. Je ne savais pas ou nous allions mais à vrai dire je n'en avais guère. Mon esprit était bien trop occupé à analyser ce qu'il venait de se passer pour se concentrer sur autre chose. Ultron pouvait bien attaquer à ce moment même que je ne le remarquerai pas. Je sortis finalement de mon mutisme pour laisser échapper un soupir lorsque je me laissais tomber sur le battant rabaissé des toilettes qui se trouvait dans la salle de bain. Avec une habitude nouvelle mais déjà bien ancrée, je posais mes mains à plat sur mon ventre. A trois mois de grossesse, je n'étais pas grosse du tout. Quiconque ne prêtait pas suffisamment attention à mon ventre ne pouvait pas deviné que celui ci abritait la vie. Je me souvenais avoir lu quelque part que le ventre commençait vraiment à se développer au bout du quatrième mois et pas avant.  C'était si proche et à la fois si loin.  A ce moment précis cependant, j'étais contente de ce fait.  Je ne l'avais pas encore dis à mon père et franchement après ce qui venait de se passer je n'étais pas bien sure de vouloir lui dire. A croire que j'allais encore garder jalousement ce petit secret pour moi. Tout de suite Joseph Potts ne méritait pas de faire parti du cercle fermé des personnes au courant.



    - On sera tranquilles ici, Pep'... tu m'entends ? Personne ne viendra nous déranger... ils sont loin... ils sont tous loin...
    me souffla Tony après m’avoir déshabillée et attiré contre lui sous le jet d'eau chaude. La pression était mauvaise et le bruit du tuyau monstrueux. Mais cela faisait son travail et en quelques minutes j'étais mouillée des pieds à la tête.



Vidée de toute énergie, je me collais au plus près de son corps tout en repliant mes bras le long de mon propre buste. Je changeais seulement de position après plusieurs minutes lorsque mes épaules commencèrent à protester.  A la place, je posais mes mains dans le dos de Tony et les remontais doucement pour les poser sur ses omoplates. De là j'enfouis mon visage dans le creux de son cou tout en prenant gare à ne pas m’étouffer avec l'eau qui continuait de ruisseler sur nous. Ses mots doux, ses baisers et paroles de réconfort eurent finalement raison de mon état silencieux et je laissais libre cour à mon chagrin, à mon incompréhension. A la peur aussi de voir les choses changer. Malgré ce qu'on pouvait penser, je détestais l'inconnu et en avait peur. Ces révélations bousculaient toute ma vie. Mon enfance était basée sur du vent.  Ça me faisait mal rien que d'y penser.  Je me demandais ce que ma mère, la femme qui m'avait élevée, pensait de tout cela. Elle non plus ne m'avait dit au final. Mais elle était décédée et je ne pouvais donc la blâmer. Dans le fond je comprenais la démarche, je comprenais leurs silences. Mais j'étais une adulte et non plus une enfant. J'avais trente cinq et non plus dix ans. Il aurait dû me le dire. Mais il avait manqué de courage. Ils avaient manqué de courage. Et tout de suite la pilule était difficile à avaler.  Le mensonge n'avait jamais protégé personne malgré ce qu'on en pensait. Tout finissait par se savoir et plus on attendait pour dire la vérité plus elle faisait mal. Plus elle détruisait. Nous étions tous humains et nous faisions tous des erreurs. Éventuellement je pardonnerai mon père. Pour le moment néanmoins, je me contentais de pleurer sur l'épaule du père de mon enfant tout en resserrant la prise de mes doigts sur la nue de son dos un sanglot à la fois.


_ _ _ _ _ _


Le jour suivant l'annonce je restais enfermée dans la petite chambre miteuse que l'on nous avait attribué et ne sortis pas de mon lit de fortune.  Couverture remontée jusqu'au nez, je ne bougeais que lorsque j'avais besoin de soulager mes flancs et mes lombaires endoloris.  Pendant de longues heures je restais à fixer la tâche de moisissure au plafond et ne trouvais le repos que lorsque les bras de Tony encerclaient mon corps. Je savais qu'il aurait aimé en faire plus, être plus présent. Mais il avait des responsabilités. Le monde ne s'arrêtait pas de tourner parce que le ciel m'était tombé sur la tête. L'avenir même de l'humanité était incertain. Mes problèmes ne pesaient rien face au danger qui nous menaçait. Ce fut pour cette raison que je me levais le second jour pour vaquer aux occupations que l'on m'avait assigné lorsque j'avais demandé à aider. En vérité, mes nausées matinales se chargèrent de réellement me sortir du lit. Une fois debout cependant je ne retournais pas me coucher. A la place je quittais la pièce et sourire placardé sur la bouche j'allais offrir mon aide au plus nécessiteux. Voir la misère tout autour de moi finit de me faire avaler ma tristesse et mon orgueil blessé.   Pendant quelques heures je réussis à me vider l'esprit et à me concentrer sur autre chose. J'apportais un peu de réconfort et cela me suffisait à aller mieux. C'était un comportement typique et je savais que je trompais pas Tony avec une telle tactique ni même Iska dont le regard me transperçait de l'autre bot du couloir. Difficile de lui cacher quoique ce soit de toute façon. Je crus un instant qu'elle allait s'approcher de moi mais la regardais soulager s'éloigner non sans m'adresser un dernier regard. Je n'avais pas eu le temps de lui parler depuis qu'elle était apparu dans le QG mais son regard froid et son côté dur avait suffit à me faire comprendre qu'il fallait que je garde mes distances.  Je ne savais pas ce qui lui était arrivé depuis qu'elle avait quitté les Etats Unis il y avait de cela plusieurs mois mais l'aura de danger et de colère qui se dégageait d'elle suffisait à me faire ravaler mes questions. Elle n'était pas d'humeur et je le respectais. Et puis, elle venait d'en faire de même avec moi.  Alors c'était la moindre des choses. J'aurais bien aimé lui annoncer la «bonne nouvelle» de ma grossesse cependant mais je supposais que cela n'avait qu'à attendre. Ce n'était pas une priorité.


    - Vraiment tu es le portrait craché de ta grand mère. S'exclama une voix dans mon dos. Instantanément, je serrais les dents et continuais ma besogne en l'ignorant. Elle aussi adorait venir en aide aux pauvres et malades. Jusqu'à ce que ça la tue évidemment. Continua t-elle en me suivant à la trace alors que je continuais à distribuer des verres d'eau.

    - N'avez vous pas autre chose à faire ? Je suis occupée. Tranchais je à présent de mauvaise humeur. Je sentais la colère bouillir en moi et j'étais tout prêt de craquer. La seule chose qui me retenait était le fait que toute cette agitation en moi n'était pas bonne pour mon bébé.  Pour sa santé, je pris donc de grandes inspirations et me forçais à repousser mon envie de lui hurler au visage.

    - Non pas vraiment et puis j'ai envie de te parler. Tu es ma fille après tout ! On a tellement de temps à rattraper. Continua t-elle avec un faux air jovial.  Faut que tu me racontes comment tu as pu attraper le plus gros parti des Etats-Unis ! Reprit elle avec un sourire que je jugeais malsain.  

    - Ma mère est morte lorsque j'étais adolescente. Vous , vous n'êtes rien. Vous m'avez si bien ignoré pendant trente cinq ans  alors le faire pour toujours ne devrait pas être très compliqué n'est ce pas ? Demandais je mauvaise.

    -Allons voyons, cette femme n'était pas .. recommença t-elle.

    - Cette femme était mon modèle et la meilleure mère du monde. Elle n'était pas parfaite et elle est partie trop tôt mais elle était et est toujours toute ma vie. Je vous interdis de ternir sa mémoire. Vous me dégouttez. Rugis je finalement incapable de me contrôler. Et laissez Tony tranquille. Rajoutais je.

    - Ou sinon quoi ? Rigola t-elle en faisant fi de mes humeurs et de mes menaces.

    - Ou sinon je vous arrache les yeux. Lui répondis je le plus naturellement du monde avec le petit sourire supérieur que j'utilisais généralement avec les journalistes ou les concurrents commerciaux qui allaient un peu trop loin.

    - Est ce que tout va bien ici ? Questionna Barnes en se posant à mes côtés.

    - Oui, elle s'en allait. Déclarais-je.



Autant dire qu'avec nos deux regards combinés, Charlotte battis rapidement en retraite non sans me lancer un dernier regard méprisant. Elle déguerpit néanmoins plus vite lorsque Bucky la fixa de son plus charmant regard de tueur. Et je pouvais en attester, c'était terrifiant.  Je le remerciais de son aide et pris congé. Tout cela m'avait donné la migraine. J'avais besoin de m'allonger et de calme. Je fus cependant intercepté par Tony avant d'atteindre la porte de notre chambre. Soulagée de le voir, je me calais contre lui non sans déposer au préalable un baiser sur ses lèvres. Comme a mon habitude, j'enfouissais ma tête dans le creux de son cou. Je l'informais, contrairement aux fois précédentes, qu'il piquait. Ma remarque boudeuse réussit à lui arracher un fin rire que j'entendis résonner dans sa gorge. Ce petit son amusé amena un sourire sur mes lèvres. Tony mit trop rapidement fin à mon goût à notre étreinte certes peu discrète et en plein milieu du couloir. Je n'eus pas le temps d'exprimer mon mécontentement qu'il m'indiqua qu'il fallait que je vienne avec lui. A l'extérieur. Pour des tests.  Du moins c'est ce que je comprenais de son baratin. Tony avait tendance à parler trop vite lorsqu'il était nerveux. Et tout de suite nerveux je pouvais vous dire qu'il l'était. Amusée malgré moi, j’acquiesçais et commençais à le suivre. Ma grossesse le mettait définitivement dans tous ses états.  Dieu savait que je n'avais pas encore tout vu de ce côté là. Et que j'allais bien en rire. A ses dépens bien sur.

¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤


Follow me into the jungle
I lost my mind, in the city of lights, in the backstreets buildings and the neon lights. When I heard the thunder, I could feel the rain. It's the same to me, just a different name.
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MessageSujet: Re: My salvation   Lun 27 Juin - 23:10




I'm gonna pick up the pieces and build a Lego house
If things go wrong we can knock it down
My three words have two meanings,
but there's one thing on my mind
It's all for you



If you're broken I will mend ya and keep you sheltered from the storm that's raging on, now



« Vision ? » « Tout est opérationnel, Mr. Stark. Je perçois toujours les fonctionnalités de votre armure, ma capacité à en protéger les accès demeure intact malgré l'éloignement géographique. » « Bien. Dans ce cas, au travail. » Je sortis de mon armure que je plaçai en mode sentinelle au centre de la pièce. Je posai à divers endroits de petits boitiers que j'activai, destinés à scanner silencieusement les alentours pour me prévenir d'éventuelles patrouilles de machines venant dans ma direction. Je me trouvais dans un vieil hôpital à moitié détruit par les flammes, déserté, et totalement sens dessus dessous. Cela faisait deux jours que je cherchais un endroit de ce genre. Malgré l'état des lieux, j'avais fini par dénicher une aile du bâtiment qui n'avait pas trop subi les ravages incendiaires et les bombardements. Ayant pris possession de la salle d'opération, je m'employai à évacuer les meubles et objets trop abimés pour être utilisés, et à remettre sur pieds ce qui pouvait l'être. J'avais pris via l'armure un kit d'outils en vue de réparer les machines dont j'aurais besoin. Bien sûr, vu la situation, je n'allais pas m'amuser à réveiller des machines trop complexes sous peine de les voir tenter de me tuer une fois le dos tourné. Même si Vision veillait au grain, je demeurais extrêmement méfiant. Je réparai la table d'opération, me servant des pièces que je trouvais dans d'autres salles autour, fouillant les décombres. Mon génie avait du bon dans ce genre de cas. Avec peu de choses j'étais capable de rivaliser d'ingéniosité pour en faire quelque chose de solide et d'efficace. Je ne serais jamais sorti de ces foutus grottes afghanes sinon.

Pendant deux jours, je bricolais et bricolais encore, seul dans le silence peu rassurant de cet hôpital abandonné. J'avais renforcé les moyens de sécurité temporaires à chacune de mes venues, tout en parvenant à réparer l'échographe, appareil le plus important pour ce que j'avais en tête. A défaut d'avoir internet, j'avais fait un détour par un centre-ville tout aussi chaotique et désert pour me rendre à la bibliothèque municipale.
Les bibliothèques étaient les lieux les moins ravagés, les moins pillés, car les livres ne représentaient pas des objets de survie aussi indispensables que de la nourriture et de l'eau potable. Assis par terre, plusieurs bouquins autour de moi, je lisais à la lampe torche les manuels de médecine concernant la grossesse. C'était toujours aussi fascinant de voir à quel point les êtres humains avaient élaboré des systèmes pour améliorer un peu plus au fil du temps les moyens sanitaires. Comme souvent face à des connaissances et des traités scientifiques, je me laissais happer dedans, tout en suivant les indications via l'échographe pour apprendre à m'en servir correctement. Le tout, sans que mon esprit n'accepte d'appréhender la réelle portée de ce que je faisais, de ce que cela signifiait. Pour Pepper. Pour moi. Pour nous. Tout était trié, rangé, quantifié dans ma tête, en vue de ne pas perdre le contrôle en terrain humain. Une grossesse, ce n'était qu'une affaire d'hormones à rééquilibrer, d'alimentation à surveiller, de chimie dans l'organisme, de biologie. J'étais prêt à gérer ce genre de choses sans problèmes. Pas le reste. Pas le plus important : le fait que j'allais être père. Pour le moment, ça n'avait aucun impact à mes yeux. Ca n'était pas réel.

Lorsque j'estimai ne pas pouvoir faire mieux avec les moyens du bord, je rentrai au QG de la Résistance. Je voulais en finir avec ça, être bel et bien sûr que Pepper allait bien, que sa grossesse se portait normalement malgré notre environnement hostile et difficile. Je devais prendre soin d'elle, comme toujours je l'avais fait, voire plus encore au vu de son état plus vulnérable. Physique comme psychologique. Le moindre moment de libre pour mon esprit était happé par ce qui lui était arrivé, cette révélation concernant sa véritable mère biologique, le silence, le mensonge de son père sur le sujet. Je me démenais tant bien que mal pour lui changer les idées avec mes bêtises. J'avais encore à l'image son sourire s'échappant malgré elle, après une de mes remarques sur sa crête punk nouvellement formée sur sa tête avec la mousse du shampoing. Seul avec elle, j'étais prêt à tout pour alléger sa peine, pour la faire sourire, voire rire. La voir triste me rendait triste, et mon impuissance quant à sa situation, plus encore. Je la couvrais de toute la tendresse qu'il m'était donné d'avoir à chaque seconde où nous étions ensemble, mais je savais que cela ne suffisait pas, qu'elle seule pouvait faire le deuil de ce mensonge pour retrouver un semblant de paix. Je voulais juste qu'elle sache que j'étais là pour elle. Vraiment là. Comme elle l'avait été pour moi de si nombreuses fois.

Mon retour à la base sembla être bienvenu à en juger son empressement à venir rejoindre mes bras et perdre son visage dans mon cou, non sans avoir au préalable volé mes lèvres pour un doux baiser. Savoureux frisson remontant le long de mon échine. « La mousse à raser est devenu un luxe ces derniers temps, » souris-je à sa remarque sur ma barbe plus piquante qu'à l'ordinaire. Il était vrai que la forme légendaire et bien taillée de mon bouc commençait à s'estomper de nouveau après ces quelques jours sans stock de mousse à raser. Ce n'était pas vraiment la denrée la plus indispensable pour survivre, aussi les escouades n'en ramenaient-elles que quand elles le pouvaient, en bonus. « Je devrais peut-être inventer un robot fabricateur de mousse. Oui, excellente idée, je vais méditer là-dessus. Peut-être même que je pourrai fabriquer du shampoing au passage, » ajoutai-je en faisant mine de réfléchir à ce projet soudain, ce qui lui arracha un autre rire agrémenté d'un hochement de tête amusé. Je rigolai, plaisantant bien sûr, et l'embrassai de nouveau furtivement avant d'agripper sa main en me détachant d'elle. « Viens, suis-moi, il faut que je te montre quelque chose, » déclarai-je sans en dire plus, afin de garder la surprise. Je ne voulais pas l'inquiéter en employant le terme "d'examens médicaux", même si c'était l'idée. D'un autre côté, j'espérais que ces derniers la rassureraient, car même si elle n'en disait rien, j'imaginais sans mal l'inquiétude qui devait la ronger. Aucun suivi médical lambda dans un monde en ruines, aucune indication sur l'évolution de sa grossesse, sur la santé du bébé, et sur la sienne. J'allais remédier à ça dans la mesure du possible, et lui offrir au passage un peu de calme loin de ces couloirs étouffants.

Après nous être équipés pour sortir dans des conditions de sécurité maximales, à savoir bien protégés dans nos armures respectives, j'ouvrais la voie en enclenchant nos modes furtifs rajoutés par mes soins pour l'occasion. Jouer sur la force physique était inutile, mieux valait parier sur la discrétion et la prudence. Invisibles, les absorbeurs de bruits ajoutèrent à notre furtivité vitale. J'avais remplacé nos systèmes de propulsions habituels, qui laissaient une traînée énergétique sous nos bottes et nos pieds, par un système de vol jouant sur la gravité terrestre. Nous y perdions en vitesse, mais nous y gagnions en silence et en absence de chaleur, ce qui permettait de ne pas se retrouver sur les radars thermiques et énergétiques des machines. Les technologies Skrulls m'avaient donné cette idée, ou plutôt, l'avaient rendu possible plus aisément, car l'idée en elle-même avait germé de longue date dans mon esprit hyperactif, et ce n'étaient pas les premières armures furtives que mes mains avaient pu créer. Elles étaient simplement plus performantes encore, et ce n'était pas du superflu vu les menaces au-dehors. C'était là le plus frustrant dans ma situation, que d'avoir autant d'idées géniales sans avoir pour chacune d'elles les moyens de les mettre en oeuvre. Aller plus vite que le progrès lui-même, il n'y avait bien que moi pour faire ça.



Une fois arrivés à l'hôpital abandonné, je nous fis pénétrer par l'une des fenêtres afin de gagner l'obscurité des couloirs. Il faisait nuit, ajoutant une couche supérieure de discrétion. Avec un peu de chance, si rien aux alentours ne nous en empêchaient, peut-être même pourrions-nous observer les étoiles sur le toit quelques minutes après les examens. J'avais l'impression de ne plus avoir regardé la voûte céleste ni la nature depuis des années, à force de finir sous terre à chaque cataclysme qui s'abattait sur cette pauvre planète. Fort de cette idée apaisante, je fis le tour de l'aile de l'hôpital avec Pepper afin de nous assurer que tout était toujours désert, avant de la conduire à notre véritable destination. « Attends ici, ferme les yeux et ne triche pas ! » lui ordonnai-je faussement sévère en l'arrêtant quelques mètres avant l'entrée de la pièce. Je me précipitai à l'intérieur et activai les appareils aimantés sur les parois, le plafond et le sol, afin qu'une fois connectés entre eux ils isolent la salle de toute détection extérieure. Puis j'allumai les quelques bougies que j'avais disposé ça et là sur les meubles environnant. Je revins chercher Pepper et lui ôtai son casque, en m'assurant qu'elle n'ouvrait pas les yeux. Puis, me plaçant derrière elle avec l'excitation d'un véritable gosse content de faire une surprise, je la déplaçai lentement jusqu'à l'intérieur.

« TADAAAAM ! » fis-je en écartant les bras face à elle, près du lit inclinable d'auscultation et de l’échographe. Je lui laissai quelques secondes pour analyser les lieux. « Un endroit tranquille et rien qu'à nous pour quelques heures. Alors, c'est qui le meilleur petit ami du monde ? Est-ce que je gère pas comme un dieu sur ce coup-là ? » me vantai-je, fier de cette attention à son égard. Une attention qui m'avait pris du temps et quelques risques, mais qui était nécessaire pour sa santé, aussi m'en fichais-je royalement. « Bon okay, il y a mieux que des examens médicaux comme rencard, mais je me disais qu'il était temps de vérifier que tout va bien... histoire d'être plus... hum... tranquilles ? » expliquai-je quelque peu maladroitement. Pour ne pas m'embourber, j'attrapai la boîte sur la table à côté de moi et la tendis vers elle histoire de changer de sujet. « Puis regarde, j'ai même réussi à trouver tes bonbons préférés ! » Enfin je crois. La dernière fois je m'étais trompé, et lui avais rapporté le seul aliment auquel elle était allergique. Je croisai les doigts pour que ceux-ci soient à son goût minimum, s'ils n'étaient pas ses préférés. Sachant que de toute façon elle ne m'en tiendrait pas rigueur dans le contexte actuel, où les denrées étaient rares, je l'incitai à ouvrir Rescue pour en sortir, et la laisser en mode sentinelle dans un coin de la pièce. Je fis de même, et poussai un souffle de contentement à présent à l'air libre et plus leste de mes mouvements.

« Après vous, Mlle Potts, » dis-je galamment en lui indiquant le siège incliné. « Enfin, sauf si tu ne veux pas que... » Je venais de me figer en réalisant que comme un abruti fini, je ne lui avais même pas demandé son avis. Or il s'agissait de son corps avant tout. Mais elle s'y installa, me faisant comprendre que tout allait bien, ce qui me soulagea. Parfois, j'étais vraiment déconnecté des évidences en matière de relations humaines. Par chance, elle connaissait ce travers depuis près de quinze ans. « Ca va, tu es bien ? Dis-moi si tu veux que je relève ou baisse le siège, » indiquai-je, prévenant et inquiet de son confort, comme toujours. Déjà que c'était assez délicat comme situation, je tenais à ce qu'elle soit aussi à l'aise que possible. « Rien de grave ni de compliqué au programme. Une prise de sang et une échographie pour s'assurer que tout est bon, » la rassurai-je en tirant le tabouret près d'elle, ainsi que la table roulante sur laquelle était disposé l'échographe ainsi que du matériel médical récupéré dans l'hôpital, désinfecté et aseptisé par mes soins. Je commençai par la prise de sang, basique et rapide, puis je plaçai l'échantillon dans un boitier conçu à la base ces derniers jours. Il allait analyser le sang en question en quelques minutes au lieu de plusieurs heures comme le ferait un hôpital lambda. Bien sûr, j'aurais pu faire tout ça à la base, ramener le matériel et l'échographe morceau par morceau pour le remonter là-bas, mais l'idée était aussi de nous isoler un peu pour ce moment. Pour nous reposer de ces souterrains bruyants et oppressants.

Je nettoyai les perles de sang après la piqûre, désinfectai son bras et appliquai une compresse quelques secondes. La finesse de l'aiguille fit que le sang s'arrêta très vite de couler. « Il faut que tu saches que ton super amant au génie inégalé a confectionné lui-même le gel que voici, parfum fraise ! » lui appris-je à moitié en plaisantant alors que j'agitais le pot contenant ledit gel servant à l'échographie. Je parlais plus pour meubler le silence qu'autre chose. Je sentais un étrange malaise ronronner au fond de moi, menaçant de s'amplifier, au fur et à mesure que l'échographie approchait. Mais je l'ignorais du mieux que je pouvais. Tout ce que j'avais à faire était de profiter de ce moment seul avec elle, de m'assurer que sa santé allait bien, et la ramener ensuite en sécurité à la base.

Je l'aidai à enlever son haut afin de ne pas le tâcher malencontreusement avec le gel. Prenant ce dernier, je m'employai à le renverser doucement sur sa peau pour mieux l'étaler progressivement avec la main. J'en profitai pour faire puérilement des ronds et des dessins tel un patineur artistique miniature, avant d'aplatir le tout plus sérieusement sous le regard de la concernée. Une fois fait, je me penchai en avant et humai l'odeur du gel. « Parfum fraise, mmmm. » Faire le pitre me valut une petite tape à l'arrière du crâne, cible facile dans ma posture, ce qui m'arracha un petit rire amusé. Je me redressai, et pris alors la caméra en retrouvant un semblant de sérieux. Je paramétrai le moniteur pour connecter le tout à l'écran en direct, avant de poser l'engin sur sa peau gélatinée. « Lumière tamisée aux chandelles, tête-à-tête romantique, Docteur Stark en scène, Grey's Anatomy saison 22, action ! » proclamai-je. Me remémorant les manuels de médecine, je déplaçai lentement la caméra sur son ventre afin de calibrer le meilleur angle de vue, et espérer voir apparaître le foetus. Ma main tremblait sans même que je ne m'en rende vraiment compte, concentré sur ma tâche, indifférent à l'affolement progressif qui animait mon subconscient. « Là... » murmurai-je en apercevant une petite forme humanoïde. Mon coeur sembla recevoir un choc sourd que je refoulai dans l'instant. « Dis donc c'est rikiki. » Je plissai des yeux tout en me concentrant pour bouger subtilement la caméra pour améliorer l'image. Mon coeur s'accéléra mais je me forçai à contenir le tout grâce à des pensées rationnelles. « Deux bras, deux jambes, une tête... pas de malformation apparente...son coeur semble battre avec régularité... son développement paraît normal pour trois mois... Il n'est pas dans une position dangereuse et le cordon est loin de son cou... » analysai-je au fur et à mesure que l'image bougeait au rythme de cette petite vie naissante. Le boitier contenant l'échantillon de sang se mit à clignoter, signalant la fin de l'analyse. De ma main libre, j'activai le micro-projecteur holographique incorporé, qui affichai au-dessus de lui le rapport médical express. Je lus les données tout en laissant mon esprit en tirer ses conclusions scientifiques. « Oxygénation du sang, bon. Analyses VIH, virales et bactériologiques, bon. Taux de globules blancs, bon... » Je donnai les conclusions synthétiques à haute voix, sans lâcher le rapport des yeux avant la fin de ma lecture. Dans ma tête bien sûr, j'avais opéré cette traduction simplifiée, sans quoi je me serais lancé dans une énumération de termes médicaux-latins sans queue ni tête, inintelligibles pour quiconque n'était pas du milieu, ou n'ayant pas appris lesdits termes et leurs significations. En soit, le cas de Pepper. Je déblatérai pendant de longues secondes, sans toujours prendre conscience de ce qui était en train de m'arriver, de nous arriver.

Soudain, je sentis une main agripper mon poignet pour le tirer vers elle. Ma main se retrouva plaquée de force à même la peau maculée de gel, contrainte d'y rester face à cette force implacable et autoritaire. Je voulus demander à Pepper ce qu'il lui prenait, amusé par cette interruption imprévue, mais au lieu de ça, je me figeai. Boum. Bouboum. Boum. Bouboum. Les petits chocs à l'intérieur de son ventre résonnèrent contre ma paume, se répandant tel un écho à travers tout mon bras sous la forme de violents frissons. Je tournai la tête vers elle pour croiser son regard sans comprendre, alors que je sentais littéralement ma peau se vriller d'une chair de poule électrique. Comme un coup de massue. Suivi d'autres coups de massue. Faibles, mais pourtant si puissants par le séisme qu'ils provoquèrent en moi. Soudain, je réalisai. Ce ventre. Cette vie qu'il renfermait. Ce bébé qui s'agitait. Mon bébé. Mon enfant. A moi.
« Je... Il... Tu... » Comme un barrage cédant sous le poids des eaux, de milliers de pensées affluèrent d'une même voix dans mon esprit alors que je devenais livide, m'agitant, cherchant du regard n'importe quoi autour de moi pour me raccrocher face à cette nausée tourbillonnante. Bébé. Joie. Ultron. Danger. Terreur. Pepper. Protection. Papa. Moi. Vie. Accouchement. Contexte. Education. Apocalypse. Bébé. Réalité. Naissance. Pepper. Celle que j'aimais. Là devant moi. Famille. Ma famille. Responsabilités. Anxiété. Merveille. Peur. Bonheur. Panique. Euphorie. Cataclysme.

Blackout.

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MessageSujet: Re: My salvation   Sam 9 Juil - 1:38


My salvation




Un sourire au coin de la bouche je regardais Tony s'agitait dans tous les sens. Il était nerveux et quelque part ça me rendait nerveuse aussi. Avec tout ce que nous vivions, je n'étais pas tranquille. Un rien suffisait à me mettre dans tous mes états. Pour rester calmer, j'enfonçais un des bonbons qu'il m'avait amené. Contrairement à ce qu'il pensait, ils n'étaient pas mes préférés. Mais je ne les détestais  pas non plus. Et puis le sure avait toujours agit en bien sur mes nerfs. Enfin sauf qu'en j'en avais trop dans l'organisme. Le sugar high comme on l'appelait, n'était bon pour personne.  La bouche fermée autour d'un autre bonbon, je suivis ses directions et m'installais le plus confortablement possible sur la table médical.  Je rassurais Tony d'un sourire lorsqu'il me demanda si j'étais bien installée. La chaise avait été clairement endommage dans les attaques et les ressorts du dossier me rentraient dans le dos. Cependant, je n'allais pas faire ma difficile.  Et puis nous n'allions pas être là assez longtemps pour que cela commence à me faire vraiment mal. Sans rien dire du fait de ma bouche pleine, je le regardais prélever mon sang et nettoyer le creux de mon coude. Mes doigts remplacèrent les siens et exercèrent une faible pression avec la compresse.  Je détestais avoir des bleus.  Surtout à cet endroit là. C'était désagréable.


    -Il faut que tu saches que ton super amant au génie inégalé a confectionné lui-même le gel que voici, parfum fraise !  S'exclama t-il tout fier de lui en me tendant le petit récipient pour que je puisse l'examiner. Amusée malgré moi, haussais un sourcil avant de le féliciter comme une maîtresse féliciterait un enfant de cinq ans. Pour concrétiser le tout, je lui offris un bonbon de récompense. Le regard peu impressionné que j'eus un retour ne manqua pas de me faire pouffer légèrement. Tony détestais que l'on se moque de lui lorsqu'il se sentait vulnérable.  Il trouvait ça vexant même si il ne l'avouerait jamais à voix haute. Cela n'avait clairement pas avec l'image qu'il s'efforçait de renvoyer au monde. A moi cependant on ne me la faisait pas. Depuis toutes ces années, je le connaissais par cœur. Et c'était d'autant plus vrai aujourd'hui. J'avais tout vu de lui. Dans tous les sens du terme.




Rapidement calmée, je  me redressais pour pouvoir enlever le tee-shirt que je portais. J'aurais pu seulement le remonter mais Tony en décida autrement et enleva complètement mon vêtement. Un frisson parcourut ma peau lorsque le gel froid rentra en contact avec cette dernière. Cette sensation de fraîcheur fut heureusement éphémère. La chaleur des paumes de mon docteur attitré se chargea de faire fuir cette sensation désagréable. Sourire aux lèvres je regardais ses doigts courir sur ma peau nue et légèrement tendue. Il n'y avait rien de plus beau pour moi que cette image en cet instant. Il n'en fallut évidemment pas plus à mon cerveau pour se mettre en ébullition et à mon agitation pour s'agiter. Bientôt l'image serait identique et différente à la fois. La vision d'un ventre plus rond se superposa à celle de mon ventre encore plat. Je n'arrivais pas à croire que j'avais enfin le droit à ce bonheur. J'avais tiré un trait sur ce rêve il y avait tellement d'années, que j'avais encore l'impression que tout cela allait partir en fumée. Après tout, il y avait bien des femmes qui développaient tous les symptômes d'une grossesse sans jamais l'être. Elles le voulaient seulement tellement qu'elles arrivaient à s'en convaincre. Le physique suivait le mental.  Bien entendu, cette grossesse ne tombait pas à pique. Elle arrivait au mauvais moment, comme un rêve maudit.  Comme pour me rappeler que tôt ou tard ce bonheur retournerait à l'état de cendres.  Cela ne cessait de me travailler. Sans arrêt. J'en faisais des cauchemars. Et j'en pleurais aussi dans l'intimité , lorsque j'étais seule. Je refusais qu'il me voit comme ça, incapable de vraiment apprécier toute la beauté de ce cadeau. Il n'avait pas réalisé ce que tout cela impliqué, alors il était hors de question que je gâche quoi que ce soit. Nous aurions bien le temps de nous inquiéter plus tard. Si plus tard il y avait. Après tout rien n'était plus incertain que notre existence.


    - Là... Dis donc c'est rikiki. Lâcha t-il avec surprise et étonnement. Le ton de sa voix me ramena directement au présent et éloigna mes pensées sombres. Avec tout ça, j'avais loupé la mise en place de la machine et les premières images.



Mes yeux verts se fixèrent immédiatement sur la petite forme sur l'écran.  C'était la première fois que je le voyais. Ou la voyais. Je n'étais pas difficile. Un garçon comme une fille m'irait bien.  Du moment que cet enfant était en bonne santé, rien d'autre m'importait. Blond, roux, brun qu'importe, je l'aimais déjà. Sans que je ne puisse rien y faire, mes yeux se remplirent d'eau de joie. Bien qu'encore minuscule, il était magnifique.  Mon bébé.  L'excitation s'empara de moi alors que je continuais de détailler l'image. J'avais hâte de le voir grandir au fil des mois et de suivre sa progression. J'étais moins enthousiaste à propose de l'accouchement. Je supposais qu'il en était pour tout le monde pareil. Ce n'était pas la partie la plus sympathique et glamour de tout ce procédé. Je quittais l'écran du regard lorsque le père de mon enfant se mit à analyser comme un scientifique la morphologie de son bébé puis les résultats de mon analyse sanguine. J'avais presque envie d'en rire. Même placé face à ça, il arrivait encore à ne pas en saisir l'ampleur et à s'en détacher.  Il avait clairement les meilleures œillères de la planète. Il était temps que quelqu'un lui ouvre les yeux. Il fallait bien qu'il accepte cette réalité qui était la notre à présent. Et cela même si cela le terrifiait. J'étais euphorique mais je comprenais très bien sa réticence, sa peur et ses réserves.  Je connaissais que trop bien ses raisons. J'étais déjà étonnée qu'il ait « aussi bien » réagit. Tony Stark et les enfants, ce n'était pas une très grande histoire d'amour. Et le souvenir de son père jouait beaucoup là dedans.  Sans crier gare et sans lui laissais le choix, j'attrapais sa main. Je laissais courir un instant mon pouce sur les jointures de ses doigts avant de la plaquer contre ma peau.  Tout en maintenant ses doigts contre mon peau pour le forcer à sentir ce qui se passait à l'intérieur de mon ventre, je cherchais son regard. D'abord rempli d'un certain amusement, ce dernier se voilà de confusion puis d'autre chose. Quelque chose de plus complexe. Là, il avait compris. Enfin j'aurais aimé souffler mais me retins. Ce n'était pas le moment de se moquer même gentiment. Il y avait un temps pour tout.


    - Tony ! M'écriais je lorsque je le vis tomber à la renverse. Les yeux écarquillés, je le détaillais. Je n'avais pas prévu ça. Je ne m'y étais même pas attendu. J'étais prête au baragouinage incessant et à la crise de panique mais pas à l'évanouissement. Tony ? Appelais je à nouveau en me redressant en position assise. Tony debout ! Continuais je en passant mes jambes par dessus la table pour lui donner un petit coup avec le bout de mon pied.



Devant son manque total de réaction, je finis par descendre de mon perchoir pour m'accroupir à ses côtés.  Un certain malaise se logea entre mes côtes lorsque je me penchais au dessus de sa figure évanouie.  Ce dernier se transforma en panique lorsque mon cœur affolé se mit à battre à tout rompre dans ma poitrine. Et si son cœur venait de lâcher ? Comment je faisais moi pour le réanimer. Et si il s'était blessé à la tête en tombant ? Et si il allait vraiment mal ? Je ne pouvais pas vivre sans lui. Je l'aimais tellement que cela me paraissait inconcevable. Et puis je refusais que mon enfant ne connaisse pas son père. Les mains tremblantes, je ris son pouls et lâchais un gros soupir de soulagement lorsque ce dernier pulsa fortement sous la pulpe de mes doigts. C'était déjà un scénario catastrophe en moins. Après ça, je tournais sa tête avec délicatesse pour m'assurer que son crâne non plus n'avait rien. Là encore j'en fus soulagée. A présent presque agacée par la frayeur qu'il m'avait faite, je commençais à le secouer avant de lui tapoter légèrement les joues de chaque côté pour le ramener.  Je m’acharnais pendant deux grosses minutes qui me semblèrent une éternité avant qu'il ne se mette enfin à papillonner des yeux. Le voile sur ses prunelles se dissipa lentement mais sûrement.


    - T'es vraiment qu'un idiot ! J'ai cru que t'étais mort ! Sifflais je avec une certaine agressivité. Ce n'était pas mérité mais il m'avait fait peur. Je te déteste. Marmonnais je sans haine et sans le penser avant d'enfouir mon visage dans son cou lorsqu'il se mit assis. Je délaissais vite ma cachette pour pouvoir le regarder dans les yeux et passais une main sur son visage. Est ce que ça va ? Lui demandais je en faisant bien entendu référence à sa chute mais aussi à sa prise …. soudaine de conscience.

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Follow me into the jungle
I lost my mind, in the city of lights, in the backstreets buildings and the neon lights. When I heard the thunder, I could feel the rain. It's the same to me, just a different name.
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MessageSujet: Re: My salvation   Ven 15 Juil - 15:54




I'm gonna pick up the pieces and build a Lego house
If things go wrong we can knock it down
My three words have two meanings,
but there's one thing on my mind
It's all for you



If you're broken I will mend ya and keep you sheltered from the storm that's raging on, now




« T'es vraiment qu'un idiot ! J'ai cru que t'étais mort ! » Hein, quoi, qui, comment ? Je clignai des yeux en émergeant d'un sommeil qui me parut avoir duré une éternité. Une éternité de quelques dizaines de secondes tout au plus pourtant. Reprenant doucement mes esprits au son de sa voix, je me redressai pour m'asseoir. Je fus alors accueilli par une déclaration de haine, manifestée par une étreinte et la douceur de sa peau contre celle de mon cou. J'aurais aimé réagir mais, le regard perdu dans le vide, j'étais encore sonné, sous le choc non pas tant de ma chute mais bien de ce que mon esprit et mon coeur venaient de réaliser. Alors qu'elle s'écartait pour me faire face, je sentis sa main sur ma joue, tourner mon visage vers le sien pour la regarder.
« Est ce que ça va ? » Il me fallut plusieurs secondes pour comprendre qu'elle me parlait à moi, et comprendre de surcroit ce qu'elle me disait, tant j'étais perdu dans les brumes d'une étrange réalité à la regarder. Elle était si belle. Et j'étais un tel idiot. « Je... sais... pas... trop, » murmurai-je en la fixant, lointain. Un bébé. Elle attendait un bébé, et il était de moi. Enfin, en théorie. Je ne préférais même pas tenter d'imaginer qu'elle ait pu tomber aussi bas que je ne l'avais été en la trompant. Elle était tellement au-dessus de ça.
C'était même l'une des innombrables raisons qui faisaient que je ne la méritais pas. Pourtant, elle était là, face à moi, après toutes ces années de joies comme de malheurs. Cette seule pensée ne m'aida pas à sortir de mon étrange torpeur assommante, comme si je baignais dans une sorte de rêve anesthésiant. « Mais... » Je réalisai soudain autre chose. « T'étais pas supposée être... stérile ? Comment... Comment ça a pu arriver ? Même avec Extremis il y avait une chance sur... » Je la fixai, puis mes lèvres s'étirèrent en un soudain sourire en coin quelque peu prétentieux.

« Je savais que j'étais un super étalon avec la gent féminine mais là mon anatomie légendaire dépasse toutes mes espérances. Tony Stark, le seul homme au monde capable de déstériliser les femmes stériles ! » Je lâchai un rire amusé alors qu'évidemment, elle réagit en s'insurgeant contre mes paroles machistes et arrogantes. « Aïe ! Aïe ! » rigolai-je en me protégeant des mini-coups qu'elle fit pleuvoir sur moi alors que nous partions dans un faux combat, toujours assis sur le sol sans même nous en formaliser. Si j'avais dû compter toutes nos chamailleries, l'éternité n'aurait pas suffit. J'étais tout bonnement incapable de rester sérieux avec elle, peu importait les situations. Elle me donnait toujours envie de faire le pitre, de rire, d'être heureux autant qu'idiot. Et heureux, je l'étais plus que jamais, même si ma torpeur avait maintenu le mystère quelques minutes de plus jusqu'à présent, même pour moi, face à cette nouvelle, cette révélation. Rien que de la voir rire me transportait loin de tout chaos, de toute peine, de tout chagrin. Sa grâce et son élégance même dans les pires moments suffisaient à alléger le poids de mon existence. Aujourd'hui, elle m'offrait plus encore que je ne méritais. Elle m'offrait une raison supplémentaire de vivre, elle m'offrait une famille. « Arrête Potts c'est un ordre ! » ris-je en tentant de riposter pour attraper ses bras et les bloquer tout en lui faisant face. « Je t'aime. »
Elle se figea et je fis de même. C'était sorti tout seul, et paradoxalement, je l'avais presque prémédité. J'avais senti ce flot d'émotion, de bonheur, d'amour remonter en moi sans pouvoir le contrôler, attisé par toutes ces pensées sur cet enfant qu'elle attendait, sur ce que cela signifiait pour nous deux. Sur cette énième chamaillerie qui comme chacune des précédentes me faisait rire aux éclats et apprécier ces instants de vie plus que n'importe quels autres. La conclusion pourtant évidente depuis tant d'années, n'avait fait alors que franchir mes lèvres une bonne fois pour toutes. Si sur le coup j'en fus le premier choqué, cela s'imposa vite comme une logique évidence que je ne pouvais plus fuir.
Rougissant à vue d'oeil à n'en pas douter, je tournai la tête à gauche, puis à droite, comme pour regarder derrière moi, et m'agitai quelque peu nerveux. « Tu as entendu quelque chose ? J'ai rien entendu moi, » plaisantai-je avant de lui voler un court baiser préventif pour l'empêcher de parler, de se moquer ou quoi que ce soit qui aggraverait mon malaise suite à une telle déclaration. Alors même que tout ce dont j'avais envie, c'était de le lui redire, encore et encore, tant j'étais fou d'elle.

Après quelques instants, je déposai un baiser sur son front pour mieux me relever enfin. Je l'aidai à faire de même en la prenant dans mes bras pour la réinstaller sur le siège allongé. « Je veux le revoir, » dis-je simplement avec un regard entendu, quelque peu timide. Oui, je voulais revoir mon enfant sur cet écran. Le revoir et le voir pour la première fois à présent que j'étais pleinement conscient de la situation. Réitérant l'opération, je pus alors m'attarder sur le petit être qui apparaissait sur le moniteur. Instinctivement, ma main libre trouva celle de Pepper. Mes lèvres allèrent trouver sa tempe pour un affectueux baiser, pris dans un tourbillon d'émotions indescriptibles.
« On est... vraiment en train de vivre ça, toi et moi ? » lui demandai-je dans un souffle, plus par contrecoup que réelle interrogation. L'ampleur de la situation ne cessait de se détailler au fil des minutes et de me désorienter un peu plus à chaque fois. Après tout ce que nous avions vécu, tout ce que nous avions traversé, depuis notre toute première rencontre pour le moins fracassante, nous en étions arrivé malgré tout à cet imprévisible événement qui allait nous lier pour le restant de nos jours. Si nous n'avions pas été dans un contexte aussi morbide, où chaque once de bonheur était comme un oasis en plein désert, il était probable que je n'aurais pas réagi aussi "bien". Certes, j'avais nié jusqu'à présent, mais pas refusé pour autant. J'avais juste été inconscient, lâche psychologiquement, une belle autruche la tête plongée sous le sable. Mais pas méchant. Si néanmoins nous avions été dans un cadre plus normal, j'aurais probablement été moins enclin à accueillir la nouvelle, qui rompait définitivement le lien avec tous mes repères, toute mon ancienne vie. Aujourd'hui, cette nouvelle était tout bonnement une raison de s'accrocher et de se battre.

Brusquement, je me redressai en fixai le vide, mes pensées travaillant à toute berzingue de nouveau face à toutes les implications à résoudre. « Comment on va l'appeler ? Il lui faut un nom ! Un nom masculin et un nom féminin ! On pourrait l'appeler Anthony Jr, ou Virginia Jr, ça sonne bien... non ? Non... Non okay alors.. Oh ! Il va falloir faire des travaux ! Et trouver une crèche et une école, une école adaptée bien sûr, parce que ça sera probablement un génie, ou une génie, et sûrement qu'il faudra aussi... » M'étant mis à faire les cent pas, je plongeai dans mes méditations tout en déblatérant les conclusions auxquelles elles menaient. Je marchai vite et mes gestes trahirent sans mal ma nervosité revenue au grand galop. « ...est-ce qu'il vaut mieux élever un enfant à New York ou à Los Angeles ? Côte est ou côte ouest ? On a le choix mais il ne faut pas se tromper ! Il faut aussi qu'on trouve un parrain et une marraine ! D'ailleurs ça mange quoi un bébé ? A part du lait ? Est-ce qu'il faut qu... » Je me stoppai dans ma frénésie paternelle nouvelle, après que mon regard eut accroché le petit appareil posé par terre qui, relié aux autres, déployaient le fameux champs protecteur autour de nous.

De nouveau frappé par la réalité, cette fois ce fut avec bien moins d'enthousiasme. Je regardai autour de moi en silence pendant quelques secondes. Le silence, le désordre, la poussière, la fin d'un monde. Comment ce bébé allait-il survivre ? Comment allais-je parvenir à les protéger tous les deux et à leur offrir une vie décente et sereine ? Comment alors que j'avais déjà failli perdre Pepper plus d'une fois dans un monde normal. L'angoisse étouffa ma gorge, compressa mon torse. Non. Ce n'était pas le moment de faire une crise de panique. Je devais être à la hauteur. Quoi qu'il m'en coûte. Je me retournai et revins auprès d'elle, tirant le tabouret près du siège où elle était. Je m'y assis pour lui faire face, cherchant mes mots dans ses yeux émeraudes. Ce que j'allais dire n'allait pas lui plaire, pourtant, il fallait que ce soit officiellement évoqué.

« Pep'... S'il devait arriver quelque chose... Attends, laisse-moi finir... » commençai-je, posant ma main sur la sienne pour lui intimer de m'écouter avant de s'insurger. « C'est lui qui compte désormais... Si l'un de nous se retrouve face à un choix... c'est lui... d'accord ? C'est lui qu'il faut sauver... Promets-moi... » Promets-moi de ne pas chercher à me sauver si cela devait risquer la vie de cet enfant. Pour le moment, j'étais avantagé, car je n'avais à protéger qu'une personne pour en sauver deux à la fois. En revanche, par la suite, si le choix entre sa vie et celle de notre enfant devait s'imposer, je n'étais moi-même pas sûr de parvenir à trancher, même si c'était précisément ce que je lui demandais par cette promesse. Nous allions devoir assumer jusqu'au bout ce miracle qu'elle portait en elle. Par les temps actuels, cela impliquait bien plus de dangers et de risques de se perdre en chemin. Je refusais juste d'être le survivant de ma famille à peine naissante. Si je les perdais tous les deux, que me resterait-il ? Rien qui ne me pousserait à vivre. C'était clair dans mon esprit. Ils devaient survivre tous les deux, et me survivre si la situation l'exigeait. Mais cette promesse était une promesse de l'extrême. Je ne comptais pas laisser Ultron nous amener à devoir l'appliquer. « Je vous protègerai. Quoi qu'il arrive, je vous protègerai, je te le promets, » ajoutai-je dans un dernier murmure tout en posant mon front contre le sien.


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